Cancer du sein : une chercheuse de l’INSERM de Dijon récompensée pour ses travaux sur la détection précoce

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Écrit par Claire Lebret
Carmen Garrido, récompensée par le grand prix de la recherche ruban rose pour ses études sur la détection précoce du cancer du sein.
Carmen Garrido, récompensée par le grand prix de la recherche ruban rose pour ses études sur la détection précoce du cancer du sein. © C Garrido

Carmen Garrido, directrice de recherche à l’INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale) a reçu le grand prix ruban rose pour ses recherches sur le dépistage rapide du cancer du sein grâce à une simple prise de sang.

La docteure Carmen Garrido, vient de recevoir le grand prix de la recherche ruban rose pour ses études qui, à terme, devraient permettre de détecter de façon précoce les cancers du sein. Une simple prise de sang sera possible pour poser un diagnostic.

En 2017, Carmen Garrido décrochait déjà le premier prix ruban rose “avenir”. “Cela voulait dire qu’ils pensaient qu’il y avait un futur pour ce projet et dans les quatre années qui ont suivi, j’ai pu démontrer que ça marchait”, explique Carmen Garrido, directrice de recherche de l’INSERM.

"Juste avec une prise de sang"

Ce nouveau titre décerné par Ruban rose est doté d'une somme de 200.000 euros. Il récompense cette étude sur le cancer du sein qui a débuté il y a plusieurs années. “L’objectif de mon travail est d’avoir un dépistage précoce du cancer du sein juste avec une simple prise de sang”, ajoute Carmen Garrido.

Des études cliniques ont été réalisées sur des malades du cancer du sein au centre hospitalier Georges-François Leclerc (CGFL) et du CHU de Besançon.

Un dépistage précoce qui limiterait l’usage d’une technique d’imagerie comme le scanner ou la mammographie. “C’est une alternative à ces techniques, qui fonctionnent bien, mais ne sont pas sans risque pour les patients qui sont soumis à des radiations. Le risque est faible mais il est réel”.

Des techniques coûteuses et contraignantes à laquelle la prise de sang pourrait se substituer. “Je propose quelque chose qui à long terme pourrait être fait par les médecins généralistes” ajoute Carmen Garrido.

Une équipe de 50 chercheurs

Espagnole née à Séville, Carmen Garrido effectue ses études à Madrid puis une grande partie aux Etats-Unis. Elle est arrivée en France il y a plus de vingt-cinq ans pour raison personnelle. Elle arrive à l’INSERM de Dijon en 1995 pour y faire de la recherche, elle y fera toute sa carrière jusqu’à y devenir directrice de recherche en 2002. “Je suis aujourd’hui directrice de classe exceptionnelle à l’INSERM.”

Carmen Garrido a une équipe multidisciplinaire de cinquante personnes, médecins, biologistes, pharmaciens, physiciens, chimistes. “Nous pouvons faire de la recherche sous différents prismes, ce qui fait que chacun s’enrichit des connaissances des autres”, ajoute la directrice de recherche.

La thématique de l’équipe, ce sont les protéines dites “de choc thermique” appelées aussi protéines du stress qui s’accumulent dans les cellules lors de situations de stress. Des protéines qui se retrouvent en nombre dans les cellules des malades du cancer. “Dès mon arrivée il y a 25 ans j’ai découvert que les cellules cancéreuses avaient beaucoup de cette protéine du stress et qu’elles étaient responsables de la résistance des cellules cancéreuses à la chimiothérapie anti-cancéreuse”, précise la chercheuse.

Si elles sont dénombrées, elles permettent de pouvoir détecter le cancer du sein de manière précoce

Un prix de 200 00 euros

L’équipe de recherche de l’INSERM de Dijon s’est vu remettre la somme de 200.000 euros par l'association Ruban rose pour continuer à financer les recherches et améliorer les techniques. “Cet argent servira à financer l’étude clinique multicentrique que nous sommes en train d’organiser avec l’unité de phase précoce du CGFL”.

“Notre objectif est d’arriver à avoir une approche plus simple nécessitant juste 500 microlitres de sang pour quantifier nos protéines de stress et ainsi détecter l’apparition possible des métastases et si un patient répond ou pas à la thérapie anticancéreuse”, précise la directrice de recherche.

Les recherches vont donc se poursuivre en Bourgogne. Il faudra encore patienter avant que la prise de sang voit le jour et qu’elle soit utilisée par les médecins. 

Les prix ruban rose

Les prix ruban rose pour la recherche, créés par l'association Ruban Rose en 2003, sont destinés à soutenir la recherche fondamentale, clinique, les innovations et les progrès en matière de techniques de dépistage, chirurgie réparatrice, psychologie ou encore amélioration de la qualité de vie des malades.

Depuis 2004 en France, plus de 400.000 euros ont été récoltés et reversés à plus de 80 chercheurs et soignants. Le grand prix ruban rose est la plus haute distinction délivrée par l’association.

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