Guerre en Ukraine : “je pleure pour ceux restés là-bas”, les larmes des premiers réfugiés arrivés près de Besançon

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Écrit par Sophie Courageot avec Elise Rouard

Ce vendredi 4 mars, plusieurs membres d’une famille ukrainienne sont arrivés sur la commune de Larnod près de Besançon (Doubs). Un moment de retrouvailles teinté d’une forte émotion.

Le minibus arrive enfin. A bord, une mère, ses trois enfants de 3 à 10 ans. Et leurs grands-parents. Ils ont fui les combats à Kiev.

Denis Michel et son épouse Tetiana qui vivent en France sont allés chercher les membres de leur famille jusqu’à la frontière avec la Pologne. Un voyage épuisant. Mais vital. 

Les bras s'enlacent. Se réconfortent. Les enfants retrouvent le sourire. Mais pour Yelena, la grand-mère, le soulagement d’être à l’abri est teinté de douleur. “J’ai mal pour mon pays, je pleure pour mes amis restés là-bas. Il y a les bombes, on ne peut plus dormir. On a peur” dit-elle. “Ce qu’on vit est un cauchemar, quand est-ce que ça va finir, on veut vivre dans notre pays, rentrer en Ukraine” lance Yelena revenue en France avec ses petits enfants.

Elle était déjà venue dans le Doubs voir ses filles ukrainiennes pour quelques jours de vacances. Ce séjour imprévu, après des heures d'exode commence pour une durée indéterminée.

Pour Elena, l'une des soeurs installée en France depuis 2012, c’est le soulagement de voir ses proches loin des combats.

Ils voulaient rester là-bas. Tous les jours, on leur disait de partir. Je suis contente qu’ils soient venus. Je ne dormais plus, je vérifiais tous les matins s’ils étaient vivants.

De cette famille, une autre soeur est encore bloquée en Pologne. Denis et Tatiana ont fondé une association "Soutenons les Ukrainiens", ils veulent aller chercher d'autres personnes.

"On a vu sur les visages, dans les yeux des gens la terreur"

Denis Michel n’a pas hésité à aller chercher sa belle-famille par la route. 4000 km. 37 heures de route. 

“On sait que là-bas, il y a encore beaucoup de monde. On a vu sur les visages, dans les yeux des gens, la terreur. Ils ont peur. Là-bas à la frontière, tout est bien organisé. C’est l’armée et la police qui gèrent les dons. Il y a des tentes, des produits d’hygiène, de l’alimentation. Il ne faut surtout plus donner de vêtements. Ils ne savent plus quoi en faire” précise Denis. La priorité : des rangers pour les hommes qui partent défendre leur pays. Des gants pour ne pas se brûler avec les armes et se protéger du froid. Des lampes frontales.

Pour les Ukrainiens, ce Franc-Comtois est très inquiet. Face à un Vladimir Poutine qui ne recule pas et prend pour cible les centrales nucléaires.

Plus de 1,2 millions de personnes ont fui l'Ukraine depuis le début de l'invasion russe, selon les derniers décomptes de l'ONU en date du 4 mars.