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Mort de l'artiste-peintre Daisy : redécouvrez son oeuvre

De son vrai nom Simonne Point, née Perret-Gentil, l'artiste-peintre Daisy est décédée cette semaine dans la commune où elle résidait à Montferrand-le-Château. Bien connue des Comtois, elle avait exposé dans les galeries de Besançon et alentours et donné des cours de nombreuses années durant. 
Née en 1930, dans une famille de commerçants, Simonne Daisy (son futur nom d'artiste) Léone Perret-Gentil commet son premier acte de rébellion en rentrant aux Beaux-Arts à 16 ans. Elle y côtoie notamment le sculpteur et peintre Georges Oudot et le sculpteur Jean Gilles. Puis à 18 ans elle se marie et fait trois enfants, mettant entre parenthèses sa vie d'artistes pour aider son mari, héritier et directeur du grand hôtel de l'Europe, grande institution bisontine rue de la République. 

Ce n'est donc que dans les années 1960 que Daisy s'autorise à reprendre les pinceaux et consacrer du temps à sa passion malgré le désintérêt de son mari. "Pour mon père, témoigne Françoise Dardy, la fille aînée de l'artiste, ce n'était que de la barbouille, de l'amusette ! C'était un commerçant, les pieds sur terre, pour qui seul l'argent comptait. " L'artiste investit l'ancien atelier de Lucien Pillot, dans un appartement au quatrième étage place du marché, qui deviendra place de la Révolution. 

C'est là qu'elle expose le plus souvent, donne des cours et aperçoit les scènes de vie qui l'inspirent. "Ma mère a fait beaucoup de natures mortes et de paysages, parce que c'est ce que le public régional voulait, poursuit Françoise Dardy. Mais au bout d'un moment, elle en a eu assez. Ce qui l'intéressait, c'était les personnes vivantes. Les danseuses, les gens dans la rue...Et même quand elle se remettait à peindre des fleurs, elles n'avaient rien de figé. Je lui disais, "ce ne sont pas des natures mortes, tes fleurs, elles galopent !" L'artiste alterne les peintures à l'huile, les aquarelles ou les lavis. Expose et vend régulièrement des toiles, mais toujours dans la région, refusant des opportunités à Paris ou ailleurs pour s'occuper de sa famille. 
 

Un succès régional, une carrière qui aurait pu être nationale



"C'était une femme gonflée, osée, elle allait de l'avant, mais c'était aussi une femme de son époque, soupire Françoise Dardy. Elle avait conscience de ne pas forcément avoir été reconnue à son juste niveau de son vivant." Elle aura néanmoins vendu des toiles toute sa vie et peint encore trois semaines avant sa mort, avant que le cancer ne la rende trop faible pour tenir un pinceau. 

Comme le disait le journaliste Gérald Dalmaz à l'occasion d'une exposition en 1973, "Daisy mérite mieux que de l'estime. Il y a quelque chose d'unique, de dépouillé et d'attachant dans ses oeuvres...surtout dans ses paysages de Thoraise, d'Abbans-Dessus, ses neiges de Chapelle-des-Bois ou ses lavis d'Ornans, de Lods et d'Arbois."

"C'était une vraie artiste, elle jouait aussi du piano, précise son neveu Paul Nevière. Elle a transmis d'ailleurs cette fibre à ses enfants." Les trois peignent, même si les deux aînés s'accordent pour dire que c'est le petit dernier Michel Point, le plus doué. 

Le journaliste Jacques Paté avait fait son portrait en 1985 dans son atelier au-dessus de la place du marché de Besançon (devenue place de la Révolution), au milieu de ses toiles et en compagnie de son caniche. 
 
Portrait de la peintre Daisy dans son atelier de Besançon en 1985.

À l'occasion d'une exposition à Besançon en 1990, Claude Szarwasky et Michel Cohalier lui consacrent également un reportage. 
 
L'artiste peintre Daisy expose en 1990 à Besançon

Les obsèques de Daisy seront célébrées vendredi 27 juillet à 10h au temple protestant de Besançon. 
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