Pourquoi la Transjurassienne, emblématique course de ski de fond, aura désormais toujours le même parcours

Alors que l'organisation de la Transjurassienne dévoilait habituellement son parcours quelques jours avant le départ, la course de ski de fond, la plus grande de France, aura désormais toujours le même parcours. Un tracé damé tout l'hiver, sur lequel les sportifs pourront s'entrainer toute l'année.

C'est une révolution pour la plus grande course de ski de fond de France. Alors que depuis 1979, le tracé exact de la Transjurassienne et ses 70 kilomètres était dévoilé quelques jours avant le départ, dès l'année prochaine, ce parcours sera toujours le même. Un parcours permanent, damé pendant toute la saison hivernale, que tout un chacun pourra faire tout au long de l'année.

"Le but, c'est de pérenniser l'activité de la Transjurassienne" explique Eric Penzes, vice-président de la Communauté de communes des Lacs et Montagnes du Haut-Doubs. Jusqu'à présent, le tracé de la "Transju' " changeait chaque année, pour mettre en valeur des villages différents du pays, mais aussi s'adapter à l'état d'enneigement du territoire. 

70 kilomètres, 8 étapes emblématiques

Ce parcours permanent sera celui de la Transjurassienne dès ce 10 février 2024. Le départ au Lac de la Combe à Lamoura, et les huit étapes emblématiques de la course seront conservées : Prémanon, Les Rousses, Bois d'Amont, Bellefontaine, Chapelle des Bois, Pré Poncet, Chaux Neuve, et enfin, Mouthe. 

"C'était important qu'on marque le territoire avec cette piste permanente" explique Pierre-Albert Vandel, président de Trans'Organisation, "parce que ça nous permet de mettre suffisamment de moyens pour qu'elle soit pérenne".

La Trans'Organisation et les communes concernées vont en effet pouvoir aménager ce tracé permanent : signalisation, fléchage, travaux... Le parcours pourra être emprunté par les sportifs et les touristes en été comme en hiver, sur certains tronçons ou sa totalité, pour s'entraîner ou découvrir les paysages. Un choix qui va également permettre à l'organisation de la course de se prémunir contre sa plus grande contrainte : les conditions climatiques.

"On refuse de faire du transport de neige"

Au cœur de ce choix, une problématique : celle de l'enneigement. Annulée en 2020 faute de neige, raccourcie en 2023, la course de ski de fond est forcément très sensible aux évolutions météorologiques. "On refuse de faire du transport de neige" déclare Eric Penzes.

De facto, les 4.000 athlètes qui participent chaque année à la course ne pouvaient s'affronter que sur des chemins encore naturellement enneigés. D'où une révélation souvent tardive, parfois quelques jours avant l'épreuve seulement, du parcours. Avec un "parcours de repli", plus court, lorsque les conditions étaient trop complexes. Ce nouveau tracé permanent devrait permettre de s'en prémunir.

"On a fait le choix d'aller où il y a de la neige, plutôt que de la produire" confirme Pierre-Albert Vandel. Le tracé permanent priviligiera donc l'altitude : "entre Lamoura et Chaux Neuve, nous avons une hauteur assez bonne" décrit Eric Penzes, "mais sur Chaux Neuve - Mouthe, nous sommes sur un secteur qui descend fortement et c'est souvent difficile".

Pour ce dernier secteur, l'organisation a misé sur l'ombre : les skieurs passeront principalement dans des sous-bois, aménagés. "On a fait de l'élagage pour que les précipitations de neige puissent bien alimenter les pistes naturellement, et qu'on puisse les damer régulièrement" confirme Eric Penzes.

En fixant le parcours, l'organisation espère pouvoir le préparer tout au long de l'année, et en particulier pendant les premières semaines de l'hiver et dès les premières averses neigeuses. L'idée étant de toute faire en amont pour conserver au mieux la neige sur le tracé.

Protéger l'environnement de la course

Autre préoccupation qui a prévalu lors de l'élaboration du parcours : préserver la nature. "On y est de plus en plus sensible" annonce Pierre-Albert Vandel. "Plus on va sur les hauteurs, plus on se trouve à déranger des espèces protégées, qui sont en période hivernale difficile pour elles".

Grâce au parcours permanent, qui permettra une préparation nettement plus en amont, des zones de protection seront mises en place. "On essaie d'aménager au maximum les choses pour les déranger au minimum" explique Pierre-Albert Vandel. "On va éviter les ravitaillements, les sonos, les motoneiges" dans ces espaces, "et on interdit certaines zones au public pour respecter des zones de silence".

Une autre manière de pérenniser la présence de la course dans le massif jurassien. Le prochain départ aura lieu le dimanche 11 février, les inscriptions sont ouvertes.