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Logement : les foyers modestes ne peuvent plus accéder à la propriété

L’accès à la propriété est devenu hors d’atteinte pour les plus modestes et la pauvreté et le mal-logement sont étroitement liés : c’est ce que dénonce l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale dans son rapport annuel 2017-2018.

Par avec AFP

Combien de personnes sont mal logées en France ?


L'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale s'alarme de "la crise persistante du mal-logement" en France.

Les foyers modestes ne peuvent plus accéder à la propriété et "décrochent" par rapport au reste de la société, ce qui contribue à les faire glisser dans la pauvreté, explique l’organisme gouvernemental dans son rapport annuel publié mercredi 2 mai 2018.

Ce rapport, intitulé "Mal-logement, mal logés", note des "évolutions positives" comme l'augmentation du nombre de logements (+1,1% par an entre 1996 et 2013) et de leur confort, ou le fait qu'un grand nombre de ménages ont accès à la propriété privée. Mais les foyers les plus modestes en restent exclus, faisant de l'accès à la propriété "un marqueur social" important, souligne-t-il.

L'Observatoire rappelle que 4 millions de personnes sont mal-logées et 12,1 millions en situation de fragilité (chiffres du 27e rapport de la Fondation Abbé-Pierre). Il note aussi la hausse des prix des loyers et "l'intensification des disparités territoriales" entre métropoles urbaines et territoires ruraux.


Une manifestation a été organisée place de la Libération à Dijon samedi 14 octobre 2017, à l’appel du collectif "Vive l'APL". / © Samuel Peltier
Une manifestation a été organisée place de la Libération à Dijon samedi 14 octobre 2017, à l’appel du collectif "Vive l'APL". / © Samuel Peltier


Qui sont les plus touchés par la crise du mal-logement ?


Les ménages à bas revenus se retrouvent en première ligne face à cette crise : ils "connaissent une évolution globale inverse à celle de l'ensemble des ménages. En 2013, six ménages français sur dix étaient propriétaires, mais les ménages à bas revenus étaient eux "locataires pour les deux tiers".

L'Observatoire décrit un phénomène de "décrochage" des classes populaires et indique qu’on peut "encore parler de crise du logement en France" dans la "deuxième moitié des années 2010".

Les personnes les plus modestes se concentrent de plus en plus dans les zones urbaines, pourvoyeuses d'emplois, malgré un marché de l'immobilier "sous tension". Conséquence : elles vivent dans "des logements inadaptés" à leur situation.

Les plus touchés par cette crise du mal-logement sont "les familles monoparentales, les étrangers, les familles avec trois enfants ou les couples dont les deux membres sont sans emploi", précise le rapport.

L’Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale voit un lien indirect entre mal-logement et transmission de la pauvreté : "En créant des conditions défavorables à la réussite scolaire, le mal-logement contribue indirectement à augmenter le risque de pauvreté à l'âge adulte et peut devenir un canal de transmission intergénérationnelle de la pauvreté".




Des taux de sorties vers le logement ordinaire inégaux selon les régions

En 2012, le taux annuel de sorties connaît de fortes variations d’un territoire à un autre.

À l’échelle régionale, le rapport entre le taux maximal (42,3 % en Nouvelle-Aquitaine) et le taux minimal (17,2 % en Île-de-France) est de 1 à 2,5.

En Bourgogne-Franche-Comté, le taux de sortie est de 30,5%.

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