Montbéliard : pourquoi 64 salariés du magasin Leclerc attaquent leur enseigne aux Prud'hommes

Selon les salariés, le compte n’y est pas. Au titre de la charte du « mouvement Leclerc », ils estiment qu’ils auraient dû percevoir une part des bénéfices du magasin dans lequel ils travaillent. Explications.
71 salariés de l'enseigne Leclerc à Montbéliard attaquent leur employeur aux Prud'hommes.
71 salariés de l'enseigne Leclerc à Montbéliard attaquent leur employeur aux Prud'hommes. © Alexandre Rémond - France Télévisions

L’audience s’est déroulée ce jeudi 9 septembre à Montbéliard. 5 salariés étaient présents à l'audience sur les 64 ayant entamé une procédure.

Selon le CGT, le magasin Leclerc situé sur la zone du Pied des Gouttes n’applique pas la charte du “mouvement Leclerc”. Celle-ci prévoit d’après la CGT “des modalités particulières du versement de l’accord de participation et de l’intéressement aux salariés”.

“Pour autant la charte qui est signée entre l’adhérent au mouvement Leclerc et le Groupe Leclerc est longtemps restée confidentielle et peu connue des salariés. Le document est très difficile à se procurer, car il semble que de nombreux magasins à enseigne Leclerc en France ne reversent pas à leurs salariés un intéressement/participation à hauteur de 25% du résultat ou des 16 mois de salaire. Il faut savoir qu’en théorie un adhérent peut perdre le droit d’exploiter l’enseigne Leclerc s’il ne respecte pas cette politique sociale d’intéressement/participation au bénéfice des salariés des magasins” dénonce le syndicat.

Les 71 salariés exigent par la voie de leur avocat Pierre Verdier des rappels sur salaires, mais également que leur employeur applique cette charte. “D’un côté, Leclerc communique à travers des publicités dans toute la France sur les partages des résultats de l’entreprise avec les salariés. Et quand les salariés réclament le partage de cette charte, on leur dit qu’elle n’est pas applicable" argumente l’avocat.

La défense évoque une charte sans fondement juridique

À la sortie de l’audience, l’avocat de l’enseigne réfute les accusations. Selon la défense, il n y a aucune obligation pour les sociétés gérantes de se conformer à cette charte. “C’est un engagement moral qui n’est pas juridique vis-à-vis des salariés" argumente Sébastien Bender, avocat des sociétés Montdis et Montbédis.

A Montbéliard, le magasin est géré par une société en franchise. La CGT précise que ce sont les sociétés gérantes Mondis avant 2015 et Montbédis après 2015 qui sont visées et non les directeurs directs de l’enseigne de Montbéliard.

Le conseil des Prud'hommes rendra son jugement le 27 janvier 2022.

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