Sanction contre 4 infirmières à l'Ehpad du Larmont à Pontarlier : “une décision caricaturale” selon leur avocat

© France 3 Franche-Comté
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La chambre disciplinaire de l'ordre régional des infirmiers a rendu une décision dans l'affaire des morts suspectes au sein de l'Ehpad du Larmont. Pour l'avocat des infimières sanctionnées, il s'agit d'une décision "injuste" et "caritacurale".

Par Sarah Rebouh

L'alerte avait été donnée par la fille d'une résidente, décédée en 2018. Cette dernière, médecin gériatrique, s'étonnait des conditions dans lesquelles sa mère était décédée. Elle avait dans un premier temps "effectué un signalement" auprès de l'Agence régionale de santé (ARS), qui a ensuite alerté le parquet.

Récemment, quatre infirmières de l'EHPAD du Larmont, ont été sanctionnées par la chambre disciplinaire de l'ordre régional des infirmiers. Elles ont toutes été suspendues deux semaines avec sursis, pour différents faits. Soutenues par leur direction mais aussi par les syndicats de l'EHPAD, les quatre professionnelles de santé sont choquées et bouleversées par cette nouvelle. Une enquête est en cours mais pour l'instant, le procureur de Pontarlier n'a pris aucune décision et aucune condamnation n'a été prononcée. 
 

"Des infirmières expérimentées"


Que reproche-t-on aux quatre infirmières ? Des faits bien différents pour chacune d'entre elles. L'une est accusée d'avoir appliqué ou non un traitement, sans avoir reçu l'avis d'un médecin. L'autre, d'avoir suspendu l'administration d'un traitement sans l'accord d'un médecin. "Dans chaque hypothèse, les infirmières ont prouvé qu'elles avaient agi en toute déontologie. Nous étions dans des hypothèses de fin de vie. Elles ont agi dans l'urgence, en en ayant référé automatiquement par téléphone au médecin" nous a confié Me Delamea, avocat des quatre infirmières incriminées.

Ce dernier dénonce "une décision injuste et caricaturale" et précise que "ce sont des infirmières toutes expérimentées, véritablement animée par une forme d'apostolat, dans le désir de bientraitance et de bienveillance." "La chambre disciplinaire prononce une peine un peu un symbolique pour quatre situations totalement différentes" explique également l'avocat, qui parle d'une décision politique et qui souhaite que ce dossier soit sorti du niveau local.
 

200 personnes manifestent leur soutien


Samedi 30 novembre, environ 200 personnes ont manifesté leur soutien aux quatres soignantes à Pontarlier, au départ de la mairie. En tête de cortège était écrit sur un drap : "Si ces 4 infirmières sont coupables alors toutes les infirmières le sont".  Du côté de la direction de l'EHPAD, le soutien aux infirmières est également de mise, notamment dans la prise en charge des frais de justice et du soutien psychologique : "Cette faute présumée n'est, selon nous, pas une faute personnelle mais elle est liée au service. J'ai des convictions mais, pour le moment, il ne m'appartient pas de les exprimer" a quant à lui déclaré Olivier Volle, directeur de l'EHPAD du Larmont. 
 

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