Plus rapide, plus grand : le nouvel hélicoptère du CHU de Besançon permet d'aller "encore plus loin dans les soins en vol"

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Écrit par Laurie Henriet .

Le nouvel hélicoptère du CHU de Besançon, inauguré ce mercredi 5 octobre, permet de réduire le temps de prise en charge des patients et d’améliorer la qualité des soins en vol. Mais son arrivée ne règle pas le manque d’urgentistes, dénoncent les syndicats.

L’appareil jaune fluo repose sur la piste, flambant neuf. Les apparences sont trompeuses. Si la présentation officielle s’est déroulée ce mercredi, le nouvel hélicoptère du CHU de Besançon vole déjà depuis plusieurs mois. L’appareil - un modèle H145 D3 - a effectué plus de 780 missions depuis son acquisition début janvier. Avec une vitesse de vol de 220 kilomètres en moyenne et un rayon d’intervention de 400 kilomètres, il place 90 % des franc-comtois à moins de 20 minutes de trajet du CHU bisontin. Il peut également faire un aller direct à Paris sans ravitaillement de carburant.

F-HBES, c’est son matricule, n’appartient pas à l'hôpital, et les pilotes et assistants de vol ne sont pas salariés du CHU. L’appareil, les équipes de pilotages et le mécanicien sont “fournis” par la société Mont Blanc Hélicoptères. Le prix d’une heure de vol s’élève à 1 300 euros et le montant de la prestation de l’HéliSMUR atteint 2.6 millions d’euros par an.

Plus loin, plus vite

Le nouvel HéliSMUR permet une meilleure et plus rapide prise en charge des patients. “Il est techniquement plus performant. Il permet d’aller plus loin et surtout de voler dans des conditions météorologiques plus difficiles, que ce soit l’hiver ou lors de fortes chaleurs. Plus on monte en altitude, moins il y a d’oxygène et moins il y a de portance. Cet appareil permet de contrebalancer, de compenser ce problème de portance” explique Emmanuel Luigi, directeur par intérim du CHRU de Besançon. Alors que les hélicoptères précédents rencontraient des difficultés au décollage à partir de 25 degrés, le nouvel engin décolle jusqu’à 40 degrés.

L'intérieur du H145 D3 est plus spacieux, permettant d'accueillir trois professionnels de l’urgence au lieu de deux et est équipé d’un mur de soin complet. “On nous offre une gamme d’outils qui nous permet d’aller encore plus loin dans les soins en vol” complète le docteur Jean-Marc Labourey, chef du Service d'aide médicale urgente (SAMU) 25. Il ajoute “Le but n’est pas de voler. Le but est de faire du soin en mobilité et bien sûr de sauver des vies ; de maintenir des gens dans des états stables pour pouvoir les confier à nos confrères des spécialités.” Autre avancée non négligeable, le nouvel HéliSMUR, peut accueillir un véritable brancard sur roues (le même que celui utilisé par les pompiers), réduisant toujours plus le temps de prise en charge.

“Cela ne règle pas le problème du manque d’urgentistes.”

Un communiqué de presse diffusé par le CHU indique que l’engin permet de répondre “à plus d’exigences de l'urgence héliportée et améliore ainsi la qualité de soins apportés aux patients pris en charge ainsi que les conditions d’exercice des professionnels de l’urgence”. Encore faut-il que les professionnels répondent à l’appel, soulignent les organisations syndicales. “On met un hélicoptère sur des équipes de SMUR qui sont déjà en difficulté. On a, sur le CHU, trois équipes, qui sont potentiellement sortables pour aller prodiguer des soins d’urgences vitales. En fait, depuis le 4 mai, on en a plus que deux, c’est un choix du chef de service. Et depuis quelques semaines, on s’aperçoit qu’on a souvent une seule équipe capable de sortir, faute de personnel” constate Marc Paulin, infirmier et membre du Collectif Soignants du CHRU de Besançon.

Ce dernier émet des réserves : “Cela ne règle pas le problème du manque d’urgentistes, autant du côté du personnel que des compétences”. À l’instar de l’ensemble du secteur de la santé, le manque d’urgentistes peine à trouver une issue. Le CHRU de Besançon cherche toujours à recruter.

La direction du centre hospitalier se veut néanmoins rassurante et assure qu’aucune des 13 lignes de SMUR de la région n’est menacée par l’arrivée du nouvel appareil. “C’est vraiment du plus. On n’ajoute pas pour réduire ailleurs.” affirme Jean-Marc Labourey. L’hélicoptère Dragon 25, plus ancien, reste mobilisable par le centre 15 pour les missions sanitaires.

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