PORTRAIT. Un an à voyager de Besançon vers l'Asie, Adrien Keusch, 31 ans, itinéraire d'un mordu de vélo et de voyages

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Adrien Keusch est parti sur la route de l'Asie depuis le 29 août 2021. Cet habitant de Besançon prend un an pour parcourir ce continent à vélo. Portrait d'un trentenaire passionné de vélo mais aussi de voyages.

Vous connaissez peut-être Adrien Keusch comme kinésithérapeute à Besançon (Doubs). Depuis le 29 août dernier, ce Bisontin de 31 ans a pris la route en vélo, destination l’Asie. Durant son trajet, il livre son récit sur sa page mais aussi sur les réseaux sociaux. L’actualité récente a changé ses plans, mais le voyageur ne perd pas son but : « partir un an en vélo pour faire le point sur sa vie et découvrir d’autres contrées qui lui font du bien ».

Des préparatifs pointilleux 

Pour Adrien Keusch, ce 28 mars aura sans doute un goût particulier. À la date de son anniversaire, il sera sans doute encore quelque part en Europe, sur son vélo. Ce passionné de la petite reine et de voyages est parti de Besançon, depuis cinq mois. Il y habitait depuis 2017, après deux ans et demi passés pour le travail sur l’île de la Réunion. Un projet mûri après les premières vagues du Covid : « Ce voyage en vélo, c’était une idée qui a germé dans ma tête en 2019, deux ans avant mon départ. Elle a ressurgi après les deux premiers confinements ».

Il ne perd pas son projet de vue, soutenu notamment par ses parents. « Ils nous ont toujours dit à moi et à ma sœur que "travailler c’est bien, mais il faut aussi forger ses hobbies" », se souvient l'homme. Message reçu par Adrien : ses passions, ce sont « la nature, les voyages, le sport, les rencontres ». Pour les voyages, il ajoute que « ce sont les récits et les photos de son grand-père, ancien agriculteur qui a pris le temps de faire 7 grands voyages durant sa retraite » qui l'ont influencé. 

Le choix est fait : il partira en vélo pendant un an sur la "Route de la Soie". Histoire de « faire le point sur sa vie et découvrir doucement et lentement d’autres endroits au gré de ses envies ». La préparation de ce voyage exige qu'il se plie tout de même à quelques incontournables. Un paradoxe pour celui qui clame qu’il « ne veut pas qu’on l’oblige à faire quoi que ce soit et qui aime être là où il doit être ».

« Deux ans de préparation pour ce voyage, dont huit mois pour choisir par exemple le vélo. Il me fallait un vélo qui puisse tenir tout mon trajet et j'ai eu de la chance car j’ai pu avoir un vélo robuste acheté localement. Il a fallu aussi préparer les vêtements : du chaud comme du froid, pour parer à tout. Sans compter le côté administratif donc les procédures pour quitter son travail, aviser les impôts du départ, prendre des assurances. Mettre de l’argent de côté aussi en vue du voyage », énumère-t-il.

Une grande place pour l'imprévu

En août 2021, il part de la Franche-Comté. Adrien suit l’itinéraire de l’EuroVelo 6, une des routes spécialement créées pour les cyclistes à travers l’Europe. Il a traversé jusqu’ici 14 pays : « la Suisse, l’Allemagne, l’Autriche, l’Italie, la Slovénie, la Bosnie, la Croatie, le Monténégro, l’Albanie, la Macédoine du nord, la Grèce puis la Turquie. J’y suis arrivé le 26 octobre dernier et j’y ai passé trois mois », rappelle-t-il.

À ce stade de son périple, c’est dans ce pays que se trouve son meilleur souvenir. « La population du Kurdistan Turc est très accueillante. Côté paysages, la région est très montagneuse. C'est exactement ce que je voulais voir. Je voulais retourner aux choses simples : pouvoir admirer des paysages remarquables. J’étais capable de rester des heures devant ces montagnes. Elles nous font réaliser qu’on est “petit” et leur vue permet de vous remettre à votre place », se justifie Adrien.

De quoi relativiser ses deux refus d'entrée en Iran, pourtant au programme. En décembre 2021 et en janvier 2022, le pays lui refuse l'entrée en raison des mesures sanitaires en place. Il reste toutefois philosophe et prend ces imprévus comme une chance : « c'est parfois le moyen de trouver les plus belles choses ». Une qualité qui lui sert encore par la suite. 

Il progresse et se dirige en Géorgie, le 18 janvier. Il y passe un mois mais son trajet doit toutefois changer. Un conflit s’engage entre l'Ukraine et la Russie. Il traverse brièvement l'Ukraine, avant de se trouver à présent en Moldavie, dans la capitale Chisinau. Un contretemps avec lequel il doit composer : « j’ai une idée des pays et des régions où je veux aller, mais pas d’itinéraire précis ». Ses seuls impératifs : respecter « ses envies, ses idées de rencontres », mais aussi prendre en compte « la météo et son état de fatigue ».

Pour la suite de son voyage, Adrien espère pouvoir passer par la Roumanie, la Hongrie, la Slovaquie mais aussi par l'Autriche et la Pologne.