Vaccination des adolescents : "Je ne pense pas en avoir besoin", à Besançon, les collégiens se montrent méfiants

Dès les 15 juin, les 12-17 ans peuvent se faire vacciner contre le covid-19. Ils doivent avoir l'autorisation de leurs parents. À Besançon, certains jeunes concernés ne se montrent pas intéressés par cette vaccination, qu'ils jugent inutile ou risquée. 

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Image d'illustration © Cédric Jacquot / maxPPP

Mardi 15 juin, les adolescents de 12 à 17 ans doivent avoir accès au vaccin contre le coronavirus. Ils sont près de 3 millions et demi à être potentiellement concernés. S’ils donnent leur accord et qu’ils ont l’autorisation des deux parents, et rempli le formulaire ci-dessous, ils recevront deux doses de vaccin Pfizer. À Besançon, certains jeunes concernés ne sont pas pressés d'aller dans un centre de vaccination.

Il est presque 14 heures. Alix et ses amis attendent de retourner en cours. Les quatre copains et copines chahutent devant le collège Victor-Hugo à Besançon. Ils sont tous au courant du contexte dans lequel ils vivent. Ils sont aussi au courant que le 15 juin, la vaccination contre le covid-19 doit leur être ouverte. Quand on leur pose la question, ils ont déjà un avis très tranché.

Inquiétude pour les collégiens

Pour Alix, 14 ans, c’est un non catégorique. « Je ne pense pas en avoir besoin. Le vaccin n’empêche pas d’avoir la maladie, il empêche juste d’avoir des complications. Je n’ai pas, en plus, de motif qui fait que je dois absolument me faire vacciner. Je préfère laisser ces doses à des personnes qui en ont vraiment besoin. Je ne vois quasiment jamais ma grand-mère : si je me fais vacciner, c’est plus pour la protéger si je vais la voir », explique la collégienne. L’élève de 3ème est d’accord avec l’avis de sa maman : « elle ne veut pas que je me fasse vacciner, parce qu’elle ne trouve pas le vaccin utile ».

Au collège Victor-Hugo à Besançon, les jeunes ne sont pas tous convaincus par la vaccination contre le covid-19
Au collège Victor-Hugo à Besançon, les jeunes ne sont pas tous convaincus par la vaccination contre le covid-19 © Toky Nirhy-Lanto

À ses côtés, Sarah, elle aussi en 3ème, redoute les effets secondaires du vaccin. « Je ne veux pas y aller, parce que je sais qu’à Rennes, il y avait un étudiant qui s’est fait vacciner et qui en est mort », se justifie la jeune fille de 15 ans. Un peu plus loin, il y a Nathanael, 12 ans. Le collégien de 6ème n’est pas plus convaincu. « J’en ai entendu parler, je pensais que c’était juste pour les personnes âgées et à risque. J’ai peur de le faire, parce que je pense que ça modifie l’ADN. Mon papa et ma maman sont tous les deux contre ».

Une vaccination pourtant de plus en plus importante

D'autres jeunes n'ont pas le même avis. Certains ont eu des membres de leur famille directement touchés par la maladie. Ils estiment la vaccination indispensable. « C’est ma fille qui a réclamé. Sa grand-mère a été très touchée, intubée et dans le coma durant une semaine à Dijon. Moi, j’ai eu le covid et suis restée alitée 10 jours, je pense que ma fille a eu peur, je respecte son choix », nous expliquait il y a quelques jours  la mère d'une jeune de 12 ans.

Conséquence directe de l'épidémie : certaines familles vont se rendre dans les centres, notamment dans le Doubs. Le département a augmenté les capacités de ses centres de vaccination, en même temps que le vaccin devient accessible à de nouvelles classes d'âge. À Besançon par exemple, le centre vaccinateur de Micropolis permet de se faire injecter des doses sans rendez-vous sur certaines plages horaires. Il prévoit aussi une ouverture nocturne, jusqu'à 22 heures, le 17 juin prochain. 

 

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