Coronavirus : pourquoi la directrice régionale de l'organisation des soins de l'ARS est en Guyane ?

Anna-Laure Moser est directrice de l'organisation des soins à l'Agence Régionale de Santé (ARS) de Bourgogne-Franche-Comté. Mercredi 29 juillet 2020, elle s'envolera pour la Guyane. Son expérience lui permettra de venir en aide au personnel hospitalier sous-tension dans ce département d'outre-mer.

Anne-Laura Moser passera deux semaines en Guyane.
Anne-Laura Moser passera deux semaines en Guyane. © France Télévisions
Mercredi 29 juillet 2020, Anne-Laure Moser s’envolera pour la Guyane française. Dans ce département (et région) français(e), frontalier(e) avec le Brésil, l’épidémie de coronavirus reste élevée. Comme dans une majeure partie de l'Amérique du sud. Le " pic " a même été atteint à la mi-juillet. Au lundi 27 juillet, 28 patients sont en réanimation sur l'ensemble du territoire guyanais, 118 sont hospitalisés dans d'autres services.
 

Un soutien ponctuel de deux semaines

C'est dans ce contexte de crise, qu'Anne-Laure Moser interviendra, quinze jours durant, afin d'épauler ses homologues d’outre-mer. Entre le lundi 27 juillet et le lundi 31 août, les professionnels de santé se succèdent dans le département d'Amérique du sud. Il s'agit de médecins, d'infirmiers, d'aide-soignants, mais aussi de personnels de direction comme Anne-Laure Moser. Ils viennent apporter une aide humaine après avoir connu une situation similaire en métropole. Naturellement, la Bourguignonne s'est portée volontaire pour apporter son expérience outre-atlantique.  

Elle raconte : "Pendant que nous étions confinés en métropole avec un pic de l’épidémie, eux n’avaient pas de cas. Le virus était plutôt dormant. Ils étaient confinés comme nous puisque c’est la France. Ils ont eu les mêmes règles. Dès mi-mai, fin-mai l’épidémie a augmenté. Si on compare à notre région, l’épidémie est deux fois plus forte que sur le département de l’Yonne ou de la Nièvre. "

 

" On a reçu une lettre demandant à des professionnels de santé de venir en renfort sur certaines zones françaises comme la Guyane. J’ai souhaité me porter volontaire, je connais la Guyane. Il y a 18 mois, j'y suis déjà allé venir aider un service public ".


 


" Ce que fait la Guyane aujourd'hui, on l'a fait il y a deux mois "

Comme cela a pu être le cas en Bourgogne-Franche-Comté, au plus dur de la crise au mois d'avril, la Guyane française fait appel à la solidarité des autres régions. " Ce que fait la Guyane aujourd’hui on l’a fait il y a 2 mois en héliportant des patients en réanimation vers la Provence-Alpes-Côte-d'Azur ou en Auvergne-Rhône-Alpes " elle ajoute : En plus, il est difficile de se retourner (sic) sur des élèves en école d'infirmières puisqu’il n’y en a pas en Guyane ".  

Sur place, elle participera à la gestion de la crise, comme elle avait déjà pu le faire en Bourgogne-Franche-Comté, au plus dur de l'épidémie. Parmi les missions qui l'attendent : " Appeler tous les jours les trois centres hospitaliers pour voir les tensions, suivre les tests positifs et faire du contact-tracing, regarder où en sont les équipements de protection. Il y en a-t-il assez ou pas ? " Mais la jeune femme n'exclut pas d'en trouver de nouvelles : " Au plus dur de la crise ici, j'ai également distribué des masques ou des moyens de protection, ce sera peut-être pareil en Guyane. "  
 
 

Un " petit rebond " du virus dans la région

Dans la région, il ne reste que très peu de patients en réanimation pour cause de Covid. Si la période permet aux soignants de se reposer, après des mois compliqués, l'agence reste en " vigilance active ". En plus de continuer sa veille, elle se prépare à une éventuelle seconde vague. Anne-Laure Moser explique : " Le virus est toujours là. On ne le voit pas en terme d’hospitalisations, mais il est bien là. On a des équipes qui travaillent 24 heures /24. On s’attendait à plus de cas en juin, puis il y a eu un petit rebond mi-juillet. On est en mode vigilance active. On étudie chaque situation. Les établissements achètent, sont alimentés, livrés. Donc on refait des stocks de masques, de gants, de surblouses... "

Avant de conclure, la directrice de l'organisation des soins n'a pas manqué de rappeler les gestes barrières et la necessité de porter le masque. Un discours déjà bien connu. Mais une piqûre de rappel indispensable, tant en métropole qu'en Guyane. 

Trois questions à Anne-Laure Moser 



 
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