Côte d'Or : comment la Croix Rouge a dû se réinventer avec la crise sanitaire

Prise en charge des transports de patients, participation à la campagne de tests, aide sociale aux étudiants, la Croix-Rouge de Côte-d'Or participe au plan de lutte contre le Covid-19 depuis mars 2020. L'association a vu son nombre d'interventions et de volontaires augmenter en un an.

4 unités locales de la Croix-Rouge sont présentes en Côte-d'Or.
4 unités locales de la Croix-Rouge sont présentes en Côte-d'Or. © Croix Rouge Dijon

Ce 8 mai a lieu la journée mondiale de la Croix-Rouge. L’association française d’aide humanitaire créée en 1864 compte aujourd’hui près de 1 037 unités locales sur le territoire dont 4 en Côte-d’Or à Beaune, Dijon, Montbard et Châtillon-sur-Seine. Pour ces dernières, il a fallu s'adapter dès le premier confinement pour participer au plan de lutte contre le Covid-19.

Sur l'ensemble de l'année dernière, ce sont près de 9 300 heures d'interventions qui ont été menées par les bénévoles de la Croix-Rouge en Côte-d'Or, avec notamment l'activation de la cellule de crise départementale face à la pandémie de coronavirus à partir du 15 mars 2020. Entre le 11 mars et le 1er octobre 2020, 50 bénévoles par jour ont donc conduit des actions spécifiques sur le terrain. "On a eu une grosse activité. Dans le contexte sanitaire, on a pu se moderniser et s'adapter. On a constaté une évolution dans nos actions qui nous a permis de répondre aux exigences des autorités", explique Christophe Talmet, directeur de l'unité locale de Dijon Métropole.

Première urgence sur le plan logistique, les agents de l'association en Côte-d'Or ont contribué au transport de 50 personnes atteintes par la pathologie ou de sans-abris vers des centres de confinement chaque jour, notamment grâce à l'aménagement spécifique d'un minibus. La Croix-Rouge a également participé à la mise en place de structures de dépistage du coronavirus dans le département. 32 centres ont été lancés entre le 7 juin et le 1er octobre 2020 dans le secteur côte-d'Orien. "On a développé un matériel qui nous permet de monter une unité pour 400 personnes en 45 minutes avec 10 volontaires", précise Christophe Talmet.

Un soutien moral en temps de crise

Mais avec le prolongement de la crise sanitaire, c'est aussi sur le plan social qu'il a fallu intervenir. Les délégations territoriales de l'association ont notamment agi dans la lutte contre l'isolement. Pour rappel, les actions de la Croix-Rouge auprès de la population se répartissent en 3 aspects  : répondre à l’urgence sociale, réaliser des missions de secourisme et former le public. En temps de Covid, les unités locales ont continué à intervenir auprès des publics les plus fragiles pour respecter la première de ses prérogatives. "On agit auprès des plus vulnérables sur ces différents aspects", affirme le président de l’unité locale de Dijon Métropole.

L’association a notamment lancé la plateforme téléphonique "Allo ça va ?" qui permet aux personnes isolées de trouver quelqu’un à qui parler et qui assure aussi un suivi pour le transport de personnes atteintes par le coronavirus et pour la distribution de repas. Ce sont 2 bénévoles qui répondent chaque jour aux appels passés.

En parallèle, l’association continue de mener des maraudes tous les soirs pour distribuer des repas aux personnes précaires mais aussi lutter contre la misère sociale des citoyens isolés dans le département. "Il y a une dimension sociale autour de la maraude qui va au-delà de la distribution alimentaire. On apporte une forme de soutien psychologique", affirme Christophe Talmet. Chaque soir, 55 personnes reçoivent des repas apportés par les bénévoles de l’unité locale de Dijon Métropole.

Un impact auprès des plus jeunes

La crise sanitaire et sociale a également poussé l'association à se tourner vers de nouveaux publics. Parmi les catégories particulièrement touchées par la coronavirus, les étudiants. Dans sa volonté de remplir une mission sociale, la Croix-Rouge de Côte-d'Or a également multiplié les initiatives pour aider les jeunes en situation précaire. Plusieurs enseignes d’aide ont été inaugurées en 2020 pour soutenir ces publics fragilisés par la crise.

4 "Vesti-boutiques" ont été ouvertes à Montbard, Châtillon-sur-Seine, Beaune et Dijon pour permettre à ceux qui le souhaitent d’acheter des vêtements à prix réduits. Une épicerie solidaire a également été lancée près du campus universitaire de Dijon et reçoit les étudiants le mardi, mercredi et jeudi.

15% de bénévoles  en plus

Au total, la Croix-Rouge dispose de 518 bénévoles et 4 salariés dans le département de la Côte-d'Or. Pour comparaison, à la fin de l'année 2019, elle comptait 450 volontaires et 2 salariés. "Les gens se sont rapprochés de nous pour nous aider. Le nombre de bénévoles a augmenté. Ça nous a permis de modéliser et d’adapter notre action en marge du Covid. On a diversifié nos actions tout en conservant notre ADN", confirme Christophe Talmet. 

2020 a été une année productive. On a eu beaucoup d’étudiants qui sont venus au moment où leurs cours en présentiel ont été suspendus.

Cristophe Talmet, président de l'unité locale de Dijon Métropole

Et si les publics les plus jeunes font partie des bénéficiaires de l'action de la Croix-Rouge, ils sont aussi les principaux vecteurs de son action en Côte-d'Or. Parmi les nouvelles recrues de l'association, beaucoup d'étudiants qui ont décidé de donner un coup de main. Ainsi, sur les 338 bénévoles de la section Dijon Métropole, plus de 127 ont moins de 30 ans."L’unité jeune est bouillonnante. Il y a plein d’innovations et d’idées, le pôle jeunesse est omniprésent", salue Christophe Talmet.

L'enjeu pour la Croix-Rouge de Côte-d'Or est désormais de conserver ces nouveaux volontaires. Car en moyenne, 30% des bénévoles ne viennent plus une fois leurs premières interventions réalisées.

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