Accompagnement des sorties scolaires : les sénateurs se prononcent pour la “neutralité religieuse”

© Bruno Levesque - maxPPP
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Les sénateurs ont adopté ce mercredi 23 octobre en commission la proposition de loi LR visant à interdire les signes religieux ostentatoires chez les parents accompagnant des sorties scolaires. La proposition de loi sera examinée mardi prochain dans l'hémicycle.

Par S.C avec AFP

La proposition de loi n'est pas d'aujourd'hui. Elle a été déposée le 9 juillet dernier par la sénatrice du Val-d'Oise Jacqueline Eustache-Brinio.

Le texte veut "assurer la neutralité religieuse des personnes qui participent au service public de l'éducation". Il prend un relief particulier après l'affaire du voile qui a éclatée au Conseil Régional de Bourgogne Franche-Comté il y a une dizaine de jours. 
Julien Odoul, membre du bureau national du RN et président du groupe RN à l'assemblée régionale, avait demandé qu'une mère d'élève musulmane qui accompagnait une sortie retire son voile. Les élus du RN avaient ensuite quitté la salle, avant de dénoncer une "provocation islamiste".

En commission au Sénat, le texte a donné lieu à un débat passionné a indiqué son rapporteur Max Brisson (LR). Il a été approuvé par la commission de la Culture et de l'Education par une vingtaine de voix pour, une quinzaine de voix contre et 7 ou 8 abstentions, a-t-il précisé.

"Deux notions de la laïcité se sont affrontées, une laïcité intransigeante quelles que soient les religions, et une laïcité plus accommodante, plus anglo-saxonne, qui tient davantage compte du contexte social que des principes", a expliqué Max Brisson.
La commission a considéré que l'exigence de neutralité qui prévaut à l'intérieur de l'école doit s'appliquer "pour l'école hors les murs".

Les sorties scolaires se font "dans le temps scolaire" et les accompagnateurs sont "des adultes qui participent à une activité pédagogique", a détaillé le rapporteur. Pour le rapporteur, "il y a besoin d'une loi" pour faire cesser "l'inconfort juridique" dans lequel sont placés les directeurs d'établissements scolaires.

A gauche, le chef de file des sénateurs PS, Patrick Kanner, a dénoncé "un texte provocation". "Ne créons pas des problèmes quand ils n'existent pas", a-t-il déclaré lors du point de presse hebdomadaire du groupe.
    
Le débat dans l'hémicycle aura mardi un air de déjà vu. Lors de l'examen en première lecture du projet de loi "pour une école de la confiance", le Sénat à majorité de droite avait adopté le 15 mai un amendement de Max Brisson visant à interdire les signes religieux ostentatoires lors des sorties scolaires. Contre l'avis du ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, l'amendement avait été voté par 186 voix contre 100 et 159 abstentions. 

La mesure n'avait pas été retenue dans le texte définitivement adopté par le Parlement, issu d'un accord entre députés et sénateurs. Depuis que la polémique a été ravivée, le président de la République et le Premier ministre ont exprimé leur attachement à ne pas modifier la loi.

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