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Dijon : appel au débrayage suite à l’agression de surveillants pénitentiaires

La maison d'arrêt de Dijon
La maison d'arrêt de Dijon

Des perturbations sont annoncées dans les services pénitentiaires jeudi 7 mars, suite à l'agression de deux surveillants par un détenu radicalisé à la prison de Condé-sur-Sarthe. Le syndicat UFAP UNSA Justice appelle à "une journée d'action d'envergure". 
 

Par B.L. avec Elsa Bezin

Pourquoi deux surveillants de prison ont-ils été attaqués ? 


Un peu partout en France, le personnel pénitentiaire est vent debout après l’agression de deux surveillants dans la prison très sécurisée de Condé-sur-Sarthe, près d'Alençon, dans l’Orne.

Michaël Chiolo, un détenu de droit commun de 27 ans, a grièvement blessé deux surveillants avec un couteau en céramique mardi 5 mars. Il s’est ensuite retranché pendant près de dix heures dans l'unité vie familiale de la prison avec sa compagne, qui a été tuée dans l'assaut policier. 

 

 

La radicalisation en prison est-elle sous-estimée ?


Cet événement a été qualifié de "lâche attaque terroriste" par la ministre de la Justice.
Nicole Belloubet a demandé une inspection pour "faire la lumière" sur l'agression. Elle veut voir "où sont les failles de notre système et prendre les mesures qui s'imposent".

Le problème de la radicalisation en prison n'est pas "sous-estimé", estime la ministre de la Justice. 

Sur plus de 70 000 détenus en France, environ 500 personnes sont emprisonnées pour des faits de terrorisme.
Aux alentours de 1 200 prisonniers de droit commun ont été identifiés comme "radicalisés" et ont tous vocation à passer par des quartiers d'évaluation de la radicalisation (QER).

 

 

Que demandent les surveillants pénitentiaires ?


L'agression de Condé-sur-Sarthe a suscité un mouvement de protestation qui est en train de s’étendre à de nombreux établissements.

A Dijon, le syndicat UFAP Unsa Justice annonce des perturbations jeudi 7 mars. Cela se traduira notamment par des retards dans la prise de service du personnel pénitentiaire. selon Thierry Cordelette, délégué régional de l’UFAP Unsa Justice. Cette mobilisation va s’installer dans la durée, prévient le syndicaliste.

"L’acte terroriste vécu par nos collègues du Centre pénitentiaire de Condé sur Sarthe était malheureusement prévisible", déclare l'UFAP. ​​​​​​ Le syndicat demande notamment :

-des équipements de sécurité (gilet pare-lame, etc.) pour les personnels pénitentiaires  
-le renouvellement des moyens techniques (API) et la sécurisation de certains lieux de détention (cellules, salles d’activité, parloirs, UVF, …)
-la gestion des détenus terroristes, radicalisés ou violents dans "une étanchéité totale"
-la mise en place de quartiers spécifiques permettant la prise en charge des détenus violents

Interviewé par France 3 Bourgogne le 7 mars, Thierry Cordelette s'exprime

Thierry Cordelette, Délégué régional UFAP, interrogé par téléphone, rappelle quelles sont les revendications des surveillants de prison, à la suite de l’attaque terroriste à la prison de Condé-sur-Sarthe.
Selon lui, "il faudrait renforcer les contrôles sur les visiteurs d’établissements pénitentiaires, et aussi légiférer sur les fouilles par palpation. En effet, pour l’instant, ces fouilles ne sont possibles que par consentement de la personne. Les surveillants souhaitent que cette fouille devienne obligatoire, comme pour les personnels de sécurité des aéroports par exemple."

En fait, le syndicat UFAP , au regard de l’agression des surveillants de Condé-sur-Sarthe, rappelle que « la Ministre Garde des Sceaux Nicole Belloubet tient en ses mains un relevé de conclusions datant de Janvier 2018. »
Thierry Cordelette souligne que « la demande de tenues pare-lame (gilets) arrivait en tête, ainsi que la demande de créer des quartier « étanches » pour les détenus radicalisés.
Thierry Cordelette, délégué régional UFAP à la maison d'arrêt à Dijon (janvier 2018) / © FTV
Thierry Cordelette, délégué régional UFAP à la maison d'arrêt à Dijon (janvier 2018) / © FTV

La crainte vient aussi du retour probable de ressortissants français radicalisés sur le territoire, il faut que nous ayons les moyens matériels et législatifs pour assurer notre mission quand ils seront incarcérés.»
Il ajoute que « cela fait des années que les surveillants de prison ont tiré la sonnette d’alarme sur les détenus radicalisés, nous avons signalé ce mouvement grandissant dans les établissements pénitentiaires. »


 

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