Gilets jaunes : le prochain rassemblement à Dijon ne sera pas interdit

La manifestation des "gilets jaunes" à Dijon samedi 6 avril. / © France 3 Bourgogne
La manifestation des "gilets jaunes" à Dijon samedi 6 avril. / © France 3 Bourgogne

Le prochain rassemblement des "gilets jaunes" à Dijon samedi 13 avril sera-t-il interdit ? Sur le plateau de France 3 Bourgogne jeudi 11 avril, le maire PS de la ville a évoqué cette hypothèse. De son côté, la préfecture a annoncé reconduire le dispositif habituel.

Par M. F.

"Une atteinte à la République"


"Je rencontre le préfet demain [vendredi]. Il va me faire le point de la situation pour samedi et s'il le faut, je lui demanderai effectivement d'interdire cette manifestation. Mais pour interdire, il faut réussir à interdire", a expliqué hier François Rebsamen sur le plateau de France 3 Bourgogne. Après deux week-ends de manifestation marqués par des dégradations à la préfecture de Dijon, le maire (PS) de Dijon, ne cachait pas son exaspération. "C'est plus qu'un agacement. C'est insupportable, inacceptable, de s'attaquer aux bâtiments publics, à notre centre-ville classé au patrimoine mondial de l'Unesco, à la préfecture, aux personnels. Il y a là une atteinte aux libertés publiques, à la République", a-t-il dit.

 

Métropole connectée, Florissimo, gilets jaunes : François Rebsamen répond à nos questions
Le maire PS de Dijon François Rebsamen était l'invité de France 3 Bourgogne ce jeudi 11 avril. Il a répondu à nos questions sur plusieurs thèmes d'actualité : le projet OnDijon de métropole connectée, la polémique autour de l'annulation de Florissimo et le mouvement des "gilets jaunes".
 

La réponse de la préfecture : pas d'interdiction étendue


La réunion entre l'édile et le préfet a eu lieu aujourd'hui. La préfecture a fait savoir qu'elle ne modifierait pas son dispositif habituel. "Nous reconduisons les interdictions de manifester dans les abords immédiats de la préfecture avec cette particularité désormais que rentrent en vigueur les mesures de la loi anti-casseurs. Nous disposons ainsi de nouveaux outils notamment l'instauration du délit de dissimulation du visage qui pourra permettre de placer des individus en garde à vue", explique Frédéric Sampson, le directeur de cabinet du préfet de Côte-d'Or.


A la question de l'extension du périmètre de l'interdiction à manifester, l'État ne juge pas cette mesure opportune. "La configuration de la ville de Dijon est assez différente de celle de villes telles que Lyon et Strasbourg où on peut tenir le centre-ville en fermant les ponts. A Dijon, on a à la fois un centre-ville qui est poreux et une volonté des Gilets jaunes, semaine après semaine, d'élargir le périmètre de leurs pérégrinations, en allant tantôt vers les Grésilles, tantôt vers la place Wilson, tantôt vers Ikéa voire la rocade", poursuit le haut-fonctionnaire qui rappelle "on avait déjà étendu le périmètre d'interdiction de manifester lors de l'acte 2, le 24 novembre dernier. Cela avait plutôt tendu les manifestants et débouchaé sur des violences qui avaient culminé le 1er décembre avec ces scènes de guérilla urbaine auxquelles on a assisté rue de la Préfecture."

 
3 questions à Frédéric Sampson, directeur de cabinet du préfet de Côte-d'Or

Pour mémoire, plus récemment, la préfecture de Côte-d'Or a été visée à deux reprises par des dégradations ces dernières semaines. Dans la nuit du 30 au 31 mars, par des jets de cocktails molotov sur la façade, et la semaine suivante, le 6 avril la porte d'entrée avait été défoncée par plusieurs individus.

Les manifestations de samedi 13 avril ont été interdites dans plusieurs villes de France, comme dans l'hyper-centre de Lille ou à Paris autour des Champs-Élysées.

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