La jeunesse franc-comtoise de Mélenchon

Le candidat du Front de Gauche a grandi à Lons-le-Saunier, étudié à Besançon, avant de s'engager au PS dans le Jura

Par Florent BOUTET

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La jeunesse franc-comtoise de Mélenchon

Avec Jean-Pierre Chevenement, c'est un peu l'autre franc-comtois qui est candidat à la presidentielle. Le leader du Front de Gauche, Jean-Luc Melenchon a grandi dans le Jura et étudiié à Besançon. Portrait avant son meeting à Besançon ce mardi soir.

C’est le trublion de cette élection ! Jean-Luc Mélenchon, leader de la gauche de la gauche, mène les troupes du Parti de Gauche et du Parti Communiste Français dans la bataille présidentielle. Celui qui est actuellement crédité de 8% des intentions de vote a fait son apprentissage de la politique en Franche-Comté.

Si Jean-Luc Mélenchon a vu le jour en 1951 au Maroc, c’est dans le Jura qu’il grandira, plus précisément à Lons-le-Saunier, où sa mère fut mutée en tant qu’institutrice. Elève brillant en français, en histoire et en philosophie, il est en classe de terminale au lycée Rouget de Lisle lorsque Mai 68 éclate. Immédiatement, il devient un des leaders du mouvement à Lons-le-Saunier. Cet événement posera les bases de l’engagement militant du jeune homme.

L’année suivante, en 1969, Jean-Luc Mélenchon arrive à Besançon. Il étudie à la faculté de Lettres où il prépare une licence de philosophie. C’est à partir de cet instant qu’il s’engage derrière l’idéologie trotskiste en rejoignant les rangs de l’OCI, l’Organisation Communiste Internationale. Il en deviendra le dirigeant local à partir de 1972.

A la faculté, il anime le courant minoritaire du syndicat étudiant UNEF. Il affirme progressivement ses talents de tribun, en prenant régulièrement la parole lors des assemblées générales dans le grand amphithéâtre Donzelot. On le voit aussi en tête des manifestations, notamment lors de la grève des ouvriers Lip. Il finira par remporter les élections du Crous en 1975.

Jean-Luc Mélenchon rentre dans le Jura en 1976. Il est alors brouillé avec les instances trotskistes. Il devient professeur de français dans un lycée à Lons-le-Saunier. Il est aussi journaliste dans la presse écrite locale (« La Dépêche du Jura », et « La Croix Jurassienne ») où il exerce aussi ses talents de caricaturiste. C’est à cette occasion qu’il rencontre les responsables locaux du Parti Socialiste.

Comme beaucoup de trotskistes, c’est donc à cette époque que le futur candidat à la présidentielle de 2012 adhère au PS. Sans surprise, il se range derrière les mitterrandiens, alors adeptes de la rupture avec l’ordre établi, contre le courant mené par Michel Rocard. C’est à lui que l’on confie le journal de la fédération du Jura qui plaide pages après pages pour l’union avec le Parti Communiste.

Jean-Luc Mélenchon ne restera pas longtemps dans le département qui l’a vu grandir. Dès 1978, les hauts-responsables socialistes font appel à ses services en Ile-de-France. On lui demande de s’investir à Massy. Il deviendra conseiller général de l’Essonne en 1983, puis sénateur en 1986. Son parcours le mènera jusqu’au gouvernement de Lionel Jospin, où il sera Ministre délégué à l’enseignement professionnel (1997-2002).

Il s’écarte ensuite de la ligne majoritaire du parti, avant de le quitter définitivement en 2008 pour fonder le Parti de Gauche. Depuis il a réussi à fédérer ses troupes avec celles du PCF sous la bannière du Front de Gauche. Il sera en meeting au palais des sports de Besançon le 24 janvier après avoir fait campagne toute la journée auprès des ouvriers du nord-Franche-Comté.

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