Sept ans après : le procès du Leclerc de Montbéliard

La grande surface sur laquelle pèsent de forts soupçons de travail dissimulé et séquestration. / © France 3 Franche-Comté : Archives 2006
La grande surface sur laquelle pèsent de forts soupçons de travail dissimulé et séquestration. / © France 3 Franche-Comté : Archives 2006

Séquestration. Soupçons de travail dissimulé. Les juges veulent comprendre ce qui s'est passé le 30 juin 2006 dans cette grande surface du Pays de Montbéliard. 

Par Sophie Courageot

Ce jour là, un banal contrôle de l'inspection du travail et de l'Urssaf tourne au fait-divers.

Les inspecteurs agissent sur ordre du parquet. Des soupçons pèsent sur une irrégularité des heures supplémentaires travaillées dans l'enseigne.

Il est 21h45. Les inspecteurs ont du mal à accéder au magasin. Ils aperçoivent des personnels en train de procéder visiblement à un inventaire. Mais impossible d'effectuer leurs missions. Les personnels rejoignent les locaux administratifs sur ordres des cadres.

Des salariés enfermés dans le noir

L'enquête va révéler un triste scénario. Une cinquantaine de salariés ont été enfermés pendant une heure dans un local. Dans le noir.  Avec ordre de ne pas utiliser leur téléphone portable. 

La CGT dénonce des pratiques patronales inadmissables. Le syndicat s'est porté partie civile. 

Un premier procès avorté en 2011

Une première audience avait été renvoyée en février 2011. Pour une irrégularité dans l'arrêt de renvoi. Le dossier est très compliqué. On compte 150 victimes dans la procédure. 29 parties civiles. Et cinq prévenus dont le supermarché. Le procès débute aujourd'hui devant le tribunal correctionnel de Montbéliard. 

Des peines d'amendes requises


Des peines d'amende ont été requises jeudi à l'encontre des dirigeants du supermarché. La décision du tribunal a été mise en délibéré au 23 janvier.
Le directeur du magasin et une responsable de département comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Montbéliard pour "séquestration" et "entrave aux missions
de l'Inspection du travail".
Le procureur Lionel Pascal a requis 60 jours-amende à 100 euros pour le directeur, c'est -à-dire que s'il est condamné à cette peine il devra soit payer 6.000 euros d'amende soit passer deux mois en prison.Un mois de prison avec sursis et 2.500 euros d'amende ont été requis contre la femme chef de département.

 

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Le procès du Leclerc à Montbéliard
Reportage : Lucile Burny et Frédéric Buridant

 

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