Besançon : la version de la chute mortelle de Seïf Eddine est confirmée par l'enquête selon le procureur

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Écrit par Catherine Eme-Ziri avec AFP

Étienne Manteaux, procureur de Besançon, confirme que Seïf Eddine est décédé des suites d'une chute alors qu'il était poursuivi par le gérant d'une boîte de nuit et un salarié. La famille du jeune homme affirme qu'il a été battu à mort par ces deux hommes ou les policiers.

Le dimanche 24 juillet, Seïf Eddine avait été retrouvé, dans le quartier de Tarragnoz, au pied d'un mur blessé gravement. Il devait décédé quelques heures plus tard à l'hôpital. Deux versions s'opposent : il aurait chuté d'un mur alors qu'il était poursuivi par le gérant d'une boîte de nuit qui lui en avait interdit l'accès ou, version de la famille du jeune décédé, il aurait été battu à mort par cet homme et un salarié. Ou par les policiers lancés, eux aussi, à sa poursuite. 

Les communications téléphoniques avec la police confirmeraient la thèse du gérant et des policiers

Selon le parquet de Besançon, l'enquête sur cette affaire corrobore les dires des policiers et du gérant de l'établissement lancés à sa poursuite du jeune homme âgé de 24 ans. Les policiers et le gérant, qui avait demandé leur intervention, sont restés en permanence en communication téléphonique avec le Centre d'information et de commandement de la police lors de la poursuite. 

À aucun moment on entend des hurlements, des coups

Étienne Manteaux, procureur de la République de Besançon

 Etienne Manteaux ajoute même qu'il s'agit d'une "avancée importante de l'enquête".
 Il explique : "L'exploitation de ces bandes audio est totalement compatible avec la version
donnée jusqu'alors par les policiers et par ce gérant de discothèque et son salarié" et il précise que "les policiers n'ont jamais été au contact" du jeune homme avant sa chute.
 

 

Une marche blanche en mémoire de Seïf Eddine, 24 ans, s'est déroulée dimanche 31 juillet, une semaine après son décès. Son père Karim Boulazrega avait assuré que son fils avait "été battu à mort", exigeant "la justice et la vérité".

Retour sur une soirée dramatique


Le jeune homme s'était présenté dans la nuit vers 03H00 à la porte de la discothèque dont l'accès lui avait été refusé. "C'est l'état d'excitation important dans lequel il se trouvait
qui a amené les portiers à lui refuser l'accès" et "absolument pas un motif racial", selon Étienne Manteaux.
Seïf Eddine avait alors dégradé partiellement une caméra de vidéosurveillance avant de
fuir, poursuivi par un videur et le gérant de l'établissement, un ancien fonctionnaire de police.
Les policiers qui l'avaient éclairé avec leur lampe torche alors qu'il se trouvait sur la pente très forte de la Citadelle de Besançon avaient "très peu de temps après entendu un bruit sourd" et demandé l'intervention des pompiers et du Samu, toujours selon le magistrat.

Le corps de Seif Eddine a été retrouvé peu après par les forces de l'ordre, au pied d'une muraille de 4,5 mètres.

Étienne Manteaux précise que l 'enquête préliminaire en recherche des causes de la mort se poursuit. Les résultats d'expertises toxicologiques et anatomopathologiques pratiquées sur le corps du défun tont été  dévoilés par l'Est Républicain. Seif Eddine avait 1.98g d'alcool dans le sang lors de sa chute.
Une plainte pour homicide volontaire a par ailleurs été déposée par Me Arié Alimi,
conseil du père de la victime, spécialiste des dossiers de violences policières.

L'avocat poursuit la procédure et attend qu'un juge d'instruction soit désigné. Il souhaite entre autre avoir accès aux procès verbaux des témoins. Écoutez le répondre aux questions de notre journaliste.