Nicolas Hénin ex-otage de Syrie était à Vesoul pour échanger sur la radicalisation

Nicolas Hénin / © ALAIN JOCARD / AFP
Nicolas Hénin / © ALAIN JOCARD / AFP

Un moment d’échange s’est déroulé ce jeudi 14 novembre à Vesoul entre le journaliste et ex-otage en Syrie, Nicolas Hénin, le procureur de la République et des éducateurs sur la question de la radicalisation. Un sujet qui reste sensible.

Par Vanessa Hirson

La radicalisation. Un mot qui effraie. Un mot sensible dans le département de la Haute-Saône. C’est pourquoi l’association Accompagnement migration de Haute-Saône a pris l’initiative de cette rencontre entre les éducateurs, le procureur de la République Emmanuel Dupic et Nicolas Hénin, journaliste ex-otage en Syrie.

« Ce n’est pas parce que les portes d’entrées vers la Syrie ou les autres points de guerre sont fermés que la radicalisation a cessé sur le territoire et malheureusement le travail de radicaliser s’effectue encore au niveau national et dans notre département » prévient Jean-Louis Morel vice-président de l'association.

Reportage de Frédéric Buridant et Antoine Laroche
Nicolas Hénin
Nicolas Hénin, journaliste spécialiste du Moyen-Orient, a couvert la guerre d’Irak et la guerre civile syrienne. Il est intervenu sur la question de la radicalisation à Vesoul.


Nicolas Hénin, connaît (malheureusement) bien le sujet. Ce journaliste spécialiste du Moyen-Orient a couvert la guerre d’Irak et la guerre civile syrienne. Le 22 juin 2013 il est enlevé par l’Etat islamique et retenu otage avec trois autres Français. Il est libéré le 18 avril 2014. De retour en France, il co-fonde Action Résilience, une organisation d'étude du terrorisme et de prévention de la radicalisation, et milite contre l'incitation à la haine. Ce jeudi, il venait pour la deuxième fois à Vesoul pour apporter son éclairage sur la radicalisation


« Je trouve ce territoire intéressant parce qu’il a envoyé pas mal de ces enfants en Syrie et il est assez représentatif du fait que la radicalisation peut concerner n’importe qui. On a souvent tendance à plaquer des clichés sur la radicalisation, à penser que ça va surtout être telle catégorie de personne, des jeunes des quartiers, issus de l’immigration. Là, les quartiers de Vesoul n’ont envoyé personne en Syrie, ce sont des personnes hors spectre qui ont tendance à être négligées par les opérations de prévention de la radicalisation classique qui ont été concernées par cette vague de radicalisation »

Ce n'est pas par hasard que Nicolas Hénin s'est déplacé en Haute-Saône. Ils sont ainsi une petite dizaine de Français à avoir quitté la ville de Vesoul fin 2014 pour combattre en Syrie. Ils s'appellaient Romain, Sébastien, Benjamain... et Pierre Choulet. Ce jeune homme qui se faisait appelé "Abou Talha Al Faransi" est mort en kamikaze dans un attentat suicide en Irak. Il avait 19 ans.
 

D'autres rencontres avec des intervenants différents et plusieurs conférences sont prévues d'ici janvier. Il sera sans doute question du retour en France des enfants de djihadistes.




 

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