Agressions de contrôleurs à Dijon : 18 mois de prison ferme pour l'un des coupables, 6 mois avec sursis pour l'autre

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Écrit par Auberi Verne

Les deux hommes suspectés d'avoir agressé deux contrôleurs Divia fin avril comparaissaient ce vendredi 27 mai devant le tribunal de Dijon (Côte-d'Or). Ils ont finalement tous deux été jugés coupables.

Le procès des deux hommes suspectés d'avoir agressé des contrôleurs Divia fin avril s'est tenu au tribunal de Dijon (Côte-d'Or), ce vendredi 27 mai. Finalement, la justice a tranché : Mateo R. et Yannick P. sont jugés coupables des faits qui leur sont reprochés. 

Le premier écope de 12 mois de prison ferme, auxquels s'ajoutent six mois à cause de la révocation de deux autres sursis. Le parquet avait requis 14 mois d'emprisonnement à son encontre.

L'autre prévenu est condamné à six mois de prison avec sursis probatoire. (10 mois, dont six avec sursis, étaient requis.) Pendant les deux prochaines années, il sera également sous le coup d'une interdiction d'utiliser le réseau Divia.

Des prévenus connus des services de police

Déjà visé par une peine de sursis probatoire pour une autre affaire, Mateo R. se trouvait en détention provisoire depuis son arrestation début mai. Il s'agit là de sa cinquième incarcération. 16 mentions étaient déjà inscrites à son casier judiciaire, pour délits routiers, stupéfiants, vols et violences.

Son complice s'est lui présenté en homme libre au tribunal. Yannick P., qui possède une mention datée de 2016 à son casier judiciaire, devait toutefois se présenter une fois par semaine au commissariat avant l'audience. Il lui était également interdit d'emprunter le réseau Divia à Dijon.

Les salariés Divia solidaires de leurs collègues

Peu avant le début de l'audience, près de cent salariés Divia se sont rassemblés devant le tribunal de Dijon, en soutien à leurs collègues.

Pour rappel, les syndicats FO, CGT et UNSA ont déposé un préavis de grève pour vendredi et samedi, notamment pour soutenir les agents agressés et protester contre la recrudescence des violences dans les transports.

Lors de la première audience fin avril, qui a finalement été renvoyée, une vingtaine de salariés ainsi que le directeur de Keolis s'étaient déjà réunis devant la cité judiciaire de Dijon pour les mêmes raisons.

Une affaire qui avait fait grand bruit

Les faits pour lesquels les deux prévenus comparaissaient se sont produits samedi 30 avril, vers sept heures du matin, à l'arrêt "Godrans" de la ligne de tramway T2. Alors qu'ils contrôlaient les titres de transport et le port du masque, les agents de Divia ont été pris à parti par quatre individus. Victimes de nombreuses blessures au visage, ainsi qu'à l'oreille pour l'homme, ils ont rapidement été évacués au CHU de Dijon.

La direction de Divia évoquait alors une agression "assez violente", tandis que Thomas Fontaine, directeur de Keolis Mobilités qu'il n'allait pas "lâcher l'affaire". De son côté, le maire de Dijon, François Rebsamen, a condamné "avec la plus grande fermeté l'agression lâche [...] dont ont été victimes deux contrôleurs de Divia alors qu'ils ne faisaient que leur travail."

Trois semaines après l'incident, le 20 mai, Keolis Dijon Mobilités, la Ville de Dijon ainsi que la préfecture signaient un accord visant à renforcer la présence de policiers dans les transports en commun Divia. Un accord qui a rapidement porté ses fruits puisque des agents de la police nationale ont été détachés sur le réseau dès la semaine suivante.