FC Sochaux : le 11 novembre, le stade Auguste-Bonal célèbre aussi son anniversaire

Illustration. Le premier stade Auguste Bonal a été inauguré le 11 novembre 1931. / © Manon Klein/MaxPPP
Illustration. Le premier stade Auguste Bonal a été inauguré le 11 novembre 1931. / © Manon Klein/MaxPPP

Le stade Auguste-Bonal, bastion du FC Sochaux-Montbéliard, souffle ses 88 bougies ce lundi 11 novembre. L'occasion de revenir sur les plus belles heures d'un stade longtemps cité en exemple en France.

Par Antoine Belhassen

Il est un des plus vieux stades de France. L'enceinte Auguste Bonal, forteresse du FC Sochaux-Montbéliard, célèbre ses 88 bougies, ce lundi 11 novembre. Son histoire est étroitement liée à l'industrie automobile et Peugeot. Mais, depuis le rachat du club en 2015 par un actionnaire chinois, la relation est avant tout "culturelle", rappelle Fabien Dorier, auteur de "Le Football Club Sochaux-Montbéliard en 90 dates".

L'enceinte et ses terrains d'entraînement se dressent devant les fenêtres des forges des Automobiles Peugeot. Dès 1931, la direction de l'usine souhaite offrir un divertissement aux ouvriers et construit une première infrastructure sur d'anciens marécages. Le stade de la Forge est né. A ses débuts, il est constitué de petites tribunes où près de 1 000 spectateurs viennent soutenir une équipe sochalienne majoritairement constituée de travailleurs locaux. Mais les premiers exploits sportifs attirent de nombreux talents étrangers : "Dès les premières saisons, des joueurs italiens, suisses, hongrois viennent joueur pour le FC Sochaux, qui était alors une belle équipe européenne avec des infrastructures parmi les meilleures d'Europe", rappelle Fabien Dorier.

Des tribunes et surtout deux buttes de terre de part à d'autre du terrain font office de gradins dans les premières années du stade. Bientôt, le FC Sochaux se dote d'une des plus belles pelouses de France, semée de graines anglaises. Mais la Seconde Guerre mondiale éclate et l'évolution des infrastructures ralentit. Il faut attendre la fin des conflits pour que le stade soit rebaptisé "Auguste-Bonal", du nom de l'ancien directeur sportif du club, résistant et déporté sochalien.

Enlever ses chaussures avant de fouler la pelouse


Après la guerre et jusque dans les années 80, le stade Auguste-Bonal est souvent cité parmi les meilleures infrastructures françaises. Dans les années 70, de nouveaux éclairages, parmi les plus puissants au monde, éclairent une pelouse sans pareille. Pour cause, le jardinier du club, Roger Dirand, veille au grain. Pendant plusieurs décennies, il apporte un soin particulier au rectangle vert : "Très vite, beaucoup d'histoires ont été racontées sur ce personnage. Beaucoup se sont amusés à dire qu'il dormait sur la pelouse en été. D'autres expliquent que les joueurs enlevaient leurs chaussures avant de faire leur tour de repérage d'avant-match. C'était une forme de respect pour le jardinier."

Le record d'affluence du stade Auguste Bonal est battu en 1976 lors d'une opposition entre le FCSM et l'AS Saint-Etienne. L'enceinte attire de nombreux matches européens, notamment une demi-finale en 1983. Mais plus d'une dizaine d'années plus tard, Auguste-Bonal tombe peu à peu en désuétude. Une période qui correspond au déclin de l'équipe sochalienne.

"C'était un stade très vétuste qui nécessitait une reconstruction en 2001. Il a encore des défauts, mais il respire l'histoire de son club", témoigne Fabien Dorier. Si les ambiances ne sont plus celles d'antan depuis la relégation en Ligue 2 en 2014, le stade Auguste-Bonal reste un monument iconique du football français. Depuis 2018, il est le terrain d'expérimentation pour le retour des tribunes debout

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