Le succès des doudous artisanaux made in Bourgogne

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Quoi de mieux qu'un doudou pour se réconforter ! Portées par un marché du jouet florissant, les artisanes Béatrice Roux et Amalia Perrier ont créé leurs marques de doudous. Des projets très différents couronnés de succès !

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Dragon contre les cauchemars, mouton-coussins et cœurs à parfumer... La boutique Les Créé'Natures de Béatrice Roux est peuplée de doudous rassurants à adopter selon vos goûts et votre âge. "Vous savez que la moitié des doudous sont achetés par des "grands", adolescents ou adultes ?", nous confie d'emblée cette ancienne cadre supérieure qui a changé de vie à 47 ans.

Tout a commencé en 2016 : Béatrice coud des doudous pour ses proches qui les adorent. Elle fabrique aussi des carrés de tissus réutilisables. Après mûre réflexion et en ayant mis des économies de côté, elle se lance en 2018 :  "J'ai réfléchi et je me suis dit, entre les doudous et le zéro déchet, il y a peut-être quelque chose à creuser. Donc j'ai monté un projet, j'ai budgété tout et je me suis dit que c'était jouable. J'ai fait une feuille de route sur trois ans."

En 2018, elle utilise sa propre machine à coudre et installe son atelier et un coin-boutique à domicile. Mais elle rêve dès le départ d'ouvrir un magasin dans les cinq ans.

La Dijonnaise Amalia Perrier a aussi créé sa marque Marguerite et Jorge, avec sa seule machine à coudre et 1000 euros. Styliste dans le prêt-à-porter de luxe, elle décide en 2019 de quitter ce milieu exigeant pour se lancer dans le monde du jouet qui la passionne depuis toujours. "J'ai d'abord créé des grandes poupées à déshabiller. De là, j'ai voulu créer un modèle pour les tout-petits. " Les popelines sont nées. Ces jolies souris sont habillées de tissus de qualité adaptés aux bébés.

La recette du succès

Le contexte est favorable aux artisanes. Depuis le confinement, les mamans de jeunes enfants sont 67% à être plus attentives au lieu de fabrication des objets de puériculture et 51% s'attachent aux valeurs de la marque. Les jouets français ont le vent en poupe et représentent désormais 14% du marché. Le savoir-faire d'Amalia Perrier lui permet de décrocher le titre d'Artisan d'Art.

Autre atout : les réseaux sociaux. Pour vendre ses doudous et se faire connaître, Amalia Perrier met en scène ses grandes poupées personnalisables Marguerite et Jorge et ses Popelines pour bébés. 

Les ventes en ligne représentent 30% des ventes de Marguerite et Jorge et 15% des ventes des Créé'Natures.

Deux doudous, deux modèles

Portés par un marché du jouet de 3.7 milliards d'euros en croissance de 3% en 2021, les deux projets artisanaux de fabrication de doudous ont toutefois des modèles économiques très différents.

Béatrice Roux tenait absolument à ouvrir la boutique des Créé'Natures mais il fallait une trésorerie importante et des stocks. Elle a pu faire un test grandeur réel grâce à une commerçante voisine, Colette, installée à Sombernon qui lui a laissé une partie de son magasin pendant plusieurs semaines. Elle a pu tester la viabilité de son modèle économique. Entre la vente d'une centaine de doudous par mois, de coffrets de naissance, de kits zéro déchet et un service de retouches, elle réussit à se payer l'équivalent d'un SMIC.

Son concept de doudous personnalisés à partir d'un dessin ou d'une photo d'animal de compagnie séduit les parents. D'autres clients découvrent ses produits grâce aux retouches.

J'aime dire que je suis facilitatrice de rêves plutôt que couturière.

Béatrice Roux, artisane, créatrice des Créé'Natures

"L'idée c'est vraiment de leur proposer aux gens de leur fabriquer l'objet dont ils ont envie" explique Béatrice dans un sourire.

Amalia Perrier a opté pour un autre modèle : elle vend ses popelines et ses doudous carré dans six magasins, de Dijon à New York. Les commandes ont explosé avec le succès. Ne pouvant plus coudre seule 2000 popelines par an, elle sous-traite désormais une partie de la production à Gala, une couturière dijonnaise et travaille avec des alternantes. Elles se retrouvent dans son atelier ce qui préserve les méthodes de fabrication et l'unicité de chaque Popeline. Amalia fabrique toujours, à la demande, des grandes poupées Marguerite et Jorge personnalisées.

A 26 ans, elle n'imaginait pas devenir chef d'entreprise.

C'est un rêve. Je suis indépendante. Je gagne ma vie toute seule et c'est quelque chose que je n'aurais pas pensé faire avant et que je pensais inatteignable.

Amalia Perrier, artisan d'Art, créatrice de Marguerite et Jorge

Marchera-t-elle dans les traces de Nicolas Courrèges, le créateur de Nin-Nin ? L'entreprise creusotine emploie aujourd'hui six personnes et vend 40.000 doudous par an.