Côte-d'Or : des négociateurs de la gendarmerie forment les maires à la gestion des conflits

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Écrit par M. F. avec Tiphaine Pfeiffer

De l'invective verbale à l'agression physique, les maires sont de plus en plus souvent la cible des incivilités de leurs administrés. Pour éviter les dérapages, des négociateurs de la gendarmerie nationale proposent des formations à la gestion des conflits.

Un négociateur de la gendarmerie devant un parterre de maires de Côte-d'Or. L'image est rare et la formation qu'il dispense, top secrète. Vendredi 1er octobre, à Saint-Jean-de-Losne, deux gendarmes formés par le GIGN sont venus apprendre aux élus comment réagir lors de situations de conflit avec leurs administrés.

"Ce n'est pas du tout une formation de self-défense. C'est une formation basée sur des éléments de négociation que nous connaissons, avec beaucoup de communication, qu'on adapte aux élus", détaille Thomas, le négociateur de la gendarmerie nationale.

Problème d'internet, dépôt d'ordures sauvage, permis de construire refusé… En trois heures, les maires abordent des cas pratiques à la recherche du ton et de la posture adaptés. 

"Fréquemment les gens s'emportent, on ne peut plus discuter. Notre rôle est de calmer un peu le jeu, de savoir le pourquoi de cette colère. Donc ces techniques sont quand même très utiles pour arriver à rester en lien avec les gens qui sont dans l'agressivité", indique Rémy Morin, le maire de Baubigny.

"Je me suis rendu compte aussi que je faisais des erreurs, confie la maire de Saint-Jean-de-Losne, Marie-Line Duparc. Quand on est dans le vif du sujet, on a des fois des attitudes qui ne sont pas forcément les bonnes."

"Les maires doivent se savoir protégés"

Les agressions des maires de Bagnot, Ouges et Tréclun sont dans toutes les têtes. En février, la justice a condamné l'agresseur de la maire de Bagnot à trois mois de prison avec sursis, cinq ans de mise à l'épreuve et 1 000 euros d'amende. Un signal fort.

"Les maires doivent se savoir protégés, souligne Ludovic Rochette, le président de l'association des maires de Côte-d'Or. Et c'est aussi le travail que l'on a avec la justice, avec le procureur de la République, qui permet en fin de compte que les maires qui sont victimes d'agressions ne se sentent pas seuls."

Un maire sur dix en Côte-d'Or a déjà suivi la formation et les futures sessions sont prises d'assaut. Signe que les maires ne désarment pas.