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A Besançon, le long combat des mélomanes pour obtenir une “vraie salle de concerts”

Le musicien Jordan Gudefin dirige l'orchestre national de Lyon lors du festival de Besançon, en 2017. / © Sebastien Bozon / AFP
Le musicien Jordan Gudefin dirige l'orchestre national de Lyon lors du festival de Besançon, en 2017. / © Sebastien Bozon / AFP

A une semaine de l'ouverture du festival de musique de Besançon, un des plus renommés en France, un collectif interpelle les candidats aux prochaines élections municipales sur le manque d'infrastructure dédiée à la musique classique. Un paradoxe qui pose problème depuis deux décennies.

Par Antoine Belhassen

"Au théâtre Ledoux, l'inconfort physique se mêle à l'inconfort accoustique", s'attriste Jean-Michel Badet. Le président de l'association des amis de l'orchestre Victor Hugo de Besançon n'y parvient plus : "Je mesure 1 mètre 85. L'homme moyen a pris 14 centimètres depuis l'époque de Claude-Nicolas Ledoux... Je ne dois pas être le seul à manquer de place pour mes jambes". L'ancien docteur continue, tout de même, de se rendre à l'imposante salle du centre-ville. Pour cause : il est un passioné de musique classique. Et le théâtre reste le lieu privilégié de l'orchestre de la ville. Faute d'autre infrastructure.

Jean-Michel Badet a lancé une pétition en ligne, au début de l'été, "pour une vraie salle de concerts à Besançon". La lettre ouverte est destinée à l'ensemble des candidats aux élections municipales de 2020. En un mois, plus de 850 personnes ont déjà soutenu l'initiative du collectif "Des murs pour nos oreilles", dont fait partie M. Badet. Des collectifs, des musiciens et des mélomanes soutiennent le projet : "Ce serait idéal de trouver une salle avec une vraie qualité sonore, un espace spécialement dédié aux musiques accoustiques. Il y va de l'attractivité de la ville et de la région", appuie David Olivera, délégué général de l'orchestre Victor Hugo.


L'hôpital Saint-Jacques comme nouvelle scène ?


Dans la capitale franc-comtoise, les infrastructures culturelles ne manquent pas. La dernière en date, La Rodia, inaugurée en 2011, rencontre un vrai succès. Mais elle est consacrée aux "musiques amplifiées" : le rock, l'électro, le hip-hop... Quelques scènes sont destinées à la musique classique mais elles présentent des problèmes d'accoustique ou des capacités limitées.

Cliquez sur les points pour avoir les détails des différentes infrastructures : 

L'hôpital Saint-Jacques n'a pas encore déménagé que se pose déjà la question de son avenir. Le vieil édifice du centre historique de Besançon devrait être racheté par le groupe Adim-Vinci, dans les prochains mois. Aucun projet n'est encore officiel. Pourtant, le collectif imagine déjà pouvoir réhabiliter les lieux pour y installer une salle "modulable, permettant des concerts dans de bonnes conditions, ainsi que des congrès."

Un projet vieux de quinze ans


Le rêve semble fou. D'autant plus que ce combat dure depuis plus de quinze ans. "A l'époque où il était encore directeur du Festival de musique de Besançon, Bernard Sertout avait essayé d'interpeller la mairie. Il avait un projet solide et nous avons cru, à un moment, que tout allait se débloquer. Mais la volonté politique n'y était pas...", se désole Jean-Michel Badet.

Près de vingt ans plus tard, rien n'a changé. Mis à part le paradoxe, qui s'est accentué. Le Festival international de musique de Besançon a pris de l'importance, l'orchestre Victor Hugo détient dans ses rangs une trentaine de musiciens permanents depuis le début de l'année... Mais toujours aucune esquisse d'une salle adaptée.

La course aux élections municipales de 2020 n'a pas encore commencé que les candidats sont déjà sollicités sur un vieux dossier qui pourrait redonner à la ville et à sa scène musicale, toutes ses lettres de noblesse.

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