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La Marseillaise, je l’aime moi non plus, ou l’histoire de l’hymne le plus chanté au monde

© Pixabay
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Devenue hymne universel de libération et de fraternité, elle n'a pourtant jamais cessé d’être contestée, vénérée, parodiée, adaptée. Tout au long d’un voyage musical, ce film apporte un éclairage inédit sur notre Histoire.

Par Nathalie Guigon

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Symbole de la Révolution française, La Marseillaise dit l'attachement au souvenir des luttes contre la tyrannie. Elle a accompagné presque tous les soulèvements populaires de la planète de 1792 à nos jours.

Oubliée en temps de paix, sa puissance unificatrice autour des valeurs républicaines s'exprime avec vigueur dans les moments tragiques.

Chant guerrier, et chant d’émancipation


La Marseillaise est écrite par un soldat, Rouget de Lisle, qui compose ses six premiers couplets en 1792 pour l’Armée du Rhin, alors que la France rentre en guerre contre l’Autriche. Depuis, 200 versions différentes de cette chanson existent.
Elle connaît des changements de paroles, de mélodie, de rythme, au fil des époques. Des versions font scandale, comme celle de Serge Gainsbourg. Sous le Second Empire, la chanter est un délit.

La Marseillaise version Gainsbourg

Pour les historiens, il s'agit d'un "chant de guerre et d'indépendance" où l'on exprime la destruction mais en même temps la refondation. La violence de ses paroles fait parfois jaillir les critiques. Sauf qu'il faut se rappeler du contexte de son écriture : c'était un chant pour partir au combat, pour galvaniser les soldats.

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Enthousiasme et rejet, c’est le constat que fait Pascal Signolet, réalisateur du documentaire La Marseillaise je l’aime moi non plus, alors qu’il travaille sur le sujet depuis 2012.

Très vite, il s’aperçoit que La Marseillaise n’a pas bonne presse : "trop sulfureuse", "trop nationaliste".

Son sentiment est ambivalent "J’avais une distance critique, et en même temps je ressentais une certaine fierté, quand je voyais qu’on la chantait pendant les Jeux Olympiques."
Il se souvient également que pour sa génération, La Marseillaise "était un peu ringarde."

Autre paradoxe, ce chant est davantage reconnu, chanté, valorisé, hors de France. "La révolution française est la mère des révolutions, symbole d'une époque. La Marseillaise a été chantée partout où il y a eu des révoltes et une volonté d'émancipation, en URSS, à Cuba, en Espagne, dans toute l'Europe au moment du Printemps des Peuples" explique Pascal Signolet. À l'étranger, l'hymne français est très identifié.


Que signifie un hymne aujourd'hui ?

C'est la question que pose Pascal Signolet à travers son film. Comment se fait-il qu'en France nous ne nous intéressions pas vraiment à cette chanson ? Pourquoi son appropriation est-elle si difficile ? Que signifie un hymne national dans une ère mondialisée ?

Le réalisateur confie que les jeunes générations ne la connaisse pas. "Cette chanson nous sert à nous rappeler que l'on vient d'un pays libre, ce que l'on a trop tendance à oublier" explique t-il.  Chacun devrait pouvoir y trouver du sens. 


La Marseillaise, je l'aime moi non plus
un film de Pascal Signolet

Coécrit par Anaïs Prosaïc et Eric Dietlin
Une co-production France Télévisions / Bleu Iroise


© Bleu Iroise : La Marseillaise, je l'aime moi non plus
© Bleu Iroise : La Marseillaise, je l'aime moi non plus