Non à la libéralisation des droits de plantation

Un appel a été lancé vendredi 16 mars 2012 au conseil régional de Bourgogne

Par B.L.

La France s'oppose à un programme européen qui doit entrer en vigueur en 2016. La Bourgogne est aux avant-postes du combat.

La décision de supprimer le système de contrôle des droits de plantation de vignes a été prise par l'Union Européenne en 2008. L'objectif visé est de libéraliser le marché en permettant aux viticulteurs de planter ce qu'ils désirent.

Mais, ce projet n'est pas du goût des viticulteurs bourguignons. Ceux-ci craignent notamment un risque de surproduction, qui entraînerait une baisse des prix. Une mobilisation générale s'est mise en route. Plus de 1500 collectivités françaises (mairies, conseils généraux, conseils régionaux) ont pris une délibération demandant à la commission européenne de renoncer définitivement à son projet de libéralisation totale de la culture de la vigne.

Ce vendredi, environ 80 élus des régions viticoles françaises et professionnels de la filière vin se sont retrouvé pour signer "l'Appel de Dijon". Cet appel a été lancé à l'initiative de la région Bourgogne, de l'association des régions de France, de l'association des régions européennes viticoles notamment. Des élus d'Aquitaine, d'Auvergne, de Champagne-Ardenne, de Languedoc-Roussillon et des Pays-de-la-Loire, ainsi que des représentants des interprofessions de vins, ont signé ce texte qui demande "l'abandon pur et simple" de ce projet.

Une réunion interparlementaire sur les droits de plantation se tiendra au Parlement européen lundi 19 mars prochain.

 

Outre la France, 14 pays dont, l'Italie, le Portugal et l'Espagne, réclament l'annulation de la réforme. La Fédération européenne des vins d'origine (EFOW), qui défend les intérêts de producteurs de vins avec appellation d'origine, y est également opposée.

Si rien ne change, chaque Etat aura la possibilité de préserver le régime actuel jusqu'en 2018, s'il estime que sa disparition précipitée ferait courir un risque trop élevé à certains vignobles.


Réaction d'Henri de Raincourt

Le ministre chargé de la Coopération, conseiller régional de Bourgogne, affirme lui aussi son opposition à la libéralisation des droits de plantation de vigne qui doit entrer en vigueur sur l’ensemble du territoire européen le 1er janvier 2016.

"Cette décision aurait de graves conséquences qui ne manqueraient pas d’entraîner une dérégulation de ce marché. Pour la France, cela pourrait signifier une augmentation de plus de 30% de sa surface viticole cultivée, une baisse immédiate de la qualité de la production, des prix tirés vers le bas et une chute importante du revenu de nos producteurs", déclare le ministre chargé de la Coopération.

"Cette perspective n’est pas acceptable. Elle relève d’une logique, celle de la libéralisation totale des marchés agricoles, qui a amplement démontré sa faillite" dit Henri de Raincourt.

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