Jacob Delafon : l’offre du repreneur Kramer à nouveau sur la table de l’usine de Damparis dans le Jura

Une partie des 140 emplois pourrait être sauvée. L'usine de Damparis a été mise en vente par l'entreprise étatsunienne Kohler en septembre 2020.

Reprise ou plan social ? Les salariés de Jacob Delafon sont divisés.
Reprise ou plan social ? Les salariés de Jacob Delafon sont divisés. © Philippe TRIAS/MAXPPP

« Rouvrir le dossier » de Jacob Delafon, voilà ce que souhaiterait Manuel Rodriguez, PDG de Kramer. Son entreprise, une PME française de robinetterie, était la seule candidate à la reprise de l’usine de Damparis, spécialisée dans la céramique. Une décision surprise puisque deux semaines plus tôt, la boîte française avait décidé de retirer son offre.

« C’est un soulagement », s’exclame au téléphone Rodolphe Gomis, représentant du personnel CFE-CGC. Accompagnés de ces deux acolytes, la déléguée syndicale CGT et le représentant du CSE, Rodolphe Gomis a rejoint Maître Brun pour s’entretenir avec Manuel Rodriguez. « Nous n’avons pas convié la CFDT, qui s’était mise en marge de tout, depuis le début des négociations », précise le syndiqué CFE-CGC. Après le voyage en voiture et la rencontre avec le PDG de Kramer, le délégué syndical raconte : « Le non catégorique s’est transformé en une réflexion. Puis quelques jours plus tard, Manuel Rodriguez a officialisé sa reprise. »

Libre choix ?

Depuis six mois, la saga de Jacob Delafon connaît de nombreux rebondissements. L’usine jurassienne a été mise en vente par Kohler en septembre 2020. Pour cette usine de céramique, plus de 140 suppressions d’emplois étaient ainsi attendues, en l’absence de repreneur. Février marque alors la fin d’une longue incertitude : Kramer, entreprise de la Meuse, fait part de son souhait de racheter l’usine de Damparis.

Le plan de Kramer, permettant de sauver 91 postes sur 141, reçoit le soutien des élus, et du ministère de l’économie. Mais Kramer suscite les inquiétudes des salariés, certains ne se voyant pas continuer dans la céramique. Une partie des travailleurs cherchent alors à obtenir un « libre choix », celui de pouvoir partir ou rester – une pétition qui passe mal auprès de Manuel Rodriguez. Certains syndicats comme la CGT dénoncent ainsi « un coup de la direction ».

Une usine divisée

A la méfiance supposée des salariés, s’ajoute aussi « l’opacité » de la direction. Kramer accuse l’étatsunien Kohler de ne pas jouer le jeu. Une accusation que portent aussi des délégués syndicaux. La CGT reproche au propriétaire de ne pas vouloir vendre l’usine de céramique.

Les salariés étaient ainsi divisés en deux : celles et ceux qui soutenaient Kramer et son plan de reprise, et celles et ceux qui souhaitaient quitter le secteur de la céramique. Des tensions qui enveniment encore l’ambiance de travail au sein de l’usine, d’après Rodolphe Gomis. « Dix à quinze personnes insultent les autres, ou mettent des t-shirts "anti-Kramer". Je ne comprends pas cet entêtement », regrette-t-il. Dans quelques jours, un nouveau projet sera présenté par Kramer, permettant à celles et ceux qui le souhaitent, de quitter l’usine.

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