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VIDÉOS. Vivez une journée de vendanges dans le Jura, comme si vous y étiez

© France 3 Franche-Comté / Sarah Rebouh
© France 3 Franche-Comté / Sarah Rebouh

Les vendanges ont débuté dans le Jura. Ce mercredi 11 septembre, nous vous proposions d'entrer dans les rangs de vignes du domaine De Lahaye, à Nevy-sur-Seille et de vivre la première journée de vendange de ce domaine, comme si vous y étiez. 

Par Sarah Rebouh

Chaque année, la fin de l'été est rythmée par les vendanges dans les différents domaines viticoles de la région. Dans le département du Jura, les vendangeurs s'affèrent dans les vignes. Sécateur à la main, ils coupent les grappes durant plusieurs jours. Ces précieux grains de raisin sont ensuite pressés pour en extraire ce qui sera transformé, après maturation, en breuvage alcoolisé.

Ce mercredi, le domaine De Lahaye, situé au pied du magnifique site classé de Château-Chalon, dans le petit village vigneron de Nevy-sur-Seille s'est animé. Une dizaine de vendangeurs sont venus grossir les rangs et aider à la récolte annuelle. 

"Nous exploitons en famille  6 ha de vignes dont 2 ha de Savagnin sur l’aire d’appellation Château-Chalon, 0.70 ha de Savagnin en appellation Côtes du Jura, 2.20 ha de Chardonnay en appellation Côtes du Jura, 0.80 ha de Pinot noir et 0.24 ha de Poulsard sur la commune de Lavigny" explique Guillaume Tissot, qui nous accueille dans ses vignes ce mercredi.

Photos, vidéos, témoignages... Heure par heure, vivez une journée de vendanges, dans le Jura :

7h40 :
Pour couper le raisin il ne faut pas avoir peur de se lever tôt. Le rendez-vous est donné à 7h30 dans la petite commune de Nevy-sur-Seille, dans le Jura. Le soleil vient de se lever et les couleurs qui inondent les rangs de vignes sont sublimes. Le thermomètre affiche 9 degrés. Au domaine De Lahaye, on sirote un café chaud dans le garage, pendant que Guillaume Tissot, vigneron, fait le point sur les forces en présence, en compagnie d'Émilie Bourban, employée viticole au domaine. Huit vendangeurs sont présents pour ce premier jour. D'autres viendront les rejoindre dans la semaine. Les vendanges devraient durer jusqu'au vendredi 20 septembre.
 
© France 3 Franche-Comté / Sarah Rebouh
© France 3 Franche-Comté / Sarah Rebouh
© France 3 Franche-Comté / Sarah Rebouh
© France 3 Franche-Comté / Sarah Rebouh

8h : Une fois le café avalé, on embarque dans les voitures pour se rendre aux vignes situées à quelques kilomètres du chai, sur la commune de Voiteur. Après quelques explications de Guillaume et la nomination du bouilleur, celui qui reçoit dans son dos les caisses de raisins pour les déposer près du camion, le top départ est donné dans les vignes.
 
© France 3 Franche-Comté / Sarah Rebouh
© France 3 Franche-Comté / Sarah Rebouh

8h30 : Parmi les coupeurs présents, on compte quelques novices. Émilie, que tout le monde surnomme Rico, et Guillaume Tissot donnent les consignes de base pour éviter l'accident et être efficace. Le but est évidemment de ne pas se couper un doigt avec le sécateur et de ne pas oublier de précieux grains. C'est d'ailleurs toute une technique. "Il vaut mieux prendre le raisin par en bas et recevoir la grappe dans la main, comme ça tu as moins de risque de te couper un doigt" conseille Émilie à un jeune homme dont ce sont les premières vendanges. 

Aujourd'hui, les premières grappes récoltées serviront à faire du Crémant.


"De plus en plus dur"


9h30 : "C'est de plus en plus dur de trouver des vendangeurs. Cette année, j'ai mis une annonce sur Leboncoin. Ça a marché un peu. C'est un travail difficile payé à 10 euros 03 brut de l'heure. J'aimerais bien les payer plus mais nous avons beaucoup de charges" nous explique Guillaume Tissot, qui travaillait seul à l'année sur son domaine jusqu'à ce qu'il embauche Émilie, il y a quelques mois. 
 
Guillaume Tissot, fait partie du comité interprofessionnel des vins du Jura. / © France 3 Franche-Comté / Sarah Rebouh
Guillaume Tissot, fait partie du comité interprofessionnel des vins du Jura. / © France 3 Franche-Comté / Sarah Rebouh

Le quadragénaire fait partie des quelques 200 vignerons du Jura. Installé depuis 2003, il vend principalement son vin aux particuliers en parcourant la France lors des différents salons. Au total, il en fait une bonne dizaine par an. "J'ai réduit le nombre. Avant j'en faisais 20 par an, mais c'est un travail énorme" confie Guillaume, qui travaille régulièrement avec son père, retraité, mais toujours à ses côtés en cas de besoin.
 

"Tout le monde est en règle"


Derrière nous, plusieurs véhicules passent sur le petit chemin bétonné. Les voitures transportent beaucoup de vendangeurs. Pour bon nombre, ils semblent d'origine africaine ou afghane. "C'est le domaine d'à côté. Ils ont un gros domaine. Parfois, ils ont jusqu'à 100 vendangeurs. Tout le monde est en règle forcément, nous sommes contrôlés. Ça arrive que les gendarmes viennent avec les contrôleurs. Même si des gens voulaient faire du bénévolat, nous sommes obligés de payer des charges sociales sur leur emploi. C'est obligatoire, ne serait-ce qu'en cas d'accident" nous explique le vigneron qui classe son exploitation dans la catégorie "petite-moyenne". 

9h44 : C'est l'heure de la pause dans les rangs. Les vendangeurs ont 10 minutes avant de reprendre le sécateur. Ils s'approchent du camion et ouvrent une bouteille de blanc. Le moment est convivial et permet à tous de se détendre un peu les membres. 
 

10h30 : Les vendangeurs sont repartis au turbin. Dans les rangs, on continue à blaguer. Un groupe de 4 coupeurs se connait bien. Ça chambre à tout va, notamment sur le rythme de chacun pour couper les grappes. Les plus jeunes et nouveaux sur le domaine sont plus discrets mais travaillent efficacement. Des binômes ont été constitués. Chaque binôme a en charge un rang et progresse ensemble. Le but est d'arracher un peu les feuilles pour laisser apparaître les raisins, puis de bien les couper à la tige. 
 
© France 3 Franche-Comté / Sarah Rebouh
© France 3 Franche-Comté / Sarah Rebouh

11h22 : Le poste du "bouilleur" est parfois redouté. Pourtant, certains préfèrent porter la grosse hotte chargée de raisin plutôt que de couper les grappes. En l'absence de Romain, "bouilleur officiel", le chef a choisi le bouilleur du jour. "Simon parce que c'est le plus costaud. Il peut porter entre 50 et 80 kg sur le dos dans sa hotte. C'est assez difficile mais cela dépend des goûts" explique Guillaume Tissot.

Simon est tout jeune. Il n'a que 20 ans et ce sont ses premières vendanges. "J'ai arrêté mes études et je cherche à faire un peu d'argent cette année. Je faisais des panini pendant un temps à Besançon. C'était moins difficile que les vendanges ! Ce serait mieux si les sangles étaient un peu rembourrées" sourit-il, tout en étalant des mains le raisin dans les caisses situées au pied des rangs. 

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Plus le rang est long, plus la tâche du jeune homme est difficile en raison des distances plus longues à parcourir. "La bouille !" crient les coupeurs dans la vigne ce qui oblige Simon a garder un certain rythme et à multiplier les efforts. 

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12h04 : Le dernier rang est terminé. La première récompense de la journée arrive : le déjeuner ! Les vendangeurs chargent les caisses pleines dans le camionnette et reprennent la route du chai, à Nevy-sur-Seille. 

13h : Le repas est l'occasion de reprendre des forces pour les vendangeurs. Au menu : terrine en entrée, cuisse de poulet pommes de terre, comté et morbier et gateau au sucre en dessert. Pas le temps pour la sieste, dès 14h, tout le monde est de retour dans les vignes. On change de secteur pour vendanger à l'entrée de Nevy-sur-Seille. 

14h30 : Guillaume fait régulièrement des aller-retours au pressoir situé à quelques kilomètres, sur la commune de Domblans. Là-bas, Jean-Pierre, son père, surveille le processus. La cuve installée dans l'entrepot peut contenir 25 hectolitres. "On sort 800 à 1000 litres par pressées, à raison de 2 pressées par jour d'environ 2h30" détaille Guillaume Tissot. Après chaque pressée, un nettoyage à l'eau est nécessaire

De nombreuses étapes ont lieu avant la mise en bouteille. Le débourbage permet d'extraire les boues après le pressage, un tri des particules doit être effectué puis plusieurs fermentations sont nécessaires. Il faut 9 mois minimum entre la récolte et la vente des vins pour les petites années. 

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Le domaine De Lahaye vend entre 15 000 et 20 000 bouteilles par an pour des tarifs allant de 7€50 pour le rosé à 31€ pour le Château-Chalon. Le Crémant, récolté ce jour, se vend 10€ la bouteille.
 

Du côté du pressoir...


Des efforts physiques intenses


15h45 : Après une petite pause bien méritée, les vendangeurs retournent dans leur ligne. La coupe n'est pas compliquée, mais ce qui est dur c'est de supporter les efforts physiques. Les dos sont courbés, les jambes pliées, les bras sont à la perpendiculaires pour dénicher les grappes. Chacun sa technique : certains se baissent d'autres vendangent les fesses par terre. 

16h20 : La première après-midi est toujours compliquée pour les saisonniers. Il faut gérer la fatigue, les muscles et les corps qui tirent. Après deux ou trois jours, les courbatures finiront par se dissiper. Pourtant, chaque année, certains reviennent. Les salaires sont bas et les efforts conséquents. C'est avant tout pour l'ambiance qu'on vendange. Jean-Charles, le doyen du groupe en terme d'années de présence, travaille presque chaque fin d'été sur ce domaine et ce depuis 2007. 

17h : La première journée touche à sa fin. Les caisses sont bien remplies et retournent dans le camion direction le pressoir. Les vendangeurs rêvent à présent d'une douche chaude mais ce soir c'est camping, sans sanitaires. Cela n'entâche pas leur bonne humeur. Ils dorment en tente, sur un terrain près des vignes... mais avec apéro et barbecue au menu !

Revivez en images cette journée dans les vignes du Jura, à Nevy-sur-Seille :
Une journée de vendanges dans le Jura, à Nevy-sur-Seille

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