Éducation : des dispositifs pour lutter contre le cyberharcèlement dans l'académie de Dijon

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Écrit par Gaël Simon

Ce jeudi 17 février, France Télévisions se mobilise contre le harcèlement en ligne à travers l'opération #AimeSansHaine sur les réseaux sociaux. Dans le rectorat de Dijon, plus dispositifs sont mis en place pour lutter contre ce fléau.

En France, 20 % des jeunes âgés de 8 à 18 ans ont déjà été confrontés au harcèlement en ligne. Pour sensibiliser à ce sujet, France Télévisions se mobilise ce jeudi 17 février avec la campagne #AimeSansHaine sur les réseaux sociaux.

Benoît Clair, référant cyberharcèlement au sein du rectorat de Dijon fait le point sur la lutte menée en Bourgogne pour former les plus jeunes à une utilisation plus respectueuse des réseaux sociaux. "On a des formateurs qui interviennent dans les établissements scolaires, soit en amont pour prévenir, soit après qu’il y ait une situation pour essayer d’apaiser".

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Benoît Clair, référant cyberharcèlement au sein du rectorat de Dijon fait le point sur la lutte menée en Bourgogne ©France 3 Bourgogne

Au total, l’académie de Dijon compte trois référents par département, la Côte-d’Or, la Saône-et-Loire, la Nièvre et l’Yonne, présents pour aider les familles et les établissements scolaires dans la prise en charge de ces situations. À cela s’ajoute la mise en œuvre depuis septembre 2021 dans les établissements du Bourgogne du programme de lutte contre le harcèlement à l’école (pHARe).

Le plan prévoit par exemple des formations avec le renforcement du numérique dans les enseignements, la nomination d’élèves ambassadeurs dans chaque école, collège et lycée et des ateliers où les parents sont associés.

À la rentrée 2022, tous les collèges et écoles devront s’y inscrire. L’idée, c’est de repérer le plus tôt et au plus près les situations de harcèlement scolaire

Benoît Clair, référant cyberharcèlement rectorat de Dijon

En parallèle, des interventions réalisées par des gendarmes sont aussi organisées. "C’est complémentaire parce qu’il y a des situations très graves. Donc avoir la parole du gendarme peut être intéressant. Le harcèlement est un délit, c’est punissable par la loi. Il peut y avoir des peines mêmes quand on est jeune, donc c’est important d’avoir ce regard".

De 12 à 18 mois de prison pour un mineur

Le harcèlement en ligne est en effet jugé par le tribunal correctionnel. Si l’auteur est mineur, les sanctions varient selon son âge. Ses parents, en tant que responsables civils, devront notamment indemniser les parents de la victime.

  • Si le harceleur est mineur et âgé de plus de 13 ans, il encourt un an de prison et 7 500 euros d’amende si la victime a plus de 15 ans
  • Si le harceleur est mineur et âgé de plus de 13 ans, il encourt 18 mois de prison et 7 500 euros d’amende si la victime a moins de 15 ans

Mais il est souvient difficile de sanctionner les coupables car les victimes doivent rassembler elles-mêmes les preuves des faits qu’elles ont subies. Le fait de porter plainte peut être par ailleurs vu comme une provocation par les harceleurs, provoquant alors une nouvelle vague de violences en ligne.

En Bourgogne, les gendarmes qui constatent une augmentation du nombre d’interventions pour cause de cyberharcèlement depuis près de 4 ans. "Il y a les réseaux sociaux qui sont utilisés de plus en plus tôt et souvent sans contrôle de l’adulte. Maintenant, est-ce qu’il y a plus de harcèlements qu’avant ? Je ne pense pas, mais on en parle de plus en plus", estime le major Christophe Gabriot, commandant de la maison de protection des familles dans l'Yonne.

Toute personne victime de harcèlement sur les réseaux sociaux peut rapporter les faits sur le site PHAROS, géré par des policiers et gendarmes spécialisés. Le 3818 est également une plateforme téléphonique disponible afin de libérer la parole.