PSA : la rupture conventionnelle collective envisagée pour 1300 salariés

Siège de PSA à Poissy / © JF Bianchetto Maxppp
Siège de PSA à Poissy / © JF Bianchetto Maxppp

Ce mardi 9 janvier, PSA ouvre les discussions avec les syndicats à propos de la rupture conventionnelle collective. Ces négociations, importantes pour le groupe, sont observées avec beaucoup d'attention par le monde économique et syndical. PSA propose 1300 ruptures.

Par Catherine Eme-Ziri

Pimkie a été le premier groupe français à mettre en place ce dispositif prévu par la loi travail.
La direction prévoit la suppression de 37 magasins en trois ans, sur 321 en France, et à court terme 83 emplois dans les magasins, 41 en logistique, 53 au siège international et 31 au siège pour la France, siège implanté à Neuville-en-Ferrain (Nord). (Les syndicats ont annoncé ce soir, mardi 9 janvier, que ce projet de RCC était abandonné.)

L'enjeux des RCC 

Pour PSA, c'est aujourd'hui que direction et syndicats se réunissent au siège social du groupe à Poissy, dans les Yvelines. Ce rendez-vous est très important : la direction trouve beaucoup d'avantages dans ce dispositif qui permet de réduire le nombre de salariés sans avoir les contraintes d'un PSE, Plan de Sauvegarde de l'emploi. Les salariés, eux, peuvent partir s'ils sont volontaires, avec une prime et ils ont droit ensuite aux allocations chômage. Les syndicats y voient des plans sociaux déguisés.


Les chiffres de ce matin avancés par la direction

Selon une dépêche AFP, le constructeur automobile PSA souhaite recourir en 2018 à 1.300 ruptures conventionnelles collectives et 900 dispenses d'activité pour des seniors, tout en embauchant 1.300 CDI et 2.000 jeunes en alternance, selon des sources syndicales.

Toujours selon l'AFP, dans le détail, le groupe PSA (Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall) projette 1.250 mobilités externes, 50 passeports de transition professionnelle et 900 départs en congés séniors. Ce dispositif permet à des salariés de cesser le travail quelques années avant leur retraite, tout en conservant leur contrat de travail et une partie de leur salaire.
En contrepartie, l'entreprise envisage de recruter 1.300 CDI en 2018 dans sa division automobile (62.000 salariés fin 2016) et 2.000 jeunes en alternance, selon des représentants syndicaux interrogés par l'AFP, conviés mardi à une négociation sur la politique d'emploi.
A titre de comparaison, 1.170 congés seniors et 1.500 mobilités externes sécurisées ont été réalisés en 2017, ainsi que 1.200 recrutements CDI et 2.500 emplois jeunes, selon les chiffres communiqués aux syndicats mardi.


Les réactions syndicales 

En 2018, PSA prévoit par ailleurs 6.000 mobilités internes et 1.000 parcours de reconversion, des chiffres comparables à 2017, a précisé la CFTC.

"L'équilibre entre sortants et rentrants est atteint", a réagi Anh-Qhuan Nguyen (CFE-CGC). A l'inverse, Jean-Pierre Mercier (CGT) a qualifié le projet d'"inacceptable" alors que "PSA est riche à milliards".
Le projet sera examiné en comité central d'entreprise le 19 janvier pour une mise en oeuvre courant février. Il est conditionné, pour la partie relative aux ruptures collectives conventionnelles, à la signature d'un accord majoritaire.
Ce dernier reprend des mesures issues du dispositif annuel de gestion des effectifs créé chez PSA par un accord datant de 2013, prolongé par un second texte signé en 2016 par cinq syndicats sur six.
Selon l'Observatoire des métiers mis en place chez le constructeur, 13% de ses métiers sont classés "sensibles" (amenés à disparaître), 60% à l'équilibre et 27% en tension (besoins en recrutement)."


Voir en fin d'article, les arguments des uns et des autres, ainsi que la prise de position de 4 députés francs-comtois de La République en Marche qui ont voté la loi travail et qui ont écrit en début de semaine à Carlos Tavarès, le PDG de PSA, pour lui faire part de quelques réserves.

PSA : la rupture conventionnelle collective proposée à 1300 salariés
Reportage : V. Hirson, M. Meuneveaux et C. Portalès Avec en interview : Anthony Rué Délégué CGT - PSA Sochaux, François Guillerey, Représentant CFTC - PSA Sochaux et Frédéric Barbier, Député La République en Marche !

 

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