Du vin de Haute-Saône à la filière comté, la Franche-Comté s'adapte en prévision du Brexit

Initialement, le Brexit était prévu pour ce vendredi 29 mars / © DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP
Initialement, le Brexit était prévu pour ce vendredi 29 mars / © DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP

Pendant que les Britanniques s'écharpent sur les conditions de sortie de l'Union européenne, les Francs-Comtois qui exportent leurs produits phares au Royaume-Uni préfèrent anticiper.

Par Adrien Gavazzi

On croirait pas comme ça, mais la Franche-Comté et le Royaume-Uni sont copains comme cochons. Et ça ne date pas d'hier : on est allés filmer plusieurs reportages outre-Manche ces dernières années, pour tenter de comprendre l'engouement des Britanniques pour nos produits phares, au premier rang desquels le comté : 
 

Cette passion résistera-t-elle au Brexit ? Ou bien la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne va-t-elle engendrer une hausse des taxes douanières telle que les Britanniques vont délaisser les produits  francs-comtois ?

Alain Mathieu, président de l'interprofession du comté, se montre volontiers optimiste : « Les Anglais font preuve d'une forme de fidélité et d'amour pour le comté ! » Après tout, nul besoin de s'alarmer : le marché britannique pèse seulement 1% des ventes de la filière. 

Tout au plus y aura-t-il, toujours selon Alain Mathieu, « une réglementation qui sera peut-être un peu plus compliquée ».

Les Anglais font preuve de fidélité et d'amour pour le comté ! 

Nul ne sait quelles modalités prendra le Brexit. Au départ, le divorce entre le Royaume-Uni et l'Union européenne était prévu pour ce vendredi 29 mars. Et il n'y a toujours pas d'accord à l'horizon pour le moment : wait and see. A Londres, certains militent pour l'organisation d'un nouveau référendum ; d'autres espèrent rester dans l'UE malgré tout ; d'autres encore veulent sortir de l'Europe, tout en maintenant des liens privilégiés au sein d'une union douanière européenne. 

Ambiance guère sereine


« Cette ambiance ne nous rend pas très sereins », naunce Xavier Guillaume, viticulteur à Charcenne, en Haute-Saône. Lui qui exporte son vin outre-Manche, avec quelques belles références sur des tables prestigieuses, préfère se montrer philosophe : « A chaque fois que vous ouvrez une nouvelle page, vous savez comment était l'ancienne histoire ; la nouvelle, il reste à l'écrire... »

Le marché britannique garde cela dit un gros potentiel. Ne serait-ce que pour la viticulture : avec le réchauffement climatique, les Britanniques se mettent à acheter des plants de vigne. Et c'est justement le frère de Xavier Guillaume, Pierre-Marie, qui est à la tête d'une des plus importantes pépinières viticoles de France, toujours à Charcenne : « Nous avons livré nos plants de vignes destinés au Royaume-Uni plus tôt, et en plus grosse quantité, en prévision du Brexit. Quoi qu'il arrive, les gens auront leurs plants ; et ça nous laissera l'été pour s'adapter aux nouvelles normes sanitaires.»

Pour l'heure, la balle est dans le camp des Britanniques. Le Royaume-Uni est le quatrième pays d'exportation en Europe pour la Bourgogne-Franche-Comté. 
 

 

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