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Le haut fonctionnaire dijonnais soupçonné d'espionnage mis en examen pour trahison

Benoit Quennedey, sur le plateau de RT en juin 2018 / © capture d'écran de RT
Benoit Quennedey, sur le plateau de RT en juin 2018 / © capture d'écran de RT

Soupçonné d'espionnage au profit de Pyongyang, un haut fonctionnaire du Sénat, originaire de Dijon, a été mis en examen jeudi pour trahison.

Par AFP

Soupçonné d'espionnage au profit de Pyongyang, un haut fonctionnaire du Sénat qui ne cachait pas ses amitiés nord-coréennes a été mis en examen jeudi 29 novembre 2018 pour "trahison" et "intelligence avec une puissance étrangère".

Déféré un peu plus tôt dans la journée au parquet de Paris, Benoît Quennedey a été présenté à un juge d'instruction qui l'a mis en examen pour "trahison par livraison d'informations à une puissance étrangère", "recueil en vue de livraison d'informations à une puissance étrangère" et "intelligence avec une puissance étrangère", selon une source judiciaire.

Conformément aux réquisitions du ministère public, il a été placé sous contrôle judiciaire, ce qui signifie qu'il n'a pas été écroué. Il a désormais interdiction de quitter le territoire, d'exercer sa profession, et des interdictions de contacts, selon cette source.

Interpellé dimanche soir, Benoît Quennedey avait été placé en garde à vue à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), dans le cadre d'une enquête ouverte en mars.

Dans cette affaire, les enquêteurs cherchent à savoir s'il a effectivement "fourni" des informations confidentielles au régime paria de Pyongyang.

Benoît Quennedey est un des administrateurs de la Direction de l'architecture, du patrimoine et des jardins de la chambre haute du Parlement, en charge de la division administrative et financière. Mardi, la présidence du Sénat a annoncé qu'il avait été suspendu "provisoirement" de ses fonctions, et que son bureau avait été perquisitionné.

Ancien diplômé de Sciences-Po Paris et de l'ENA, cet homme d'une quarantaine d'années, originaire de Dijon, a consacré plusieurs travaux à la Corée du Nord.
 

Nombreux voyages

Président de l'Association d'amitié franco-coréenne, il a voyagé à de multiples reprises dans l'ensemble de la péninsule coréenne depuis 2005, selon le site des éditions Delga qui ont publié son ouvrage "La Corée du Nord, cette inconnue".

En 2013, il a également signé un essai sur l'économie du régime de Pyongyang intitulé "L'Économie de la Corée du Nord, Naissance d'un nouveau dragon asiatique", aux éditions Les Indes Savantes.

Dirigée d'une main de fer par Kim Jong Un, la Corée du Nord est frappée depuis plusieurs années par un arsenal de sanctions économiques occidentales qui vise à contraindre le régime à renoncer à son programme de missiles nucléaires.

Dans une vidéo postée en 2017 sur YouTube on voit le haut fonctionnaire expliquer que "la Corée du Nord est l'objet de tous les fantasmes". "Toute personne qui parle de la Corée du Nord s'expose, si elle ne prend pas les thèmes habituels, à se voir rétorquer qu'elle ne peut être qu'un suppôt du pire régime au monde", ajoute-t-il.

Un ancien camarade de promotion de l'ENA a rapporté la passion ancienne de Benoît Quennedey pour ce pays. "Il y a près de 20 ans, il n'avait que d'éloges à l'égard de la Corée du Nord et s'élevait avec vigueur contre ceux qui qualifiaient ce régime de liberticide. Il nous expliquait que ce n'était pas un système dictatorial et que cette image était le fruit d'un complot américain", a-t-il relaté, sous couvert d'anonymat. 

Interrogé en août sur la chaîne RT France, émanation de Russia Today, Benoît Quennedey, alors présenté comme "expert en relations internationales", avait salué le réchauffement des relations entre la Corée du Nord et les États-Unis après l'annonce par Washington de la suspension de ses opérations militaires en Corée du Sud. "On crée les conditions de la confiance pour engager le dialogue sur une bonne voie", déclarait-il, selon une vidéo postée sur YouTube.

En décembre 2017, deux ex-agents secrets français soupçonnés d'avoir été retournés par les services secrets chinois avaient été arrêtés et placés en détention. En mai, la ministre des Armées Florence Parly avait déclaré qu'ils étaient "soupçonnés d'avoir commis des actes susceptibles d'être qualifiés d'actes de trahison par divulgation d'informations à une puissance étrangère et susceptibles de mettre en cause les secrets de la défense nationale".
 

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