Besançon : 5e jour de grève à l'entreprise d'outillage Stanley, l'accord sur l'intéressement ne convient pas à la CFDT

Crainte sur le site de Stanley à Besançon. A l’appel de la CFDT, les salariés de l’entreprise de fabrication de pinces pour l’outillage sont en grève « illimitée » en raison d’un désaccord avec la direction sur l’accord d’intéressement. 

Selon la CFDT, 99 des 100 salariés de Stanley Besançon seraient en grève.
Selon la CFDT, 99 des 100 salariés de Stanley Besançon seraient en grève. © Franck Ménestret - France Télévisions

Petits croissants et café le matin, barbecue le midi. Et klaxon à tout-va de 7h à 15h. L’ambiance sur le site de l’entreprise Stanley, rue Auguste Jouchoux, à Besançon semble festive. Mais ce n’est qu’une apparence car les ouvriers sont mobilisés depuis mardi 8 juin 2021. La raison : un désaccord avec la direction au sujet de l’accord d’intéressement.

« Trois ans après la signature, cet accord arrive à échéance. La direction propose 10,4% d’intéressement, contre 7,6% actuellement, c’est très bien, sauf que la direction impose 10,4% avec les bonus et nous, nous voulons 10,4% sans les bonus » expose Babacar Kebe, délégué CFDT.

Des objectifs difficiles à atteindre

Selon le syndicaliste, dans les 10,4% d’intéressement seraient compris les bonus sur le taux d’absentéisme, sur le taux de rebus annuel, c’est-à-dire de pinces mal produites, et le bonus sur le nombre de pinces vendues. « C’est difficilement atteignable » assure Babacar Kebe. « Nous avons une population salariale âgée, la plupart des ouvriers ont la cinquantaine, nous ne pouvons pas tenir ce rythme ».

Pour la direction, les 10,4% sont déjà un bel effort. « Le bonus absentéisme a été revu pour une simplification au niveau de l’atteinte. Il était précédemment basé sur la meilleure des trois années. Aujourd’hui, nous avons fait la moyenne des trois dernières années de l’ensemble des sites pour avoir un taux d’absentéisme facilement atteignable par les salariés » expose Adrien Dechaume, président de Stanley Black&Decker Manufacturing. « Il ne faudrait pas non plus mettre en cause les prochains investissements et l’arrivée de nouveaux produits pour continuer à faire vivre le site de Stanley à Besançon ».

Un accord d'intéressement moins élevé que dans les autres entreprises du même groupe

Les salariés de Tools à Besançon, qui appartient au même groupe, ou Stanley à Paris, ont signé un accord d’intéressement de 15%. « Nous ne voulons même pas autant, nous ne voulons que 10% mais sans les bonus » martèle Boubacar. « Nous ne sommes pas trop gourmands ».

Le dernier délai avant la signature du nouvel accord est fixé à mardi 15 juin midi, à l’heure donc du barbecue et pile-poil une semaine après le début de la grève.

La direction prévient que si les syndicats ne signent pas, les salariés seront privés de prime d’intéressement pendant trois ans. La CFDT renchérit à son tour « si la direction s’oppose toujours, la mobilisation s’intensifiera avec notamment le blocage du site. On est dans une grève illimitée » renchérit Babacar Kebe.

Stanley avait perdu le marché des pinces Fatmax

En février 2021, c’était la session syndicale CGT, non représentatif au sein de la société Stanley, qui s’était mobilisée pour exprimer ses craintes après la perte du marché des pinces Fatmax. Le marché représentait 30% du chiffre d’affaire de l’entreprise.

Le syndicat s’inquiétait notamment pour la pérennité du site et les 120 emplois. Selon elle, le service R&D, recherche et développement, avait quasi-disparu, des « salariés étaient licenciés pour insuffisance professionnelle avec des dossiers montés de toute pièce » avait aexpliqué la CGT dans son communiqué. Ce qu’avait démenti la direction.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
social économie