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Du fer à la finance, l'empire Wendel

Ernest-Antoine Seillière / © Thomas Samson, Getty Images
Ernest-Antoine Seillière / © Thomas Samson, Getty Images

Au XIXe siècle, la famille de Wendel a construit sa fortune en Lorraine, grâce à l’activité sidérurgique. Mais après la crise des années 1970, la dynastie Wendel est devenue l’une des sociétés d’investissement les plus puissantes d’Europe.

Par Nathalie Zanzola

La dynastie Wendel, fleuron de la sidérurgie française au XIXe siècle, a survécu à tous les bouleversements économiques depuis la première révolution industrielle et a toujours su conserver un pied dans les affaires et un autre dans la politique.

Avec la crise de la sidérurgie dans les années 70, l’empire lorrain des Wendel est nationalisé, ses dettes rachetées. L’État, bon prince, lui laisse ses participations financières dans quelques entreprises rentables. La dynastie confie alors son destin à un de ses membres les plus influents, le baron Ernest Antoine Seillière. Il modifie radicalement la stratégie familiale et transforme le groupe industriel en un empire financier. Dans le même temps, il prend la tête du Medef et participe ainsi à tous les niveaux au mouvement de financiarisation de l’économie française.

Le groupe Wendel devient alors, un fonds d’investissement, qui va pratiquer ce qu’on appelle « l’achat avec effet de levier ». Il s’agit d’acheter une entreprise avec de l’argent prêté par les banques, de la restructurer en réduisant ses coûts de personnel et d’investissement, de vendre certaines de ses activités, d’utiliser les bénéfices pour rembourser les banques et finalement de la revendre en réalisant le maximum de profits.
Wendel investit ainsi dans des entreprises telles que Cap Gemini, Valeo, Biomerieux, Editis, Bureau Veritas, Legrand. Les profits explosent, mais les entreprises revendues sont fragilisées par les plans de restructuration qui leur ont été imposés.
Les montages financiers et fiscaux se complexifient à l’extrême. Le rachat catastrophique de l’entreprise Saint-Gobain, qui a nécessité un endettement colossal, sonne l’alarme au sein de la famille. Ernest-Antoine Sellière démissionne en 2009 et cède la place à François de Wendel, 3ème François du nom.

Du fer à la finance, l’empire Wendel a reçu le prix du Public et le prix des jeunes journalistes au Festival de Pessac 2014 et est sélectionné au FIPA 2015.

Un documentaire de Patrick Benquet
Une production La Compagnie des Phares et Balises avec la participation de France Télévisions

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