VIDEO. Gilets jaunes blessés lors des affrontements avec les policiers, leur dure reconstruction

Le 1er décembre 2018 aux abords de l’Arc de triomphe à Paris, Alain Hoffmann, 53 ans est touché à la gorge par un tir de LBD. / © France 3 Franche-Comté
Le 1er décembre 2018 aux abords de l’Arc de triomphe à Paris, Alain Hoffmann, 53 ans est touché à la gorge par un tir de LBD. / © France 3 Franche-Comté

Il y a un an débutait le mouvement des gilets jaunes. Les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont fait beaucoup de blessés des deux côtés. Nous avons décidé de revenir sur deux cas de violences en Franche-Comté qui ont cristallisé les interrogations.
 

Par Vanessa Hirson

La réalité, c’est qu’après des enquêtes menées par l'Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN), les violences sur les gilets jaunes ont toutes été classées sans suite, ou presque, par le procureur ce qui donne l'impression aux gilets jaunes d'une justice à deux vitesses.

C’est le cas de Mathias, 23 ans. Le 30 mars dernier à Besançon, alors qu'il quittait une manifestation de gilets jaunes, le jeune homme est violemment frappé à la tête par un policier. Selon les forces de l'ordre, le manifestant s'apprêtait à ramasser une grenade perdue dans sa course par un policier. La version de Matthias est, elle, très différente. Encore choqué, c'est sa mère, Maryline, qui prend la parole aujourd’hui.
 
Témoignage de la maman de Mathias, 23 ans, blessé par un tir de policier.


Après plusieurs mois d'enquête menée par l'IGPN, le procureur de Besançon classe l'affaire sans suite. Il a accepté de s'expliquer mais sans caméra. Etienne Manteaux rappelle que tout s'est passé en une poignée de secondes dans un contexte jugé très violent, en présence de black blocks. Le policier a agi "en état de nécessité", à cause de la grenade. Le procureur rappelle surtout que "le policier n'est pas un justiciable comme les autres. Dans notre démocratie, il a le monopole de la violence légale, à condition de respecter les règles d'usage".

Malgré l'évidence de la vidéo, les 10 points de suture et les 10 jours d'ITT, le jeune Mathias ne sait pas encore s'il va faire appel. Pour cela, il doit verser une consignation, une somme d'argent.

Alain Hoffmann, 53 ans. Le 1er décembre 2018 à Paris aux abords de l’Arc de triomphe, cet aide médico-psychologique est touché à la gorge par un tir de LBD. Depuis, le Jurassien enchaîne "les galères, passe de nombreuses nuits blanches". Il affirme aussi que les liens avec sa famille ont été cassés. "Elle n’a pas vu l’impact que ça pouvait avoir psychologiquement". Quant aux forces de l’ordre "je n’ai plus aucun respect".
 
Alain Hoffmann, gilet jaune blessé par un tir de policier
Le 1er décembre 2018 aux abords de l’Arc de triomphe à Paris, Alain Hoffmann 53 ans est blessé à la gorge par un tir de LBD.

La police des polices, l'IGPN mene l'enquête. Elle reconnaît la blessure par LBD d'Alain Hoffmann, mais là encore le dossier est classé sans suite. Ce jour là dans la capitale, on compte 120 blessés. Les forces de l'ordre en sous-effectifs utilisent les lanceurs de balle de défense, les LBD.

Alain Hoffmann lui ne compte pas s'arrêter là. Puisque la justice ne peut pas reconnaître l'auteur du tir, Alain Hoffmann va attaquer le donneur d'ordre c'est-à-dire l'Etat devant le tribunal administratif.

Récemment, le Parquet de Paris a annoncé qu’en France, 146 enquêtes ont été clôturées par l’inspection générale de la police nationale. Sur ces 146 enquêtes mettant en cause les gilets jaunes, 54 procédures ont fait l’objet d’un classement sans suite. Côté forces de l’ordre, deux policiers seront bientôt renvoyés devant un tribunal correctionnel pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique »


 

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