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La France en vrai

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L’épicier arabe, une histoire française en Franche-Comté

Il est au coin de la rue, sa devanture brille jusqu’à tard dans la nuit, dimanches compris. On y passe quand des amis débarquent et qu’on se retrouve à court de vin ou de cacahuètes. C’est notre arabe. On le retrouve dans le documentaire de Jean-Louis André, lundi en seconde partie de soirée.

Par Nathalie Guigon

Il est parfois pakistanais ou chinois, mais cela ne change rien. C’est juste un sage qui passe sa journée à nous observer depuis le seuil de sa porte. Chez lui on croise tout le monde.
 
Extrait documentaire : L'épicier arabe, une histoire française

Lorsque l’on prend le temps de l’écouter, il nous raconte comment son destin s’est joué entre ici et là-bas.
 

Il y a toujours eu, partout, une place pour ces petits commerçants sans prétention, qui ramassent les miettes des autres. Il est rare, à moins d’être très âgé ou très pressé, que l'on fasse chez eux les courses de fond. Ils le savent et s’en accommodent.

Parmi ces fruits et légumes qui entrent et qui sortent tous les jours, dans ce bric-à-brac où l’on trouve tout ou presque, cet homme en blouse grise qui tient debout, hiver comme été, par tous les temps, a toujours la force de dire bonjour.
 

Car l’arabe, même s’il nous semble aller de soi, c’est toute une histoire. C’était hier, au terme des Trente Glorieuses, les centres villes se vidaient, les banlieues fleurissaient et les aménageurs urbains ne juraient que par les grands centres commerciaux de périphérie. Et, dans les années 2000, les centres villes sont redevenus à la mode.
 

Les arabes ont triomphé, d’abord à Paris, puis en province. Notre arabe est la marque de résistance du petit commerce. Il se maintient, jurant même qu’il transmettra l’affaire à son fils.

Les grands distributeurs ont flairé l’aubaine et taillé sur mesure un nouveau concept, celui du supermarché de poche. Sans compter sur les techniques alléchantes de mise en rayon, le marketing, la publicité… Les arabes sont en pleine reconversion. Les plus audacieux se tournent vers le bio, les légumes, les livraisons… L’enjeu est capital.

L’arabe est de nationalité incertaine. En France, il est souvent berbère, il nous parle du bled, il n’a pas coupé les ponts et retourne chaque été voir son pays et sa famille.

On aimerait l’entendre parler là-bas de Paris, de Besançon, de n’importe quelle ville, en fait, celle où il se trouve et qui est devenu aussi sa ville.
 

Tel est donc, au final, l’alchimie de l’arabe : un soupçon de poésie, un fond d’histoire urbaine, quelques zestes d’immigration et des heures de travail.
 

► LE FILM

Il y a Toufik et sa petite épicerie dans Besançon, il y a aussi Mohammed qui possède quatre Vival, l'un est algérien, l'autre est marocain. Ils ne se connaissent pas mais ils ont choisi de tisser leur destin ici, en Franche-Comté.

La nostalgie de leur pays ne les lâche pas comme ça, il y a aussi les retours au bled. Et grâce au réseau qu'ils ont tissé, il y a d'autres belles rencontres qui nous mènent dans de petits commerces en tout genre, à l'humilité poétique et touchante.
 

► BONUS

Jean-Louis André, le réalisateur, nous raconte son film.
Une interview d'Isabelle Mounier à France 3 Franche-Comté.
 
Interview réalisateur du documentaire : L'épicier arabe
L’épicier arabe, une histoire française Un film de Jean-Louis André Une coproduction France 3 Bourgogne Franche-Comté et Armoni Productions

L’épicier arabe, une histoire française 

Un film de Jean-Louis André
Une coproduction France 3 Bourgogne Franche-Comté
et Armoni Productions

Diffusé lundi 23 septembre 2019 à 23h15
Rediffusé vendredi 27 septembre 2019 à 9h15
sur France 3 Bourgogne Franche-Comté


à re(voir) sur bfc.france3.fr
 

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