Déconfinement : incompréhension et sentiment d'injustice pour les boîtes de nuit de Besançon

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Écrit par Loris Trullard

Le gouvernement a annoncé, dans la nuit de vendredi à samedi 20 juin, que les boîtes de nuit resteront fermées jusqu’à septembre. Incompréhension chez les professionnels du monde de la nuit.

Alors que les salles de cinéma et les casinos ouvrent de nouveau leurs portes ce lundi 22 juin, les discothèques, elles, doivent encore attendre. « Je ne comprends absolument pas » lance Antonin Borie, responsable de la discothèque bisontine l’Antonnoir. Selon lui, la décision du gouvernement est « ahurissante et injustifiable. »

 

« On s’attendait à rouvrir en même temps que les bars » explique Antonin Borie

 

Antonin Borie estime « qu’à partir du moment où les bars peuvent rouvrir, il faut autoriser la réouverture des boîtes de nuit. » Il considère que « la décision d’une réouverture en septembre n’a aucun sens et va tuer le monde de la nuit. » La perte financière de cette fermeture prolongée de l’Antonnoir est évaluée à 150 000 euros.

« Tous les gérants de boîtes de nuit partagent ce sentiment d’injustice » précise Mickaël Profeta, responsable du Styl. « Quand on voit que les règles de distanciation ne sont pas respectées ailleurs, on ne comprend pas pourquoi les discothèques ne sont pas autorisées à rouvrir » poursuit-il. Cette boîte de nuit du centre-ville de Besançon n’a jamais été fermée aussi longtemps en 14 ans d’existence.

 

De nombreuses inquiétudes en plus de la longue attente vers une réouverture

 

« On ne sait pas où on va, il y a énormément d’incertitude » s’alarme Mickaël Profeta. Celui-ci explique avoir la crainte « que le virus se propage et qu’on reste fermé encore plus longtemps » lorsqu’il voit que certains ne respectent pas les gestes barrières

Les responsables des deux discothèques bisontines dénoncent l’organisation de soirées rassemblant beaucoup de personnes. « Des gens louent des maisons privées pour faire des soirées » explique Mickaël Profeta. « On a vraiment l’impression d’être oublié » ressent-il.

Les deux Bisontins redoutent aussi une baisse de fréquentation de leurs établissements. « Ces restrictions vont pousser, par exemple, les jeunes à organiser des soirées dans leurs appartements et à ne plus consommer chez nous » imagine Antonin Borie.

« Les gens vont aller n’importe où pour faire n’importe quoi et le virus se répandra pareil » pense le gérant de l’Antonnoir. « Les établissements professionnels proposent un personnel attentif et un encadrement de sécurité » ajoute-t-il.

 

 

L’association BBRBU publie une lettre ouverte aux trois candidats aux élections municipales de Besançon
Antonin Borie est aussi le président de l’association BBRBU (pour Bar Boîtes Restos de Besac Unis). Celle-ci a été créée pendant le confinement pour permettre aux gérants de restaurants, bars et discothèques de « s’exprimer face à la crise économique qui accompagne l’épidémie de Covid-19 et dont ils sont déjà victimes. »

L’association a rédigé le 17 juin 2020 une lettre ouverte aux candidats du second tour des élections municipales de Besançon. Celle-ci demande « un soutien fort et concret » aux têtes de liste envers les établissements représentés par BBRBU et le projet porté par ceux-ci qu’est l’organisation d’un évènement musical place de la Révolution en septembre.