La garde civile espagnole se forme à l'école de gendarmerie de Dijon

Plus d'une centaine d'élèves de la Guardia Civil se forment en ce moment à l'école de gendarmerie de Dijon. / © Dalila Iberrakène / France 3 Bourgogne-Franche-Comté
Plus d'une centaine d'élèves de la Guardia Civil se forment en ce moment à l'école de gendarmerie de Dijon. / © Dalila Iberrakène / France 3 Bourgogne-Franche-Comté

120 élèves de la garde civile espagnole sont venus se former pendant 5 mois à l’école de gendarmerie de Dijon, située à Longvic. Ce séjour leur permet d'améliorer la coopération avec leurs homologues européens, notamment pour la lutte contre le terrorisme.

Par V.P. avec Valentin Chatelier

Le spectacle est peu commun : à l'école de gendarmerie de Dijon, les instructions lors de l'exercice de tir se font en français et en espagnol. D'un côté, en vert foncé, on trouve des élèves de la garde civile espagnole, de l'autre ceux, en polo bleu ciel, de l'école de gendarmerie de Dijon, avec chacun leur instructeur.

En plus de la langue, leurs pratiques sont différentes et nécessitent de s'adapter lorsqu'ils doivent travailler ensemble. Ici le but est clair : chacun doit apprendre de l'autre. "En France, les gendarmes sont autorisés à partir avec l'arme chargée. Nous, en Espagne, les cartouches sont sorties de l'arme," explique Antonio Fernandez, l'un des formateurs de la Guardia Civil.
 

Agir en coopération

"C'est intéressant, parce que dans le futur on s'attend à de plus en plus de coopération entre vos gendarmes et nous la Guardia Civil. Alors c'est toujours bien d'anticiper et d'apprendre comment travailler ensemble pour que ça soit efficace dans le futur," constate Julian Bejar Adrados, élève espagnol.

Les 120 élèves espagnols sont à Dijon pour suivre cinq mois de formation autour de plusieurs thèmes : le contrôle des flux migratoires, la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée. Certains exercices sont faits en commun avec les Français. Les gendarmes et leurs homologues espagnols doivent notamment intervenir ensemble lors d'une altercation lors d'un accident de la circulation entre un ressortissant francais et un citoyen espagnol. Le garde civil doit démontrer ce qu'il a acquis lors de sa formation avec les Français.
 

Un embryon de défense européenne

L'objectif est même de développer ce petit embryon de défense européenne. Des représentants italiens et portugais ont aussi fait le déplacement. "Il est nécessaire d'examiner ce projet. Mais il y a sans doute une possibilité pour une future coopération entre les carabiniers, la gendarmerie et la Guardia Civil," explique le général Ciro d'Angelo, commandant des écoles de Carabinieri italiens.

Luis Miguel, commandant général de la Garde nationale républicaine du Portugal, abonde en son sens : "toutes les forces ont a y gagner. Surtout en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme et le combat contre les trafics illicites," juge le Lieutenant-général.

C'est la toute dernière cérémonie officielle sur le territoire français pour les Espagnols, avant de repartir au sud de Madrid, à Valdemoro, où est située leur école. Pendant ces mois, aux côtés des Français, certains en ont profité pour apprendre une nouvelle langue. "Nous pouvons travailler avec cadres francais, et les Français avec cadres espagnols, pour l'organisation c'est une très bonne idée," souligne Paloma Vázquez, élève de la Guardia Civil. "Ils sont tout le temps souriants, ils savent rire au bon moment, et être sérieux quand il faut," conclut Guillaume Cuevillier, élève dijonnais.
 

Notre reportage à Longvic (Côte-d'Or)

La garde civile espagnole se forme à Dijon l'école de gendarmerie de Dijon
Intervenants : Antonio Fernandez, Guardia Civil; Julian Bejar Adrados, élève de la Guardia Civil; Général Ciro d'Angelo, commandant des écoles de carabiniers (Italie); Lieutenant-général Luis Miguel, commandant général de la Garde nationale républicaine du Portugal; Cristian Martínez, élève de la Guardia Civil; Paloma Vázquez, élève de la Guardia Civil; Guillaume Cuevillier, élève de l'école de gendarmerie de Dijon. - France 3 Bourgogne-Franche-Comté - Reportage : Valentin Chatelier et Dalila Iberrakène. Montage : Laurence Crotet-Beudet.

 

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