Les immigrés en Bourgogne-Franche-Comté sont plus diplômés qu’avant et toujours en difficulté pour l’emploi

Les immigrés présents sur la Région Bourgogne-Franche-Comté sont plus diplômés qu'avant / © Pixabay
Les immigrés présents sur la Région Bourgogne-Franche-Comté sont plus diplômés qu'avant / © Pixabay

L'INSEE a publié les chiffres issus de la campagne de recensement 2016 concernant les immigrés présents dans notre région. Les 136 500 immigrés présents en âge de travailler, comparés aux non-immigrés, exercent plus fréquemment un métier ouvrier ou pour lequel ils sont surqualifiés.

Par F.L.

L'INSEE s'est penché sur la qualification des immigrés
La population de Bourgogne-Franche-Comté compte 191 000 immigrés dont 136 500 en âge de travailler en 2016.
Même si les immigrés restent en moyenne moins diplômés que les non-immigrés, leur niveau de qualification augmente. Toutefois, avec un haut niveau de diplôme, ils ont des conditions d’emploi très variables selon leur pays de naissance.
Alors que les natifs d’Afrique subsaharienne et d’Europe de l’Est sont fortement touchés par le chômage et les contrats précaires, les immigrés originaires d’Europe occidentale et d’Asie de l’Est ont des caractéristiques d’emploi proches de celles des non-immigrés.
Les immigrés originaires de l'Europe occidentale et de l'Asie de l'Est ont des caractéristiques d’emploi proches de celles des non-immigrés. / © Pixabay
Les immigrés originaires de l'Europe occidentale et de l'Asie de l'Est ont des caractéristiques d’emploi proches de celles des non-immigrés. / © Pixabay

Que représente la population d'immigrés dans la Région BFC ?
Ainsi, en 2016, la Bourgogne-Franche-Comté comptait 191 000 immigrés (personnes nées étrangères à l’étranger), soit 6,8 % de sa population, contre 7,2 % en France de province.
Parmi eux, 78 500 ont acquis la nationalité française.
Comme dans les autres régions de province, les immigrés se répartissent à parts égales entre hommes et femmes, et viennent principalement d’Union Européenne (34 %) et du Maghreb (30 %).
La région se distingue par une part relativement plus marquée d’immigrés nés au Portugal, en Serbie, Turquie et Suisse.
Les immigrés sont en moyenne moins bien insérés dans l’emploi que les non-immigrés. Pour certains, notamment ceux qui sont en France depuis peu de temps, cela peut en partie s’expliquer par une moindre connaissance de la langue et des institutions. Néanmoins, plus de la moitié des immigrés en âge de travailler vivent en France depuis au moins 20 ans, et à niveau de diplôme et nombre d’années passées en France équivalents, de fortes disparités subsistent en fonction de leur pays de naissance.

En Bourgogne-Franche-Comté, 136 500 immigrés ont entre 15 et 64 ans. L'INSEE a constaté une moindre présence des femmes immigrées sur le marché du travail.

Davantage de chômage chez les immigrés, y compris lorsqu’ils sont diplômés du supérieur
Lorsqu’ils sont présents sur le marché du travail, les immigrés se déclarent plus souvent au chômage.
Dans la région, c’est le cas d’un quart d’entre eux, une situation deux fois plus fréquente que chez les non-immigrés.
Le plus faible niveau de qualification des actifs immigrés les désavantage : 30 % d’entre eux n’ont aucun diplôme ou au mieux l’équivalent du Brevet, contre seulement 21 % des non-immigrés.
Néanmoins, même diplômés de l’enseignement supérieur, les immigrés se déclarent plus souvent au chômage que les non-immigrés : 19 % contre 7 %.

À niveau de diplôme équivalent, la part de chômeurs diffère fortement selon le lieu de naissance :
 - supérieure à 30 % chez les immigrés nés en Europe de l’Est et en Afrique subsaharienne (alors même que ces derniers sont en moyenne très diplômés)
 - inférieure à 20%  chez les immigrés originaires d’Europe occidentale, d’Asie de l’Est et du Sud-Est et d’Amérique du Nord (qui présentent des niveaux de qualification très divers). Elle est même inférieure à celle des non-immigrés pour les natifs d’Allemagne ou des Pays-Bas, souvent diplômés du supérieur, ainsi que pour les natifs du Portugal, dont près de la moitié n’a pourtant aucun diplôme.
 
Le poste de douane franco-suisse à Jougne en venant de Vallorbe (illlustration) / © Wikipedia
Le poste de douane franco-suisse à Jougne en venant de Vallorbe (illlustration) / © Wikipedia

De plus en plus qualifiés, mais souvent déclassés
En 2016, les immigrés en emploi sont en moyenne moins diplômés : 28 % sont titulaires d’un diplôme supérieur contre 34 % des non- immigrés.
Néanmoins, les natifs de pays dont l’immigration a commencé plus récemment, à partir des années 2000, sont en moyenne plus diplômés.
L’arrivée de ces populations, originaires notamment d’Europe de l’Est et d’Afrique subsaharienne, a contribué à l’élévation du niveau de qualification moyen des immigrés de la région. En conséquence, ils exercent plus souvent des professions très qualifiées qu’il y a 10 ans.
Ainsi, en Bourgogne-Franche-Comté, 21 % des natifs de Roumanie en emploi sont médecins.

Malgré cela, les immigrés sont plus souvent surqualifiés pour le métier qu’ils exercent, que les non-immigrés.
43 % des immigrés diplômés du supérieur sont concernés, contre 29 % des non-immigrés (non-reconnaissance de certains diplômes étrangers)

Les immigrés souvent en contrats précaires
Les immigrés travaillent plus souvent à temps partiel que les non-immigrés et sont moins souvent en CDI.
Ils travaillent dans le domaine de la construction et en qualité d’indépendants, notamment les natifs du Portugal et de Turquie.
Par ailleurs, lorsqu’ils sont employés dans le secteur tertiaire, ils accèdent moins au statut de fonctionnaire soumis à condition de nationalité. À l’inverse, ils exercent plus souvent des métiers où le recours aux contrats précaires est plus répandu : agents d’entretien, vendeurs, employés de la restauration.

Les contrats précaires concernent bien plus souvent les nouveaux immigrés :
41 % des immigrés arrivés depuis moins de 5 ans ne sont ni en CDI, ni fonctionnaires, ni indépendants.
Les Suisses font exception, car ils s’installent souvent le long de la frontière pour continuer à travailler dans leur pays d’origine. À l’inverse, seulement 13 % des immigrés en France depuis au moins 20 ans sont en contrat précaire, un taux semblable à celui des non-immigrés. Toutefois, même lorsqu’ils vivent en France depuis longtemps, les immigrés nés en Europe de l’Est et en Afrique subsaharienne sont encore plus de 20 % à être en contrat précaire.


 

Quelques définitions...

Immigré : personne née étrangère à l’étranger et résidant en France, qu’elle ait acquis ou non la nationalité française. La qualité d’immigré est permanente. Cette définition se distingue de celle d’étranger : personne n’ayant pas la nationalité française, mais qui peut être née en France. En 2016, la Bourgogne-Franche-Comté compte 191 000 immigrés, parmi lesquels 78 500 ont acquis la nationalité française, et 128 000 étrangers, parmi lesquels 16 300 ne sont pas immigrés.

Le chômage déclaré au Recensement représente l’ensemble des personnes de 15 à 64 ans qui se déclarent chômeuses au Recensement de la population. Il diffère du chômage au sens du BIT. La part de chômeurs calculée dans cette étude est le rapport entre le nombre de personnes de 15 à 64 ans se déclarant au chômage et le nombre d’actifs (actifs se déclarant en emploi et actifs se déclarant chômeurs) de 15 à 64 ans.
(La définition du taux de chômage selon le Bureau international du travail (BIT) : les chômeurs sont les personnes sans travail, en recherche d'emploi et disponibles à court terme.)

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