Confinement : Bricolage et jardinage, gare aux accidents de la main, toujours plus nombreux

A l’approche des beaux jours, le service de chirurgie plastique du CHU de Besançon veut sensibiliser les franc-comtois sur la multiplication des accidents aux mains. Des traumatismes de plus en plus fréquents en période de confinement.

 

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Illustration. © Pierre HECKLER / MAXPPP

C’est l’une des nombreuses conséquences du confinement dans notre région. Le bricolage, le jardinage, la cuisine, font partie des activités largement plébiscitées par les Franc-Comtois, qui sont également nombreux à se blesser - notamment aux mains - en pratiquant ces différents passe-temps.

Les accidents en hausse pendant le confinement

Le constat ressort d’une étude menée par une équipe d’internes du service orthopédique et plastique chirurgie de la main au CHU de Besançon. "L’an dernier, pendant le confinement, les patients affluaient dans notre service de traumatologie. En on s’est vite aperçu que les traumatismes de la main étaient beaucoup plus nombreux que d’habitude" se souvient le docteur François Loisel, praticien hospitalier au sein de ce service.

Et les statistiques qui ressortent de l’étude comparative sont sans appel. En 2019, le service des urgences traumatologiques de Besançon avait accueilli 3046 patients entre les mois de mars et mai, dont 490 présentant un traumatisme à la main (environ 16%). En 2020, pendant la même période qui correspond donc à celle du confinement, les patients ont logiquement été moins nombreux, 1428 au total, mais 318 personnes présentaient alors une blessure à une main, soit 23%.

le bricolage et la manipulation d'outils responsables des accidents de la main ?
le bricolage et la manipulation d'outils responsables des accidents de la main ? © Rafael Ben-Ari / MaxPPP

"On s’est rendu compte que ces accidents étaient souvent liés à des problèmes de prévention, d’entretien de machines, de sécurités enlevées pour aller plus vite par exemple" détaille le docteur Loisel, "Nous vivons dans une région très boisée où les gens travaillent le bois, jardinent, surtout pendant le confinement. Il faut donc redoubler de vigilance" poursuit le médecin bisontin, qui dit craindre une recrudescence des accidents et traumatismes de la main avec l’arrivée des beaux jours.

Parfois des séquelles à long terme

"Une coupure, une plaie, c’est très vite arrivé. Surtout quand on a beaucoup moins l’habitude d’utiliser tel ou tel engin" rappelle François Loisel, "La main est fragile. Et les conséquences peuvent être parfois beaucoup plus importantes qu’on ne l’imagine".

En effet, le service de chirurgie de la main du CHU accueille surtout des patients atteints de plaies, de fractures, mais aussi d’infections susceptibles d’entrainer des difficultés sur le long terme : "Si on incite les gens à faire attention, on les invite aussi à venir consulter à la moindre complication. Avec une plaie, un tendon ou un nerf touché, la rééducation peut être très longe, et les séquelles peuvent être très importantes sur la main" explique le médecin.

Une salle médico-chirurgicale au CHU de Besançon
Une salle médico-chirurgicale au CHU de Besançon © NICOLAS BARREAU - MAXPPP

Ce sont notamment les prises en charge microchirurgicales (interventions nécessitant un microscope) qui peuvent compliquer les soins, et la rééducation d’une main. Selon l’équipe du service traumatologie de Besançon, "ces chirurgies ne sont pas forcément simples à réaliser dans le contexte actuel de pandémie et de saturations des services dans les hôpitaux".

"Mieux vaut prévenir que guérir"

En France selon statistiques enregistrées par la fédération des services d'urgence de la main (FESUM), l’incidence des traumatismes aux mains est estimée à environ 1 400 000 par an, qu’il s’agissent d’accidents de travail (environ 30%), d’accidents domestiques ou de loisirs (70%). Des chiffres qui deviennent donc encore plus importants en période de confinement, au regard de l’étude menée à Besançon.

"On tient vraiment à sensibiliser les gens à ce sujet. Soyez prudents, n’utilisez pas de machines ou de matériaux que vous ne connaissez pas bien sans avoir pris les précautions nécessaires" souligne François Loisel. Vous l’aurez compris, quand le printemps revient, de vos mains essayez de prendre soin 

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