Front National : après le “Couscousgate”, le lapin de la discorde

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Ex-cheffe de file du Front National en Bourgogne-Franche-Comté, l'eurodéputée et conseillère régionale Sophie Montel, a interpellé le ministre de l'Education nationale en personne au sujet d'une affaire... de maltraitance de lapins à Rans dont le maire est Stéphane Montrelay, toujours membre du FN.

Par Sarah Rebouh

Le 13 septembre, le FN était secoué par une "affaire de couscous" baptisée "Couscousgate". En effet, Kelly Betesh, ancienne tête de fil des jeunes FN publiait la photo d'une tablée où l'on retrouvait Florian Philippot, des proches et la conseillère régionale de Bourgogne Franche-Comté Sophie Montel. « Au meilleur couscous de Strasbourg ! » pouvait-on lire sur Twitter. Il n'en fallait pas plus pour que Florian Philippot, alors numéro deux du FN, subisse les foudres de la frange droite du Front National notamment sur les réseaux sociaux. Certains militants l'accusent alors de préférer le couscous à la "gastronomie française" et s'écharpent en public. 

Le 20 septembre, Florian Philippot décide de démissionner suivi de près par Sophie Montel qui reproche au Front National une "volonté de rediriger la ligne du parti vers une ligne identitaire, une ligne droite dure, une ligne incarnée très clairement par Bruno Mégret." 

Les "pro Philippot" se concentrent alors sur leur nouveau parti intitulé "Les patriotes" alors que le Front National se débat avec des soucis bancaires

Le coup du lapin

Ce jeudi, Sophie Montel a relancé les hostilités contre son ancien parti. En effet, dans une lettre avec accusé de réception envoyée au ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer, elle dénonce des actes de maltraitance envers un animal, durant un camp d'été "scouts" sur la commune de Rans, dans le Jura. Le maire de cette commune n'est autre que... Stéphane Montrelay, fervent défenseur de Marine Le Pen, toujours membre du groupe FN du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, remanié après l'éviction de Sophie Montel. À noter que Sophie Montel est également présidente du collectif de protection animale Belaud Argos

La députée européenne explique dans sa lettre que des pratiques barbares lui ont été rapportées "par des parents d'enfants traumatisés par [un] événement" qui s'est déroulé cet été sur la commune de Rans. Selon elle, "l'association Eclaireurs neutres de France" qui organisait un camp scout du 9 au 29 juillet 2017, a organisé un lâcher de lapins dans le but d'apprendre aux enfants à "tuer un lapin pour s'en nourrir". 


"C'est une attaque politique"

"Le maire est pourtant tenu de maintenir l'ordre public sur sa commune" écrit Sophie Montel dans son courrier. Cette dernière nous a précisé : "Un parent de deux enfants très choqués, monsieur Tacail, m'a raconté cette histoire. Pas de bol pour monsieur Montrelay, c'est sur sa commune." Jean-Charles Tacail, père des deux jeunes scouts choqués, est un proche de Sophie Montel et le trésorier de l'association Belaud Argos. 

Stéphane Montrelay, élu FN et maire du Rans, nous a précisé qu'il n'a jamais eu de plaintes des parents concernant les camps de scouts sur sa commune. "Je suis grandement surpris, si les faits sont réels je les déplore. Mais je pense surtout que madame Montel devrait éviter de régler ses comptes avec ce genre d'affaires, notamment depuis son éviction du FN. Le parent en question est l'un de ses proches. C'est clairement une attaque politique. Il n'y a rien d'autre là dedans. Je trouve ça totalement ridicule. J'espère que Madame Montel pourra étayer ses propos, sinon elle risque une plainte pour diffamation" a précisé le maire de la commune de Rans. 

"Nous découvrons les faits aujourd'hui"

Joint par notre rédaction, le président de l'association Eclaireurs neutres de France (ENF), association mise en cause par Sophie Montel, tombe des nues. "L'association découvre les faits aujourd'hui. Ce type de pratiques est proscrit dans nos statuts et totalement archaïque. Nos chefs de camps sont diplômés et nous jouons le jeu de la confiance. Nos camps sont susceptibles d'être visités en interne, soit par l'équipe de formation soit par les services départementaux. En l'occurrence ce camp n'a pas été visité, on ne peut pas tous les visiter. Le chef n'était pas quelqu'un de nouvellement diplômé. La chose qui m'interpelle c'est qu'on a eu aucune information du chef de groupe, ni d'aucun parent. Ce qui me désole c'est que l'association est livrée en pâture sur les réseaux sociaux. Une enquête va être menée et le chef de groupe sera entendu. Nous allons prendre contact avec l'ensemble des parents du groupe. J'ose espérer que la personne reconnaisse ses torts s'il y en a. Dans ce cas, la première décision sera l'exclusion."

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