Les Chinois investissent dans le bourgogne

Un fonds d'investissement chinois se spécialise dans le vin français.

Par B.L. avec l'AFP

Dinghong, premier fonds d'investissement chinois spécialisé dans le vin, propose un placement conjuguant rentabilité et goût pour le bordeaux ou le bourgogne.

Dinghong veut profiter de l'engouement des millionnaires de la deuxième économie mondiale pour les grands crus français. "Une fois qu'on a goûté au vin français, on ne peut plus revenir en arrière", déclare sa fondatrice Ling Zhijun, "qui boit du rouge depuis plus de dix ans" et trouve les vins du Nouveau Monde, chiliens, néo-zélandais ou sud-africains "plus standardisés, un peu comme le café de chez Starbucks".

Dès que sa société, créée en septembre dernier, aura reçu le feu vert des autorités pour collecter de l'argent, Mme Ling achètera avant tout des bouteilles de grands châteaux bordelais, mais pas forcément les plus chers comme les Lafite dont les prix se sont envolés en Chine. Et aussi quelques vins de bourgogne, encore beaucoup moins connus des Chinois.

Pour investir dans Dinghong, il faudra avoir à sa disposition un million de yuans (117.000 euros) et bloquer l'argent pendant cinq ans au minimum, après quoi le fonds s'engage à revendre les bouteilles pour le compte des clients qui voudraient récupérer leur capital.

"Nous misons sur un retour sur investissement de 15% par an", explique la femme d'affaires qui travaillait précédemment comme gestionnaire de portefeuille chez
Pacific Asset Management à Shanghai (est).

Réserver le fonds à une clientèle très fortunée permet selon elle d'écarter les spéculateurs tentés par des placements encore plus juteux à court terme. Ling Zhijun "pense pouvoir réunir 200 millions de yuans (23,4 millions d'euros) d'ici la fin de l'année, puis la même somme chaque année durant cinq ans", pour amener le fonds à une valeur totale de 1 milliard de yuans (117 millions d'euros).

Dinghong projette d'acheter 40% de ses vins lors des ventes en primeur organisées par les négociants bordelais, et les 60% restants en bordeaux ou en bourgogne tout juste mis en bouteille, dont la période de maturation est de 10-15 ans.

La croissance des ventes de vin français en Chine atteint 50% à 60% par an. En 2004, elles s'élevaient à 11 millions d'euros, et en 2010, à 277 millions. "Sur les six ou sept premiers mois de 2011, on dépasse déjà les 200 millions d'euros", selon Hélène Hovasse, chef du pôle agriculture d'Ubifrance à Shanghai.  "Pour le consommateur chinois, on peut dire que le vin c'est la France", résume-t-elle.


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