Les temps forts du dernier jour du procès du Café du Théâtre à Besançon

 Arnaud Gijbels accusé d'avoir tué Pascal Legal le gérant du Café du Théâtre / © France 3 Franche-Comté - Pascal Sulocha
Arnaud Gijbels accusé d'avoir tué Pascal Legal le gérant du Café du Théâtre / © France 3 Franche-Comté - Pascal Sulocha

Arnaud Gijbels est reconnu coupable d'assassinat. Revivez minute par minute les dernières heures du procès. 

Par Sophie Courageot

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Les éléments de début de journée se trouvent en bas de page.

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15h38 : Dommages et intérêts

L'avocate des parties civiles précise les sommes demandées par les membres de la famille de la Pascal Legal au titre des préjudices physiques et psychologiques subis lors de ce drame. La cour confirme un instant plus tard les sommes qu'Arnaud Gijbels devra payer.

Les accusés condamnés ont 10 jours pour faire appel des peines prononcées.

Au terme de cinq jours d'audience, le procès s'achève à 15h55.

Verdict rendu. La photo de Pascal Legal est à nouveau présente dans la salle d'audience auprès de la famille de la victime. / © France 3 Franche-Comté
Verdict rendu. La photo de Pascal Legal est à nouveau présente dans la salle d'audience auprès de la famille de la victime. / © France 3 Franche-Comté


15h25 : La justice rendue


A l'énoncé d'un verdict plus lourd que prévu, les sœurs d'Arnaud Gijbels quittent la salle d'audience en larmes.
Dans son box Arnaud Gijbels n'exprime rien. 

Sur le banc de la partie civile, la famille de Pascal Legal lève le voile d'une photo de la victime amenée dans la salle d'audience au premier jour de procès.

15h18 : Le verdict tombe

Arnaud Gijbels est reconnu coupable de l'assassinat de Pascal Legal, le gérant du Café du Théâtre.

La cour d'assises du Doubs le condamne à 25 ans d'emprisonnement. Une peine supérieure aux réquisitions.
Un suivi socio-judiciaire de 5 ans est ordonné.

Elle condamne Marouane Chkarmi à 6 mois de prison avec sursis pour proxénétisme. Il avait présenté le jeune à la victime.


15h05 : L'audience va reprendre

La salle est pleine. Le verdict est attendu d'une minute à l'autre.


La salle d'audience de la cour d'assises du Doubs / © France 3 Franche-Comté : Pascal Sulocha
La salle d'audience de la cour d'assises du Doubs / © France 3 Franche-Comté : Pascal Sulocha


12h00 : Les jurés partent délibérer

Marouane Chkarmi qui comparait libre doit rester sous surveillance policière en attendant le verdict.


11h56 : « Jugez ce garçon avec humanité »

Les derniers mots de la plaidoirie de l'avocat d'Arnaud Gijbels

« Condamnez-le, mais ne l'éliminez pas de la société. Condamnez-le dans cette juste mesure, pour le faire rentrer dans la loi des hommes, cette loi dont il a été exclu dans sa plus tendre enfance par sa mère. Ne le réduisez pas à la totalité de son acte. Il n'est pas que cela Arnaud Gijbels.  Jugez ce garçon avec humanité  »


dit Maître Julien Vernet.

Arnaud Gijbels dans son box : « Je présente mes excuses à la famille. Pardonnez-moi. »

11h20 : Une enfance malheureuse

L'avocat raconte l'enfance cahotique d'Arnaud Gijbels. Et le témoignage bouleversant cette semaine à l'audience de sa mère, dans un silence de cathédrale.

En écoutant le récit de sa vie, l'accusé est recroquevillé dans son box, le visage caché.

L'avocat décrit un gamin devenu objet entre ses parents, sa famille. Un enfant en carence affective. Un adolescent au parcours d'errance, qui un jour de 2011 rencontre Marouane Chkarmi à la gare de Besançon.

« Arnaud est un enfant d'échec. Sa mère a fait la loi hors la loi des hommes »


L'avocat évoque un accusé devenu vulnérable au fil des ans. "Un métis à la gueule d'ange" proie idéale pour Pascal Legal qui aimait ce type de jeunes, dit l'avocat.

« Je pense que Pascal Legal était bon en société. Mais il a commis une erreur. Il aurait du dire à ce gamin, qu'il n'était pas assez costaud pour vivre cela »

« Le viol, je n'y étais pas » dit l'avocat. Mais il tente de convaincre les jurés que si Arnaud Gijbels n'en a parlé à personne, c'est par honte, par peur qu'on ne le croit pas.


11h10 : La plaidoirie de l'avocat d'Arnaud Gijbels

Maître Julien Vernet :

«Vous allez devoir juger cet homme mais pour juger vous devez comprendre. Pour cela on ne ne doit pas perdre de vue la vérité... et aller la chercher. Je suis un traqueur de vérité .. Nous avons le devoir de chercher la vérité, non par le regard ou des préjugés, mais avec notre cœur »

« Arnaud Gijbels n'est pas  une vulgaire ordure, un monstre qu'il faudrait anéantir. Quand on a le parcours qui est le sien... qu'est ce que la vie lui a donné comme bases solides pour être un homme comme vous ?. Qu'est ce qu'il a eu pour se construire ? »


10h45 : L'audience reprend dans quelques minutes


Arnaud Gijbels et son avocat Maître Julien Vernet / © France 3 Franche-Comté - Pascal Sulocha
Arnaud Gijbels et son avocat Maître Julien Vernet / © France 3 Franche-Comté - Pascal Sulocha


10h40 : « On n'est pas dans le proxénétisme» selon l'avocat

L'avocat de Marouane Chkarmi estime que les jeunes homosexuels qui se prostituaient en allant au Café du Théâtre cherchaient le plaisir, et une certaine liberté de mœurs. Et qu'ils acceptaient au final l'argent. Mais le « tarif » n'était pas fixé à l'avance. Pascal Legal selon lui pouvait donner de l'argent comme on offre un bouquet de fleurs, ou un repas au restaurant.

Pour l'avocat, Marouane Chkarmi n'a pas exploité les jeunes comme on exploite une femme prostituée dans les réseaux classiques.

L'avocat demande la relaxe de son client.


10h25 : La plaidoirie de l'avocat de Marouane Chkarmi

Maître Randall Schwerdorffer défend le proxénète présumé dans ce procès. L'homme qui a présenté Arnaud Gijbels à la victime. 

« Je plaide pour un homme de 34 ans qui a un casier judiciaire vierge. Dans le cadre d'une affaire où  on a oublié l'essentiel... Mon client a été sali.... Il était un ami intime de Pascal Legal »

« Celui qu'on a présenté comme le rabatteur de Pascal Legal de jeunes magrhébins prostitués, et bien il lui a présenté moins d'une personne tous les deux mois !.  Il n'y a pas de système Ckarmi, de réseau Chkarmi, de proxénète Chkarmi !! »


dit l'avocat très énergique dans sa plaidoirie.

L'homme en robe noire estime que le bouche à oreille dans la communauté homosexuelle de Besançon suffisait. Que les jeunes allaient d'eux-mêmes au Café du Théâtre.

L'avocat dénonce aussi le fait que plusieurs personnes impliquées à Besançon dans des faits de proxénétisme entre Besançon et le Maroc n'ont pas du tout été inquiétées dans cette affaire.

Maître Randall Schwerdorffer avocat de Marouane Chkarmi, proxénète présumé / © France 3 Franche-Comté - Pascal Sulocha
Maître Randall Schwerdorffer avocat de Marouane Chkarmi, proxénète présumé / © France 3 Franche-Comté - Pascal Sulocha


9h55 : L'audience reprend dans quelques minutes


Procès du Théâtre: les réquisitions
Reportage : Pascal Schnaebele et Denis Colle


9h45 : 22 ans d'emprisonnement requis contre Arnaud Gijbels

L'avocate générale souligne le sang froid d'Arnaud Gijbels qui a efface les traces ADN dans l'appartement. Qui vole sa victime. Tente de revendre ses affaires. Puis « fait ripaille au restaurant" dit-elle dans les jours qui suivent avec ses amis.

Et l'avenir ? : L'avocate est estomaquée qu'Arnaud Gibjels ait déjà tourné la page aux dires des psychiatres. L'accusé voudrait devenir une effigie d'une marque de mode aux USA.

"Je veux qu'on mette fin à tous ses projets. La seule perspective que je vois pour lui maintenant, c'est 22 ans dans une prison à réfléchir. »


L'accusé quitte le box pour une suspension de séance. Sa mère veut l'approcher. Leurs regards ne se croiseront pas.


9h40 : Alors que s'est il passé ?

Pour l'avocat général, Arnaud Gijbels a voulu « rentabiliser » au maximum une dernière relation sexuelle avec Pascal Legal. Elle pense qu'il a frappé et extorqué le code de la carte bancaire à la victime. Et frappé encore avec le couteau.
Elle esquisse quelques gestes de ce qui a pu être la scène. La maman de la victime écoute, le regard dans le vide.

« Je ne voulais pas le tuer, c'est à peu près tout ce qu'on a obtenu d'Arnaud Gijbels depuis une semaine. »


9h30 : La thèse du viol, elle n'y croit pas

Pour l'avocate général, Arnaud Gijbels a menti tout au long de ses versions. D'après elle, vindicte, sang froid ont guidé l'assassin dans son scénario du meurtre de Pascal Legal. « C'est un crime hors du commun » rappelle t-elle s'appuyant sur les conclusions du médecin légiste. Celui-ci avait rarement vu un tel acharnement.

Pour l'avocate, la thèse du viol a été mûrie, inventée de toute pièces. Aucune preuve scientifique, aucune expertise psychologique ne l'accrédite. (Arnaud Gijbels est penché dans son box et ne regarde pas Elisabeth Philiponet)

L'accusé s'est énervé hier lors de son procès montrant un visage agressif :

« Je me dis que s'il avait été violé par Pascal Legal, il n'aurait pas attendu pour se venger de Pascal Legal »






 

Arnaud Gijbels assassin présumé de Pascal Legal / © France 3 Franche-Comté - Pascal Sulocha
Arnaud Gijbels assassin présumé de Pascal Legal / © France 3 Franche-Comté - Pascal Sulocha



9h20 : 6 mois d'emprisonnement avec sursis requis contre Marouane Chkarmi


« Nous sommes tous d'accord pour dire que Marouane Chkarmi a présenté des jeunes à Pascal Legal moyennant rétribution... c'est un proxénète à la petite semaine »

Elle explique : "Chkarmi a une responsabilité morale qui va peser lourd". Et le droit est clair, il y a prostitution même pour quelques billets.

L'avocat général :

« Il portera son premier fardeau avant la sanction judiciaire, celui par qui la mort de Pascal Legal est arrivée. »


Aux jurés : « Je vous demanderai contre Marouane Chkarmi 6 mois d'emprisonnement avec sursis."

"Je veux qu'enfin nos regards se tournent vers Arnaud Gijbels qui est un assassin. Je veux qu'enfin la  famille de la victime puisse s'approprier ce procès. »


Marouane Chkarmi poursuivi pour proxénétisme aggravé dans ce procès / © France 3 Franche-Comté - Pascal Sulocha
Marouane Chkarmi poursuivi pour proxénétisme aggravé dans ce procès / © France 3 Franche-Comté - Pascal Sulocha


9h10 : L'avocat général Elisabeth Philiponet débute ses réquisitions

« La première image marquante de ce procès est lundi soir où j'ai vu cette mère (celle de Pascal Legal) hagarde face à l'évocation du médecin légiste qui évoquait la dissection de son enfant, la chair de sa chair meurtrie par les coups d'Arnaud Gijbels » dit l'avocate.

Elle parle des versions de l'accusé, adaptables à l'infini. "Un accusé pétri de certitudes" selon elle.

L'avocate évoque un procès où il fallu faire face dans les débats au sexe, à des pratiques d'un petit monde celui de la prostitution masculine, à l'argent.


L'avocat général Elisabeth Philiponet / © France 3 Franche-Comté : Pascal Sulocha
L'avocat général Elisabeth Philiponet / © France 3 Franche-Comté : Pascal Sulocha

L'audience de la cour d'assises reprend à 9h

Arnaud Gijbels encourt une peine à perpétuité pour l'assassinat de Pascal Legal.
Marouane Chkarmi sera t-il condamné pour proxénétisme aggravé dans cette affaire ? 

Hier l'avocate la famille a plaidé en mémoire de Pascal Legal. Revivez le fil de l'audience de jeudi. 

 

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