Le sort de la carrière de Ternuay, en Haute-Saône entre les mains de la Justice

Présentation du projet des carrières de Ternuay / © France 3 Franche Comté
Présentation du projet des carrières de Ternuay / © France 3 Franche Comté

C’est un projet qui date de 12 ans, celui de l’implantation d’une carrière d’extraction de porphyre à Ternuay en Haute-Saône. Un projet retoqué, puis autorisé dont les travaux de mise en place ont commencé, en octobre 2017. Une décision qui hérisse le poil de ses opposants.

Par AT

Stoppé une première fois en 2007 par la préfecture de la Haute-Saône, suite à l’opposition des riverains, le projet d’implantation de la carrière de Ternuay, a finalement été validé en juillet 2016 par cette même-préfecture. À l’époque, cette dernière remettait en cause : « Les garanties financières insuffisantes. » Des garanties qui auraient donc été fournies l’an dernier, puisque les travaux de défrichement ont démarré en octobre 2017.

Des travaux qui ne sont pas au goût de l’Association de sauvegarde des 1.000 étangs qui se bat depuis 2005 contre ce projet qu’elle trouve inutile : "A 17 kilomètres, exactement, vous avez la même carrière de 250.000 tonnes pour exactement les mêmes usages."

Des nuissances sonores et visuelles?


Depuis deux ans, les riverains du bois de Fagramme manifestent régulièrement contre le projet. Ce qu’ils craignent avant tout, ce sont les nuisances, qu’elles soient sonores ou visuelles.

D’abord, c’est le passage des poids lourds qui inquiète. Selon, les prévisions, ils devraient être 28 à partir de la carrière et à la rallier chaque jour. Ensuite, ce sont les nuisances sonores inévitables dans les carrières qui sont craintes. Enfin la pollution provoquée par le trafic, mais aussi par les eaux de ruissellement. Pour les détracteurs du projet, l’étude environnementale menée serait : « Incohérente », surtout, qu’il se situe dans une zone Natura 2.000.

Création d'emplois et de revenus pour la commune?


Face à ces accusations, les créateurs du projet répondent que « l’arrêté du préfet est très soigneux et soucieux de l’environnement » et avance des arguments économiques, puisque cette carrière permettrait selon eux la création de sept emplois directs et l’obtention de 80.000 euros de revenus pour la commune.

Trois recours déposés contre le projet


Les opposants ont déposé trois recours. Un premier contre l’arrêté préfectoral de juillet dernier, qui autorise la reprise des travaux. Un second concernant: "Les incohérences de l’étude environnementale menée." Le troisième recours a lui été déposé par une maraîchère craignant des impacts négatifs sur son exploitation proche du site.

Ce sera donc à la justice de trancher. L’association ne perd pas espoir, puisqu’à Montbéliard, le tribunal administratif a cassé la décision préfectorale concernant, la carrière de Semondans.

Le sort de la carrière de Ternuay, en Haute-Saône entre les mains de la Justice
Intervenants : Eric Carradani, président de la fédération de l'environnement de Haute-Saône ; Jean-Nicolas Clément, avocat de la Société des carrières de Ternuay - Stéphanie Bourgeot, Marie-Pierre Goisseaud, Claire Portalès

 

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