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Dijon : des affrontements entre la police et des manifestants place Guynemer

Les manifestants pro-migrants se font entendre de l'extérieur du périmètre, la Police intervient pour les disperser / © MaxPPP/JC Tardivon
Les manifestants pro-migrants se font entendre de l'extérieur du périmètre, la Police intervient pour les disperser / © MaxPPP/JC Tardivon

Mercredi 11 septembre, lors de l'inauguration de la place Guynemer par le maire de Dijon et ses adjoints, les officiels auraient été pris à partie par des manifestants du quartier des Lentillères et des migrants. Des affrontements entre forces de police et manifestants ont eu lieu.

Par F.L.

Que s'est-il passé lors de l'inauguration de la place Guynemer mercredi 11 septembre ?
Le maire de Dijon et des officiels (adjointe déléguée aux anciens combattants) auraient été pris à partie hier soir mercredi 11 septembre 2019 lors de la cérémonie d'inauguration de la place Guynemer. 
Des manifestants d'ultra-gauche du quartier des Lentillères s'en seraient pris aux officiels, au maire, à ses adjoints et au préfet. 
Des migrants occupants du terrain des Cailloux (depuis lundi 9 septembre) étaient venus attirer l'attention sur leur situation, en faisant du bruit et en tapant sur des casseroles, avec des banderoles et de façon pacifique. Ils étaient tenus à distance par des barrières.

 
La police est intervenue pour disperser des manifestants pro-migrants lors du dévoilement de la plaque du Mail Capitaine Guynemer à Dijon mercredi 11 septembre 2019. / © JC Tardivon/MAXPPP
La police est intervenue pour disperser des manifestants pro-migrants lors du dévoilement de la plaque du Mail Capitaine Guynemer à Dijon mercredi 11 septembre 2019. / © JC Tardivon/MAXPPP


Quelle est la version de la mairie de Dijon ? 
Selon la mairie de Dijon contactée ce jeudi matin 12 septembre, il n'y aurait pas eu de jets de projectiles en direction des officiels.
En revanche, il y aurait eu des jets de projectiles sur les forces de police, qui ont riposté. 

Quelle est la version de la police nationale ? 
D'après nos sources, la Section d'Intervention a répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes (49 grenades)
Aucun blessé ne serait à déplorer, en revanche, les véhicules ont essuyé des dommages matériels : un véhicule de police est endommagé.
Aucune personne n'a été mise en cause et il n'y a pas eu d'arrestation.
 


Quelle est la version du collectif de soutien aux migrants ?
En début d'après-midi jeudi 12 septembre, le collectif de soutien aux migrants a transféré sa version des faits à la Rédaction de France 3 Bourgogne.
D'après eux, "Contrairement aux allégations de la Préfecture, les déferlements de gaz lacrymogènes et les tirs de flashball n’ont pas fait suite à des tirs de projectiles. Ils ont été la réponse brutale à un simple concert de casseroles et à la volonté de montrer une banderole « expulsions : 65 demandeurs d’asile toujours dehors » aux officiels et invités présents à l’inauguration."


Du gaz lacrymogène en quantité
Selon le site internet dijoncter.info : "le cortège et le rassemblement, qui ne faisaient que taper sur des casseroles pour se faire entendre, ont été massivement gazés et ciblés par des tirs de « flashball »"


 
Le bilan de la Préfecture, à la suite de l'opération d'expulsion du lundi 9 septembre
Le 12 septembre, en fin de journée, la Préfecture de Côte-d'Or a émis un communiqué.

"L’examen de la situation des 66 personnes au regard du droit au séjour en France fait apparaître à ce stade, sous réserve d’analyses complémentaires en cours, 28 situations irrégulières. Ces personnes ont vocation à quitter le territoire. Elles pourront si elles le souhaitent bénéficier d’une aide au retour volontaire vers leur pays d’origine, sous la forme d’un accompagnement global et d’une aide financière de l’OFII.
Avec les mêmes réserves, 38 personnes seraient en situation régulière. Parmi celles-ci, 6 personnes bénéficiant du statut de réfugié ont des droits à exercer au titre de la protection internationale. 14 personnes ont des droits à hébergement à faire valoir en Côte-d’Or ; ce chiffre est à rapprocher des 1 800 places déjà mobilisées par l’État dans ce département pour héberger les personnes." -​​​​Bernard SCHMELTZ, Préfet de la région Bourgogne-Franche-Comté, Préfet de la Côte-d'Or


 

Un reportage de Michel Gillot, Christophe Gaillard et Rachel Nectoux

Intervenants
  • François Rebsamen, maire de Dijon (PS)
  • Jean-Claude Barbey, président de l'amicale des Diables bleus (chasseurs alpins)
  • Benjamin Dufour, collectif de soutien aux migrants




 

Voici le récit rédigé par le collectif de soutien aux migrants :

"Nous sommes partis hier en cortège depuis le chemin des cailloux à une centaine de personnes, migrants expulsés ce lundi de la CPAM et des soutiens. Nous souhaitions nous rendre à l’inauguration du mail Guynemer par le Maire de dijon pour interpeller les élus sur les conditions indignes dans lesquelles ont été laissées les personnes expulsées : un terrain sans toilettes ni douches, balayé aux quatre vents. Alors que la Préfecture passe en force et expulse à la veille d’une audience, le terrain proposé par la Mairie en urgence n’est tout simplement pas viable.
Très vite, à plusieurs centaines de mètres de l’inauguration, le cortège a été arrêté par des policiers déchaînés agitant leurs matraques, et pointant les manifestants avec leurs flashballs. Il s’agissait ostensiblement de tout faire pour que le message que nous cherchions à délivrer ne puisse être entendu et pour cacher une fois de plus les personnes laissées à la rue. Nous sommes finalement parvenus à rejoindre d’autres soutiens regroupés face au Mail guynemer sur le quartier des Lentillères. Contrairement aux allégations de la Préfecture, les déferlements de gaz lacrymogènes et les tirs de flashball n’ont pas fait suite à des tirs de projectiles. Ils ont été la réponse brutale à un simple concert de casseroles et à la volonté de montrer une banderole « expulsions : 65 demandeurs d’asile toujours dehors » aux officiels et invités présents à l’inauguration. La plus grosse perturbation de l’inauguration a été causée par ces mêmes tirs copieux de gaz lacrymogènes qui ont reflué jusqu’aux officiels et entraînés la clôture prématurée de la cérémonie. Notons que ces tirs de lacrymogènes ont provoqué des départs successifs de feux sur des jardins et aux abords d’habitation en pleine période sèche. Les habitants du quartier ont heureusement pu les éteindre à temps, tant bien que mal. Nous protestons vivement contre l’attitude irresponsable du Préfet Bernard Schmeltz et de la police dijonnaise. Ils ne peuvent continuer de tenter de cacher une situation indigne qu’ils ont eux-même provoqués, ni continuer à réprimer brutalement ceux qui en souffrent directement ainsi que leurs soutiens. Nous continuerons à nous mobiliser jusqu’à obtenir un relogement viable pour tous les demandeurs d’asile expulsés ce lundi et la libération des personnes emmenées en centre de rétention. Ils ne nous feront pas taire."
- Des demandeurs d’asile expulsés ce lundi et  leurs soutiens présents hier soir près du mail Guynemer.

 

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