Un Bourguignon “emprisonné” au Qatar

Yves Pandeliau, cadre originaire de Saône-et-Loire, ne peut quitter le pays depuis neuf mois.

Par Anthony Jolly

De Paray-le-Monial, sa famille et ses amis tentent depuis neuf mois de trouver une solution pour le sortir de cette situation qui est liée à un litige locatif.

L’histoire fleure bon le scénario d’un mauvais film, mais à entendre la voix chevrotante d’Yves Pandeliau,  au téléphone depuis le Qatar, on comprend bien que tout ceci n’a rien d’un canular. Ce citoyen français, cadre dans différents groupes industriels à Doha, n’a pas le droit de quitter la péninsule arabique : il refuse en effet de payer la somme de 10 000 euros qui lui est réclamée.

Le 31 mars 2009, Yves Pandeliau quitte son deux pièces situé à Doha, appartenant à un Qatari. Quelques semaines plus tard, un intermédiaire iranien nommé Ibrahim lui réclame, au nom du propriétaire qatari, 10 000 euros correspondant à des factures d’eau et d’électricité, factures que conteste le Français.

C’est le début du cauchemar. Alors qu’il souhaite prendre l’avion avec sa femme et ses filles, venues d’Indonésie pour rentrer en France, Yves Pandeliau est arrêté par la police à l’aéroport de Doha le 24 juillet 2011. Il apprend qu’il a fait l’objet d’un "travel ban", une interdiction de quitter le territoire, dont on ignore la provenance.

"Je suis prisonnier au Qatar alors qu’aucune plainte n’a été déposée, explique t-il. On me parle de factures d’eau et d’électricité mais je ne les ai jamais reçues, je n’en ai jamais vu la moindre trace. Et là-bas, il est très compliqué de porter plainte. C’est incontestable que je fais l’objet d’une tentative d’extorsion de fonds."

Le quai d'Orsay se mobilise

Pendant que le Français prend son mal en patience, à des centaines de kilomètres de là, à Paray-le-Monial, on s’active pour tenter de trouver une issue à cet imbroglio. Nicole Pandeliau, sa sœur, et quelques amis ont tenté d’alerter les médias et l'Etat français. Un peu lentes à réagir, les autorités commencent à s’inquiéter du sort du ressortissant français.

Jean-Marc Nesme, député-maire de Paray-le-Monial, joint par téléphone mercredi 18 avril 2012 dans la soirée, était en route pour le quai d’Orsay. "On a bon espoir de trouver une solution rapidement" confie l’élu. Une mésaventure similaire était arrivée à Philippe Bogaert, homme d’affaires flamand, qui avait été retenu 328 jours au Qatar avant de s’échapper en 2009. Yves Pandeliau et Philippe Bogaert feront l’objet d’un reportage d’Envoyé Spécial, qui sera diffusé dans le courant du mois de mai sur France 2.

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