Journée nationale des “dys” : comment mieux vivre avec sa dyslexie

Près d'un enfant sur dix est touché par un trouble de l'apprentissage / © Laurent Brocard
Près d'un enfant sur dix est touché par un trouble de l'apprentissage / © Laurent Brocard

Ce lundi, la fédération française des DYS organise la dixième journée nationale consacrée aux troubles du langage et des apprentissages. Dyslexie, dysphasie, dyspraxie... Autant de handicaps difficiles à surmonter en milieu scolaire. Pour les enfants concernés, des solutions existent.

Par Adrien Gavazzi

S'entraîner à lire : un exercice qu'Alena répète chaque semaine devant son orthophoniste. A 13 ans, cette collégienne souffre de dyslexie, un trouble de la lecture détecté chez elle il y a trois ans. 

La jeune fille le sait : impossible d'en guérir. Mais avec ces séances hebdomadaires, elle a pu compenser son retard. «En un an de rééducation, elle a récupéré un an de lecture, ce qui est très bien», s'enthousiasme Adeline Cholley, son orthophoniste.

Un handicap parfois incompris


Comme Alena, près d'un enfant sur dix est atteint d'un trouble de l'apprentissage. Le plus souvent, le problème est détecté en fin de maternelle, ou à l'école primaire. Le handicap est reconnu comme tel, mais il reste parfois incompris : difficile pour les professeurs de faire la différence entre un élève médiocre et un enfant dys.

Selon Adeline Cholley, «il y a beaucoup d'enfants au CP qui confondent les sons, c'est tout à fait normal. Mais quand le phénomène s'installe dans la durée, quand ça devient systématique, que l'enfant n'arrive vraiment pas à lire, il faut consulter un orthophoniste, qui va faire un bilan et poser un diagnostic». On parle de dyslexie quand le niveau de lecture d'un enfant est en retard d'au moins 18 mois par rapport à son âge réel. 


Les troubles dys : une réalité complexe


Si les enfants dys sont dans la plupart des cas dyslexiques, ce n'est pas le seul trouble de l'apprentissage à être recensé. Clément est élève en 6ème à Pontarlier, et il cumule les difficultés : dyslexique, dysgraphique, et dysorthographique. Une situation qui peut vite tourner au cauchemar à l'école. 

Pour suivre les cours, les élèves dont le handicap est reconnu bénéficient d'aménagements, comme un tiers temps au moment des examens. Autre solution : l'ordinateur adapté. 

Les avantages du "dysordinateur"


Surnommé «dysordinateur», l'ordinateur portable spécialement aménagé pour les enfants dys présente de nombreux avantages. Plus besoin d'écrire au stylo : l'enfant peut se concentrer sur la signification des mots, plutôt que sur leur graphie. «Avec un stylo, le K peut s'écrire de différentes façons : en majuscule, en minuscule, en script», précise Clément. Sur l'ordinateur, «toutes les touches sont toujours écrites pareilles».

De quoi soulager sa mère, elle qui bataille au quotidien pour soutenir les parents d'enfants dyslexiques. En 2013, elle a fait partie des membres fondateurs de l'APEDYS en Franche-Comté, alors qu'aucune association n'existait dans la région. 

«Avec l'ordi, les familles revivent, explique Marie Prévost, la mère de Clément. Les choses que la maman devait recopier, relire, l'ordi peut le faire à la place. Ce n'est pas encore la panacée, mais pour moi, c'est l'espoir. Avec l'ordi, je me dis : les études supérieures, pourquoi pas ?»

En quelques mois, Clément a de meilleures notes, et surtout, une plus grande confiance en lui au moment de reprendre le chemin des cours. Dans la région, 130 élèves sont équipés de cet ordinateur. 

Journée nationale des "dys" : comment mieux vivre avec sa dyslexie
Avec Adeline Cholley, orthophoniste ; Clément, 11 ans ; Marie Prévost, APEDYS Franche-Comté. Un reportage d'Adrien Gavazzi, Laurent Brocard et Manu Blanc.

 

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