Dijon : plus de 500 appels reçus à La Chartreuse pour un soutien psychologique pendant le confinement

Du 23 mars au 29 mai, des psychologues se sont relayés au Centre Hospitalier La Chartreuse à Dijon, pour répondre chaque jour à une quinzaine d'appels de personnes qui vivaient mal le confinement et qui avaient besoin d'en parler. Un bilan a été dressé.

La cellule de soutien psychologique du Centre Hospitalier de La Chartreuse a reçu en majorité des appels de personnes qui ressentaient fortement la solitude ou qui avaient des angoisses.
La cellule de soutien psychologique du Centre Hospitalier de La Chartreuse a reçu en majorité des appels de personnes qui ressentaient fortement la solitude ou qui avaient des angoisses. © France 3 Bourgogne

La cellule de soutien psychologique du Centre Hospitalier La Chartreuse a reçu 550 appels, soit plus de 200 heures d'écoute.

Les 26 psychologues qui ont répondu aux appels ont été confrontés à diverses situations : tension intrafamiliale, isolement, humeur dépressive, inquiétude ou anxiété, angoisses.

 

2 appels sur 3 motivés par une solitude insupportable 

Pendant le confinement, les personnes seules se sont senties encore plus isolées que d'habitude. Cette solitude amplifiée a fait naître des angoisses existentielles. Christophe Léty, responsable opérationnel de la plateforme d'écoute, explique que beaucoup de ces personnes ont eu des idées noires "Elles ont pensé à la mort " dit-il.

Ce sont en grande majorité des femmes qui ont décroché leur téléphone pour appeler la cellule de soutien psychologique : 67 % des appels. 

Au centre hospitalier La Chartreuse à Dijon, la plateforme d'écoute et de soutien psychologique activée dès le 23 mars est restée opérationnelle jusqu'au vendredi 29 mai.
Au centre hospitalier La Chartreuse à Dijon, la plateforme d'écoute et de soutien psychologique activée dès le 23 mars est restée opérationnelle jusqu'au vendredi 29 mai. © France 3 Bourgogne

 

Un impact psychologique mesurable au fil des jours

La cellule d'écoute a pu mesurer l'impact du confinement.  Psychiatre à La Chartreuse, Pierre Besse, fait ce constat : "Les 15 premiers jours ont été des journées particulières. Tout le monde a vécu un moment de sidération pendant la première semaine. Et ensuite une certaine désorientation".

Au fil des jours et des annonces du gouvernement, les psychologues ont constaté que beaucoup d'appels provenaient de personnes qui ressentaient un malaise dû au fait d'être seules chez elles. "Elles avaient juste besoin de parler" dit Pierre Besse. Certains appels n'ont duré que 5 minutes, mais d'autres plus d'une heure.

Plusieurs personnes qui avaient besoin d'une prise en charge plus importante ont été orientées en consultation au Centre Hospitalier. 

La plateforme d'écoute psychologique a cessé de fonctionner le 29 mai. Elle pourra être réactivée si nécessaire. 

De nombreuses ressources restent disponibles sur le site internet du CH La Chartreuse, pour aider ceux qui ont besoin pendant la phase de déconfinement.

 

Reportage : Anne Berger et Dalila Iberrakene

Intervenants :  1/ Christophe Lety : responsable opérationnel de la plateforme d'écoute.   2/  Dr Pierre Besse : Psychiatre Chef du Pôle de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent au CH La Chartreuse.

 

 

 

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