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Des gilets jaunes blessés par des tirs de LBD se regroupent au sein d'un collectif

Image d'archives / © Lucas Barioulet - AFP
Image d'archives / © Lucas Barioulet - AFP

19 personnes blessées  par des tirs des forces de l'ordre se réunissent au sein d'un collectif "Les mutilés pour l'exemple" crée ce dimanche 28 avril 2019 à Genevilliers en région parisienne. Le Jurassien Alain Hoffmann a rejoint le collectif. 

Par S.C avec AFP

Un collectif des mutilés. Parmi eux Robin Pagès, handicapé depuis sa grave blessure au pied en 2017 à Bure (Meuse), où est prévu un site d'enfouissement de déchets nucléaires.  

Des éborgnés ont rejoint aussi le groupe.  "Vous avez 19 personnes devant vous et vous n'avez que 26 yeux qui vous regardent. Faites le compte, il y a un petit problème", a asséné Jérôme Rodrigues, "gilet jaune" éborgné lors d'une manifestation fin janvier à Paris.

Le collectif regroupe des victimes de tirs de lanceurs de balles de défense et de tirs de grenades par les forces de l'ordre. Il appelle à une grande manifestation nationale à Paris le 26 mai.

Le collectif va s'agrandir. Le Jurassien Alain Hoffmann, blessé par un tir de LBD début décembre à Paris a rejoint ce mardi 30 avril le groupe avec déjà 46 autres personnes.  Alain Hoffmann, 53 ans a bien failli perdre la vie le 1er décembre 2018 à Paris sous l'Arc de Triomphe.  "Depuis ma blessure à la gorge, j'ai du mal à dormir, il n'y a pas une nuit où je ne rêve pas du brouillard des gaz lacrymogènes. Je suis suivi par un psychiatre et une psychologue" nous confiait cet habitant de Morbier dans le Haut-Jura. Il a déposé une requête auprès de l'IGPN, l'inspection générale de la police nationale. Le Jurassien a été entendu par les enquêteurs. 

"Depuis mon accident, je milite pour l'arrêt de ces armes dites non létales, j'apporte mon témoignage dès que possible pour avertir les gens. Je le dis à tout le monde, j'ai eu de la chance ce jour là, déjà du fait que la carotide ne se soit pas ouverte, et que le tir ne m'a pas défiguré comme beaucoup de mes camarades. Je suis là près d'eux plus comme un soutien, bien que mon cas soit pris en compte pour suivre une thérapie pour symptômes post traumatique par des psychologue à Dole. Mes actions seront au sein de ce mouvement pour un arrêt totale de ces armes (LBD 40 , grenade GLI-F4 ...) et un soutien des mutilés et blessés" nous confie-t-il ce matin le Jurassien.
 


D'après le collectif, depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", 22 personnes ont perdu un oeil et cinq ont été amputées d'une main, "sans compter les autres mutilations" (perte d'odorat, testicule amputé).
 
"On réclame la vérité, la justice et l'interdiction des armes dites sublétales", a souligné Robin Pagès. Selon lui, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner "ment" quand il parle de "seulement dix personnes touchées à la tête par des tirs de LBD". 

Plusieurs associations militent pour l'interdiction de cette arme lors des manifestations. Le neurochirurgien Laurent Thines, médecin au CHU de Besançon a lancé une pétition pour demander l'interdiction des armes sub-létales en France.
 


Selon le ministère de l'intérieur, 13.095 tirs de LBD ont eu lieu depuis le début du mouvement des gilets jaunes en novembre 2018. 83 enquêtes ont été ouvertes pour des tirs potentiellement problématiques. 
 

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