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Besançon : une campagne d'affichage en centre-ville dénonce les féminicides recensés cette année en France

L'installation vise à interpeller les passants sur l'un des ponts piétons les plus passants de Besançon / © Adrien Gavazzi, France 3 Franche-Comté
L'installation vise à interpeller les passants sur l'un des ponts piétons les plus passants de Besançon / © Adrien Gavazzi, France 3 Franche-Comté

Les auteures des affiches, qui se revendiquent féministes, souhaitent pour l'instant rester anonymes. D'autres opérations sont prévues avant fin 2019.

Par Adrien Gavazzi

Depuis début mai, difficile de traverser le pont Battant, l'un des plus empruntés des piétons à Besançon, sans détourner le regard vers le Doubs qu'il surplombe. Accrochées sur les grilles anti-chute, recouvrant çà et là quelques cadenas d'amour, des affiches en noir et blanc interpellent le passant. 

« Pouvez-vous me dire de quoi il s'agit ? », nous demande-t-on, avide d'information, supposant qu'un journaliste est sans doute dans la confidence. Pas cette fois. 

Cette fois, les responsables de cette campagne d'affichage non déclarée préfèrent rester anonymes : on n'en dira pas plus sur leur identité. Mais on vous explique leur démarche.
 
Contrastant avec le symbole des cadenas d'amour, la situation des femmes ici dénoncée n'en est que plus frappante / © Adrien Gavazzi, France 3 Franche-Comté
Contrastant avec le symbole des cadenas d'amour, la situation des femmes ici dénoncée n'en est que plus frappante / © Adrien Gavazzi, France 3 Franche-Comté

« On a voulu recenser tous les féminicides enregistrés depuis le début de l'année 2019, nous précise-t-on par téléphone : à une femme tuée correspond un portrait anonyme couché sur papier. On aimerait que les gens se rendent compte de la vitesse à laquelle le bilan s'alourdit . »

On aimerait que les gens se rendent compte de la vitesse à laquelle le bilan s'alourdit. 


Et pour cause : le 16 mars 2019, on déplorait déjà 49 féminicides en France depuis début janvier, selon le groupe Facebook «Féminicides par compagnons ou ex» sur lequel s'appuient les auteures des affiches, des militantes féministes revendiquées. Les détails sont dans la publication ci-dessous : 
 

Parmi les victimes : Céline, 32 ans ; Yaroslava, 44 ans ; Dalila, 50 ans ; d'autres encore de 60 ans et même 86 ans, dont le prénom n'a pu être identifié. Chaque année en France, une femme meurt tous les 2,5 jours sous les coups de son compagnon ou ex-conjoint. 

Si la Franche-Comté ne figure pas dans ce premier bilan 2019, la mort d'une Afghane tuée en pleine rue à Besançon fin 2018 est encore dans toutes les mémoires.
 

VIDEO. Besançon : 200 personnes dénoncent les violences conjugales et rendent hommage à Razia

L'appel au rassemblement avait été lancé pour 18 heures Place Pasteur. La mort de Razia, jeune femme afghane de 34 ans a émue toute une ville et les bénévoles de Solidarité Femmes qui avaient pris en charge la jeune femme et ses enfants. Un rassemblement silencieux et chargé de colère.


Idem pour la mère de famille victime de violences conjugales à Mandeure, dans le Doubs :
 

Mandeure : une femme de 21 ans décède de violences conjugales

Les faits se sont déroulés jeudi 25 octobre 2018 dans l'appartement du couple de Mandeure, dans le Doubs. Le compagnon de la victime a lui-même appelé les secours en disant "j'ai tué ma femme, venez vite", comme le rapporte France Bleu Belfort-Montbéliard.


Sans parler de l'affaire Alexia Daval, ultra-médiatisée depuis la découverte du corps de la jeune femme dans un bois des environs de Gray, en Haute-Saône. 
 

Affaire Alexia Daval : La mort d'Alexia, une affaire médiatique et judiciaire hors normes

Rarement une affaire aura tenu à ce point la France en haleine. La mort par strangulation d'Alexia Daval, sordide feuilleton judiciaire haut-saônois, vient de connaître un nouveau rebondissement spectaculaire : Jonathann Daval revient sur ses aveux et accuse son beau-frère d'avoir tué la jeune femme. Celui-ci nie formellement.



« On est ravis que ce problème soit pris à bras le corps par un maximum de personnes », s'enthousiasme Christine Perrot. La présidente de l'association Solidarité Femmes à Besançon salue la démarche des affiches, placardées dans la nuit de vendredi à samedi. Celles qui ont été accrochées en hauteur, de part et d'autre de la Grande-rue, ont depuis été enlevées.
 
Les affiches ont été disposées durant la nuit, en centre-ville de Besançon / © Droits réservés
Les affiches ont été disposées durant la nuit, en centre-ville de Besançon / © Droits réservés

Les auteures des affiches envisagent déjà d'autres actions, sans doute similaires, en septembre prochain à Besançon. « Quand plus de femmes auront été tuées », nous disent-elles. On aimerait leur dire qu'elles se trompent, qu'aucune autre femme ne tombera sous les coups de son conjoint ; mais comment leur donner tort ? 
 
Officiellement, 151 féminicides ont été recensés en 2017. Les chiffres de 2018 ne sont pas encore connus. / © Adrien Gavazzi, France 3 Franche-Comté
Officiellement, 151 féminicides ont été recensés en 2017. Les chiffres de 2018 ne sont pas encore connus. / © Adrien Gavazzi, France 3 Franche-Comté


 

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